Universal Soldier, part one

Je hais Mad Movies. Entre leurs commentaires élogieux sur le dernier opus et mon goût immodéré pour les films indéfendables, je me suis farci l’intégrale Universal Soldier en quelques jours (sans les téléfilms, il me reste un peu de dignité tout de même). Le concept est aussi simple qu’efficace : des soldats tués au combat sont modifié génétiquement par le gouvernement afin d’en faire des super-soldats super-résistants et super-sans-état-d’âme. Et c’est évidement sur ce dernier point que ça va partir en sucette…

Le coup d’envoi fut donné en 1992 par Roland Emmerich, fournisseur officiel de nanars à gros capitaux que je préfère largement à son rival Michael Bay. Au moins, le réalisateur teuton ne passe pas sa filmographie à pomper James Cameron et à nous filer le mal de mer en faisant tourner sa caméra dans tous les sens. Et puis mine de rien, Emmerich a réussi à faire de son Independance Day le blockbuster ultime, puisqu’il contient absolument tous les clichés du film catastrophe. Promis, je reviendrai longuement sur ce chef d’oeuvre impérissable du mauvais goût assumé. Mais revenons à nos moutons bodybuildés. Universal Soldier premier du nom donc, avec en tête d’affiche notre high-kicker bruxellois préféré, j’ai nommé Jean-Claude Van Damme, dans le rôle de Luc Devereaux, un bouseux parti tuer du viet à l’époque où la chasse était encore ouverte. Et c’est qu’il n’est pas venu tout seul, le chenapan ! Lui volant largement la vedette, Dolph Lundgren incarne le sergent Scott, spécialiste du pétage de plomb et grand amateur de travaux manuels puisqu’il collectionne les colliers de nouilles en oreilles humaines. Côté fille, parce qu’il faut bien en caser une, Ally Walker campe une journaliste qu’on a envie de baffer à longueur de film. Si la blondinette fit le beaux jours d’M6 avec la série chiante Profiler – où elle arborait en permanence un air de chien battu du plus bel effet –, on la préférera largement dans le rôle d’un agent de l’ATF déjantée – saisons 1 à 3 de Sons of Anarchy. Pour ne rien gâcher, on a également droit au culturiste rigolo Ralph Möller, resté célèbre pour ne pas avoir été choisi dans le rôle du T-1000 et pour avoir salopé le personnage de Conan dans une série tout simplement imbitable (je n’ai pas pu finir le pilote, c’est dire). Notons aussi la présence de l’immense Jerry Orbach, le détective Lennie Briscoe de Law & Order.


Soldat Jean-Claude et sergent Dolph au rapport!

C’est amusant de constater comme les actionners bourrins des années 90 ont mal vieilli. La faute aux éléments de SF imposés par le succès planétaire de Terminator, sauf que sans talent et sans budget, le résultat est systématiquement moche et incongru – gardez cette phrase à l’esprit, elle servira plus bas. L’idée de départ est plutôt sympatique, dommage que le scénario nous impose les poncifs de l’époque – personnage féminin encombrant et proprement insupportable, narration rabâchée un bon millier de fois, etc. Mais, car il y a un mais, tout n’est pas à jeter. Les Uni-sols courant en rappel sur la paroi d’un barrage, la séquence d’introduction au Vietnam, Dolph Lundgren se révélant bien meilleur acteur que JCVD – qui semble s’ennuyer ferme dans les séquences de dialogues –, de la baston généreuse et… Oui mamie, puisque tu insistes… Et les fesses de Jean-Claude… Le film coûta 23 millions de $, et en rapporta 36. Pas de quoi rougir et pas de quoi sabrer le champomy non plus. Mais bon, business is business, et comme pour Highlander les producteurs ont décidé de sacrifier une idée originale et des personnage plutôt réussi sur l’autel des suites indignes…

En 1998, deux téléfilms pourris débarquent sans crier gare sur les étals des supermarchés, avec Matt Battaglia dans le rôle de Jean-Claude et Jeff Wincott dans celui de Dolph. Oublions vite ces faux-pas à la limite de la légalité pour se concentrer sur la vraie suite officielle de 1999, avec le JCVD d’origine et un budget pharao… euh… et avec un budget correct : Universal Soldier, le combat absolu. Et là, c’est le drame… Après un pré-générique honteusement pompé sur Vivre et laisser mourir, nous découvrons que Luc Devereaux travaille à présent comme… conseillé sur le projet Unisol ! Ben voyons, mon colon ! Il a eut le temps d’avoir une fille, mais Ally ayant judicieusement décidé de ne pas rempiler, la maman n’est plus là. Le personnage féminin, c’est donc sa partenaire interprétée par la sculpturale Kiana Tom qui prend la place laissée vacan… Ah, on me fait signe que non, elle disparaît pendant les trois-quarts du métrage au profit de… une nouvelle journaliste ?! What the fuck ?! Tu viens voir un film de baston, et tu te retrouves devant une énième histoire de famille à recomposer, avec le papa costaud mais gentil, la fifille innocente et blessée par les méchants, et la maman de remplacement qui passe en un coup de baguette magique de chieuse hystérique à petite amie idéale. Au secours !!!


L’avantage du flingue à la con, c’est qu’on s’attarde moins sur les lunettes ridicules…

Sinon, les scénaristes revisitent joyeusement les clichés du genre, avec le gros costaud rigolo-mais-dangereux-mais-rigolo – Bill Goldberg, qui cumule les handicaps : ancien catcheur,  ancien footballeur américain et pas le moindre talent d’acteur –, l’intelligence artificielle qui veut devenir humaine, le hacker-anarchiste qui vit dans une cave et regarde des clips de MTV en mangeant des céréales, etc. Vous vous souvenez de ma remarque sur le décorum SF ridiculo-has-been ? Mais visez-moi les flingues que nos chers Uni-sols sont contraint de se fader !!!!
A sauver, la – courte – apparition de Xander Berkeley que j’aime bien, et surtout la prestation de Michael Jai White, à la présence physique surréaliste et qui s’évertue à jouer correctement, lui. Sur ce coup là, Dolph a bien fait de passer son tour. Et… quelle surprise ! Ce fut un bide monumental : même pas 11 millions de $ de recettes pour un budget de… de combien ?! 45 millions de $ ?! Mais ils sont passé où, bordel ?! En toute logique, et comme ses soldats génétiquement modifiés après une mission, la franchise fut immédiatement cryogénisée. Jusqu’à sa régénération en 2009… mais c’est une autre histoire que je vous conterai demain si vous êtes sages ! Là, faut que j’aille bosser…

Be Seeing you !

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3 Responses to Universal Soldier, part one

  1. ton frère!!! says:

    ben le texte est pas mal, mais, car il y a toujours un mais… tu as fais une faute dans le deuxième paragraphe: « Promis, je reviendrai longuement ce chef d’oeuvre impérissable du mauvais goût cher à mon petit cœur de vidéophage déviant. »
    Il est ou le SUR Monsieur???

    • Le Vidéophage says:

      Cher lecteur qui est également mon frère, je prend bonne note de ta sympathique remarque, mais sache jeune sot que les premières heures d’existence de ces chroniques sont soumises à d’intenses relectures et à de légères modifications. Je te prie d’accepter mes salutations les meilleures, j’espère que tu as retrouvé mon chargeur et je file de ce pas préparer le dessert pour demain. PS : faut pas oublier l’anniv’ de la mère mardi…
      Et on dit pas « il est où le SUR monsieur », on dit « il est où le monsieur qui fait des galipettes avec l’autre monsieur »

    • Le Vidéophage says:

      Oui, bon, d’accord, elle m’avait échapée celle-là… C’est la faute de monsieur Valium, j’en suis sûr!!!

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