Maudit Journal 2013 – Day four (1/2)

(Devant la richesse de la soirée et le manque de sommeil, je me vois contraint de scinder le compte-rendu de cette longue soirée en deux. La suite très vite…)

– Psssss…
– …
– Guillaume…
– Keskecé… ?
– Guillaume, c’est mamie…
– Murf… Keskispasse… ?
– Ben, c’est 18h…
– … Et… ?
– Mais… euh… tu vas pas au Festival ce soir… ?
– Nan, j’y vais pas. J’suis crevé, et c’est nul, j’ai déjà vu deux films sur les trois…
– Mais… c’est pas le première fois qu’ils passent des films que tu connais…
– Oui, ben là, j’ai trop pas envie d’y aller, c’est tout !
– Oh, hé, doucement les basses, jeune-homme !
– … Pardon mamie, mais c’est que… ça se passe pas trop comme je voulais…
– Y’a quelqu’un qui te fais des misères, c’est ça… ? C’est Christophe qui t’embête… ?
– Alors, déjà, t’es gentille mais je suis plus en maternelle, et puis Christophe, c’est mon pote… Non, mais euh… Pffff… C’est Karel.
– … Elle te fait des misères… ?
– Ben non, au contraire… Elle fait comme si j’étais pas là. Elle parle à plein de gens, elle rigole avec tout le monde, mais moi c’est comme si j’étais transparent… Alors ce soir, j’ai trop pas envie d’y aller.
– Bon, ben je te laisse bouder alors.
– Non mais c’est bon, quoi ! Pas la peine de me parler comme à un môme ! Et pis laisse moi dormir…

 


Karel Quistrebert
Chef des Maudits Films

 

– « GUILLAUME !!!!
– De quoi… ?
– QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE HISTOIRE ?!
– … Karel… ? Qu’est-ce que tu fais ici… ?
– Figure-toi que ta grand-mère est venue jusqu’à la salle Juliet Berto.
– … Mamie… ? Mais…
– Alors comme ça, tu ne veux pas venir parce que tu connais déjà les films, c’est ça… ?
– Euh…
– Tu vas me faire le plaisir de sauter dans ton jean, d’enfiler ton tee-shirt ‘Scorpion’ et de te rendre fissa à la salle avant que je m’énerve…
– Mais…… ?
– Comment ça, ‘mais’ ? Depuis quand tu réponds… ?
– …Pardon….
– PARDON QUI ?
– Pardon Maîtresse !
– J’aime mieux ça… »

 

20h00 – Elle s’appelait Scorpion, de Shunya Ito (1972)

Je ne sais pas lire un programme. Allez savoir pourquoi, j’étais persuadé que Karel avait programmé ce soir La femme scorpion, le premier volet de la série et le seul que je connaisse déjà. Perdu, c’était le second ! Nous retrouvons le personnage de Matsu, interprété par la sublime Meiko Kaji, qui a eu la mauvaise idée de s’en prendre au directeur de la prison dans le film précédent. Et pour se venger, il lui en fait baver, à celle que ses codétenues ont surnommé Sasori (Scorpion en japonais). Elle parviendra toutefois à s’évader avec six autres prisonnières. Si le film précédent m’avait envoûte par sa photographie baroque et la pureté de sa mise en scène, c’est au niveau du propos que celui-ci emporte le morceau. Il y a deux manières d’aborder un film d’exploitation dans les années 70. En respectant tranquillement le cahier des charges imposé par le genre, ou en le détournant pour poser un point de vue subversif sur le monde. Le réalisateur d’Elle s’appelait Scorpion va encore plus loin en faisant de ce « women in prison » un réquisitoire contre le machisme. A travers la cavale de ses sept héroïnes, Shunya Ito dresse un portrait au vitriol de la société japonaise et aborde frontalement, dans un sous-genre créé pour titiller la libido du spectateur masculin, la question de l’émancipation de la femme.
Dans le film, Matsu occupe une place totalement décalée, comme si elle était étrangère au récit. La plupart du temps, elle reste en retrait de l’action alors que tout gravite autour de son personnage, un sentiment renforcé par son mutisme – même si les chansons interprétées par l’actrice elle-même ponctuent le film. Elle semble attendre son heure. Elle attend que ses compagnons d’infortune arrivent au bout de leur cavale, qu’elles comprennent que leur émancipation ne dépend que d’elles, et ne doit pas se transformer en une simple inversion des rôles. C’est la voie que choisira pourtant Oba, un magnifique personnage d’infanticide habitée par la haine de siècles de domination patriarcale. Après le viol et le meurtre sordide de l’une d’entre elles, les évadées détournent le bus où voyageaient les coupables, fermement décidées à leur faire payer leur crime. Mais Oba, aveuglée par la rage et la frustration, finit par s’en prends aux autres passagers, ce que Matsu ne peut accepter. C’est de la société elle même – incarnée par le directeur de la prison et les matons – qu’il faut se venger, pas des gens qui la composent et qui sont victimes de leurs préjugés. Le message est limpide : remplacer une injustice par une autre n’est jamais la solution, même si cette pulsion primitive peut sembler légitime. Tout simplement magistral.

(A SUIVRE…)

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Maudit Journal 2013 – Day trois


– « ‘Tain mamie, t’as pas vu mes sandales ?
– Les affreux trucs en plastiques que tu mets pour aller à la piscine… ?
– Mais non, mes sandales en cuir !
– … Elle sont rangées en haut du placard, avec les affaires d’été. A ce propos, t’as pas l’impression qu’on est un peu en plein mois de janvier, là… ?
– Mais c’est pour la soirée péplum ! Je suis sûr que si je viens déguisé, ils ne me feront pas payer ma place.
– Tu veux dire qu’ils ne te feront pas payer la place que tu ne payeras pas de toute façon parce que tu as acheté le pass au début du Festival… ?
– … Ah zut, j’avais pas pensé à ça…
– Bougre d’âne, va ! Tiens, elles sont là tes sandales. Du coup tu n’en as plus besoin.
– Non, mais euh… passe-les moi quand même, on sait jamais. Et tu saurais où j’ai pu ranger ma jupette de lattes, aussi… ?

 

18h00 – Ahhhh, cruelle nature ! Je ne sais si c’est toi que je dois blâmer, ou bien une puissance surnaturelle et omnipotente, mais un jour ou l’autre il va falloir que quelqu’un m’explique pourquoi je suis… comme je suis. Et je ne parle pas de mon vieux dos, de ma calvitie avancée ou de ma mauvaise vue. Non, je parle de cette faiblesse de caractère qui me pousse irrémédiablement dans les bras rigolards du capitalisme. Ça fait deux jours que ça me taraude, que j’hésite douloureusement en pesant le pour (il me le faut !!!!) et le contre (j’ai pas les sous !!!!).Trois nuit que j’anesthésie ma culpabilité à coup de valium. Mais aujourd’hui, jeudi 25 janvier 2013, je n’en peux plus. Je suis passé au distributeur et me voilà rue des Bons Enfants, devant la permanence du Festival, à me dandiner d’un pied sur l’autre dans la froidure du jour qui meurt. A travers la vitrine, j’ose à peine regarder la charmante bénévole (voir photo) qui semble s’ennuyer ferme derrière le comptoir en feuilletant distraitement Les Chroniques d’un Vidéophage.

 


Morgane, courageuse bénévole

 

18h30 – Frigorifié, je me décide enfin à franchir la porte. J’essaye de dire « bonjour », mais au lieu de ça c’est une espèce de gargouillis informe qui sort du fond de ma gorge. Devant le visage perplexe de la jeune-fille, j’avale une grande goulée d’air et je me lance :

– « Bonjour mademoiselle Morgane, je m’excuse de vous déranger mais je souhaiterai faire l’acquisition d’un tee-shirt ‘Snake Plissken’ mais July n’avait plus de ‘L’ à la salle alors Christophe m’a dit de passer vous voir parce qu’il devait sûrement vous en rester à vous, des ‘L’. S’il vous plaît. Mademoiselle Morgane.
– Euh, oui…alors je regarde… En quelle taille ?
–  En ‘L’ ou en ‘XL’. Ça dépend s’ils taillent grand. S’il vous plaît.
– Alors alors… Ben non, je crois pas qu’il m’en reste dans ces tailles-là. Par contre, j’en ai encore de ‘Scorpion’.
–  Ah… Euh… des ‘Scorpion’, vous dîtes…?
– Ils sont jolis, non ?
– Faites voir un peu… ? Pfff, c’est vrai qu’ils sont pas mal… Ben je vais prendre celui-là du coup.
– En quelle taille ?
– Ben… Pfff… mettez un de chaque, pour être sûr.
– Très bien. Ça fera (BiiiiiP!) euros… Ah, il me reste aussi des ‘Snake Plissken’ ! Ils étaient cachés sous le comptoir !
– Ah… Ça m’arrange pas trop du coup, au niveau de mon compte en banque. Juste pour savoir, en quelle taille… ?
– Je regarde… en ‘L’ et en ‘XL’. Je vous en mets un de chaque ?
– … »

Au final, je suis sorti de la permanence avec six tee-shirts, 5 badges, trois affiches et 2 figurines. Et  à  peine quelques minutes pour rallier la soirée Péplum à la salle Juliet Berto, en partenariat avec la Cinémathèque de Grenoble. Salaud de capitalisme, un jour je me débarrasserai de ton influence machiavélique !

 

20h00 – Hercule à la conquête de l’Atlantide, de Vittorio Cottafavi (1961)

Je pense que l’on peut grossièrement diviser le péplum italien en deux branches. Un courant historique assez proche de ce que les américains venaient produire à Rome à la même époque, et un autre plutôt mythologique, avec ses héros musclés, ses effets spéciaux bricolés, ses couleurs baroques et pas mal d’autodérision. Cet Hercule, incarné par le sympathique Reg Park, appartient clairement à la seconde catégorie. La première séquence du film illustre parfaitement ce que les italien apportèrent au genre : dans une auberge remplie de jeunes hommes costauds et rigolards, on suit une charmante jeune-fille qui virevolte de table en table pour abreuver la clientèle. Le désir est palpable, et bientôt la serveuse se met à danser tout en continuant son service. Comme les regards masculins, la caméra ne la quitte pas des yeux. La température ambiante augmente encore un peu, et sans que l’on puisse dire exactement à quel moment, toute cette tension sexuelle accumulée s’extériorise sous la forme d’un coup de poing, et presque naturellement la danse de la fille fait place à une bagarre chorégraphiée. L’un des protagoniste harangue un personnage que la caméra n’avait pas encore accroché jusque-là. Ce n’est pas à cause de sa barbe (qui renvoie immédiatement à celle de Steve Reeves), de son charisme évident ou de sa carrure massive que l’on reconnaît le héros du film, c’est à son attitude : tout le monde se met allègrement sur la tronche dans une débauche de mouvements et d’énergie alors que lui finit tranquillement son repas, presque au ralenti. En moins de dix minutes, nous avons eu droit au culte du corps, qu’ils soit érotique (la danse de la fille) ou sportif (les hommes se battent comme des gymnastes), à la violence, et à la caractérisation du héros par sa différence et son détachement des affaires du commun des mortels. Pendant toute la première partie du film, c’est comme si Hercule ne se sentait pas vraiment concerné par le scénario. Il passe son temps à… dormir, manger et picoler. C’est quand le surnaturel fait son apparition qu’il entrera enfin en mouvement, mais sans jamais que l’on doute de sa réussite. Hercule est le fils de Zeus, il ne peut donc pas échouer. Bon, d’accord, l’histoire tournant autour de l’Atlantide on se doute un peu que les méchants vont finir sous un cataclysme, mais tout de même ! Un film très attachant donc, que l’on peut classer sans hésitation dans les meilleurs du genre.

 

22h00 – Les légions de Cléopâtre, de Vittorio Cottafavi (1959)

Allez, j’avoue tout et on n’en parle plus. J’ai du mal avec les péplums qui se prennent au sérieux. Ils renferment un tas de choses que j’apprécie, mais ils traînent un je-ne-sais-quoi d’un peu prétentieux qui m’a toujours fait tiquer. Autant je raffole des histoires de pirates ou de cape et d’épée « à l’italienne », autant les péripéties des grands noms de l’antiquité me laissent froid. Et plus le film se prend au sérieux, plus je sens monter l’ennui. C’est exactement ce que j’ai ressenti avec ces Légions de Cléopâtre. Comme si je me retrouvais devant une version allégée du célèbre film de Mankiewicz avec Liz Taylor, mais avec un budget trop léger en regard des ambitions affichées. La grande bataille finale fait peine à voir, avec une dizaine de fantassins mal dirigés et des cavaliers romains qui chargent comme des indiens de western. Il y a tout de même des choses à sauver, en particulier un jeu de dupes assez original entre une Cléopâtre qui se fait passer pour une danseuse exotique afin d’échapper de temps à autres au poids de son rang, et un général romain en mission secrète, qui lui se fait passer pour un gladiateur grec sans le sous. Ils vont vivre une étrange histoire d’amour aussi sincère qu’illusoire, car vécue par les personnalités qu’ils se sont inventés. Une belle idée qui, malheureusement, ne pèsera pas bien lourd face à la seconde moitié du film, sans la moindre originalité à se mettre sous la dent. Il aurait peut-être été judicieux d’inverser l’ordre de diffusion, et de garder ce cabotin d’Hercule pour la deuxième partie de soirée.

 

Le saviez-vous ?
Cher lecteur, les films de ce soir avaient trois points communs : Leur réalisateur, Vittorio Cottafavi, l’acteur de petite taille Salvatore Furnari, particulièrement attachant même si son personnage des Légions était muet, et un net penchant des protagonistes à sombrer dans les bras de Morphée. Sauf que d’un film à l’autre, nos dormeurs invétérés ont traversé l’écran ! Mention spéciale au professeur Benjamin Cocquenet (notre photo), échappé de la compétition parce que, je le cite : « Merde, un péplum sur grand écran, je pouvais pas rater ça ». Vingt minutes après le lancement du film, il ronflait comme un bienheureux, empêchant au passage votre serviteur de piquer du nez lui aussi. Rien que pour cela, cher confrère, c’est toi qui paye les cafés demain ! Ouhla, c’est pas tout ça mais demain soir, on se mange trois films alors faut recharger les batteries… Zou, au plume, comme dirait ma grand-mère.

 


Benjamin Cocquenet
Péplumophile convaincu

 

Ami(e)s du jour, ce post vous est dédié : Loïc « Shining m’a tuer » Chemin, Morgane la fée de la rue des Bons Enfants, les membres valeureux du C.C.C. qui assurent comme des chefs, Sylvain « si j’attrape le sagouin qui a piqué mon câble je le biiiiiiiiiiiip ! » Crobu, Karel « Snake for président » Quistrebert, Cécile, July, Christophe « demain je vais tous me les faire… deux fois ! » Berthelot, les étranges filmeurs du festival qui espionnent aussi bien les directeurs de Cinémathèque… que les blocs de sécurité de la salle, Benjamin « ZZZZZZ… » Cocquenet, Sylvie « zzzzzz… » Piboule, et toutes et tous les maudits spectateurs.

Be seeing you

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Maudit Journal 2013 – Day two

19h45 – Pas mal de monde agglutiné devant le passage du palais de justice. Je repère Sylvain, le projectionniste émérite du Festival, et ont se met naturellement à parler boutique… « Ah, le numérique tue le métier. Au moins, quand on a une merde en 35, on sait d’où ça vient », etc.. Professeur Laurent, cinéphile passionné et passionnant, est venu également en simple spectateur. A peine le temps de lorgner sur la marmite de vin chaud qui frémit derrière le bar que l’équipe du C.C.C.* Sonne le rappel. Nous délaissons la froidure hivernal pour nous engouffrer docilement dans la salle. On y croise le noyau dur du festival, Christophe qui me glisse discrètement que je suis le seul à avoir compris sa vraie nature, Cécile qui a droit à mes plus plates excuses pour avoir oublié son prénom hier, July, la charmante ouvreuse (voir photo) qui me passe un savon pour n’avoir pas mis le Festival en couverture du fanzine, et l’incontournable Karel qui arbore fièrement un étrange tee-shirt créé spécialement pour l’occasion. La salle est à nouveau bien remplie, avec du jeune, du vieux, de l’habitué et de l’occasionnel. Un public de choix pour une soirée exceptionnelle placée sous le signe de Tod Browning et de la censure…


July, la charmante ouvreuse

 

20h00 – Le Mystère du Poisson Volant, de John Emerson (1916)

Attention, ce film contient une liberté de ton et des morceaux de n’importe quoi fortement conseillés pour votre santé cinéphilique. Rendez-vous compte : on y fume, on y boit, on y prend des syrettes de morphine pour retrouver le sourire, on envoie des pleines poignées de cocaïne au visage des méchants pour calmer leurs ardeurs, le grand méchant dort sur un tas de billets, la police est une fine équipe de bras cassés incompétent qui passe la moitié du film à tourner autour d’un rond-point… Une espèce de délire iconoclaste sous couvert de pastiche de Sherlock Holmes totalement jubilatoire, et dont le twist final est à tomber par terre lorsqu’on connaît un peu son histoire hollywoodienne. Parce que derrière ce petit film foutraque, on retrouve Tod Browning au scénario, et l’immense Douglas Fairbanks devant la caméra. Ah, je vois une main qui se lève dans le fond… Oui mademoiselle ? Non non, par d’erreur. C’est bien un film américain produit à Hollywood. Et oui, il fut une époque où ce genre de délires était possible. C’était avant 1934 et le terrible code Hays qui allait censurer drastiquement les productions américaines jusqu’en 1966. Le tout chapeauté par les studios eux-mêmes, au nom de la défense des valeurs morales du spectateur (!!!). Fini la nudité, fini les méchants sympathiques, fini la dépravation. Vive la famille, la morale religieuse (il fut rédigé par deux ecclésiastiques d’ailleurs) et le politiquement correct. Une page était tournée, et les réalisateurs durent rivaliser d’ingéniosité pour faire passer leurs idées joyeusement subversives au nez et à la barde du comité de censure. Mais c’est une autre histoire que je vous conterai un jour si vous êtes sages. D’ici-là, jetez-vous sur ce poison-volant restauré avec amour par les petits gars de Lobster Films. Pour les pressés, il est tombé dans le domaine public, et il vous suffira d’un moteur de recherche et d’un modem un peu plus performant que celui de ma mamie pour vous en délecter…


20h30 – Les poupées du Diable, de Tod Browning (1936)

Lavond, un sympathique banquier (?), s’est fait roulé par ses trois associés qui lui ont collé un meurtre sur le dos. Après 17 ans de prison, il parvient à s’évader avec Marcel, un savant fou d’une naïveté confondante qui a mis au point une technique imparable pour résoudre la faim dans le monde : réduire la taille des gens pour qu’il mangent moins. Seul bémol, les sujets d’expérimentation perdent leur libre arbitre au cours de l’opération et doivent être « commandés » par un tiers. Marcel terrassé par une crise cardiaque, Lavond décide de poursuivre ses travaux avec l’aide de Malita, l’assistante boiteuse du professeur foldingue. Mais c’est plus pour se venger des salauds de banquiers (ah !) qui l’ont collé au violon que pour rendre service à l’humanité.
Après le délire absolu du film précédent, changement radical de tonalité. Ces Poupées du diable ont été réalisées après la mise en place du code Hays, et ça se sent. On doit à Tod Browning deux des plus grands chefs-d’oeuvre du cinéma fantastique : Dracula (1921) et Freaks, la monstrueuse parade (1932). Les monstres, les difformes, les cabossés de la vie, les laissés pour comptes de la la société normative, Browning leur a toujours voué un respect et un amour immodéré. Hélas, la censure nouvellement instaurée ne pouvait laisser passer de tels penchants. Fatigué, le réalisateur tourna définitivement le dos aux plateaux de tournage en 1939. Le film de ce soir, proposé dans la superbe version restaurée par Carlotta en 2009, est assez surprenant dans sa construction. On a d’un côté du fantastique dans la grande tradition du genre, de l’autre du mélodrame sirupeux, le tout assaisonné d’une pincée de film noir. C’est Lionel Barymore – Lavond – qui sert de passerelle entre ces trois ambiances, mais son personnage est raté, ballotté entre différents registres sans jamais vraiment convaincre. La partie fantastique du film est par contre très réussie, avec des effets spéciaux remarquables pour l’époque – mélange d’images incrustées et de décors agrandis – et  distille une ambiance particulièrement glauque. La partie mélo est plus indigeste, même si le réalisateur « joue le jeu » et la traite avec un certain respect – le personnage de la fille de Lavond, interprété par la talentueuse Maureen O’Sullivan, est très réussi. Quand à la partie « film noir », c’est un dommage collatéral au code Hays qui impose qu’un gentil qui se venge, même si il a toutes les raisons de le faire, n’ait pas le droit de sortir indemne d’un scénario qui, du coup, perd beaucoup en crédibilité.

Le petit plus de la soirée, au delà de la discussion avec l’équipe du C.C.C. qui suivit le film, c’est à l’ami Sylvain (voir photo) qu’on le doit. Sans doute par nostalgie, ou simplement pour illustrer notre discussion d’avant-séance, il nous offrit bien malgré lui le spectacle fascinant d’une image qui se consume à l’écran. Il a réagit au quart de tour à cet impondérable pélliculaire, en grand professionnel qu’il est. Croyez-le ou non, j’ai ressentit comme une bouffée de nostalgie, voire une pointe de jalousie en le regardant s’affairer en cabine pour couper, coller, recharger, etc. Il y a des jours où je hais le numérique…


Sylvain Crobu, Projectionniste exemplaire

 

Nous voici arrivé au terme de cette soirée, et de cet article long comme un jour sans pain. Enfin, pas tout à fait au terme puisque nous avons logiquement fini au bar en attendant le dernier tramway. L’ami Christophe (voir photo) en avait gros sur la patate.

– « Tu peux pas comprendre, Guillaume. Je me suis senti… tellement inutile ce soir. Les gens me regardaient avec mon petit panier et… et… ils me souriaient ! A moi !!!
– Allons, allons, c’est pas si grave. Tu te rattraperas demain…
– Oui mais là, j’avais réussi à instaurer un rapport privilégié avec les spectateurs… Tout est à refaire…
– Mais pense à vendredi, Christophe ! Demain, tu les vires une fois entre les deux péplums, histoire de leur rappeler comment ça fonctionne, mais vendredi… c’est trois films !
– Trois films… ? Ça veut dire que je vais pouvoir les virer… deux fois ?!
– Ben oui mon Totophe ! Et tu me fais ça propre, hein, je compte sur toi ! Si tu veux, je peux même faire le gars qui râle, comme ça tu m’attrape par le col pour me jarter de la salle manu-militari…
– Tu… tu ferais ça pour moi… ? Toi t’es un pote ! Allez, j’t’offre un demi pour la peine…
– Euh… vite fait alors, j’ai de la route pour rentrer, et un article à écrire…»


Christophe « The Beast » Berthelot

 

Merci à Karel « the boss » Quistrebert, Christophe « the beast » Berthelot, Cécile dont je n’oublierai plus jamais le prénom, promis-juré, Jenny la gentille et July la méchante, Sylvain « the master » Crobu, Laurent « Big Red One forever » Huyart, Zabulette, Karinette, Célinette, Alexandrette, Pédroette (ah, ça marche moins, là), et spéciale dédicace au jury de la Nouvelle Star devant laquelle je vais m’écrouler en attendant la reprise des hostilités ce soir…

Be Seeing you

* Le Centre Culturel Cinématographique, c’est le ciné-club historique de Grenoble qui vous régale chaque mercredi en revisitant l’histoire du septième art. Je dis : « vous régale » parce que 99% des séances ont lieu le mercredi soir. Et le mercredi soir, il y a 99% de chances qu’un projectionniste travaille… Grrrr…

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Maudit Journal 2013 – Interlude…

Pas évident de sortir du pageot aujourd’hui, et je dois dire que c’est un peu à cause de toi, cher journal. Euh… en fait c’est carrément de ta faute, ouais ! Moi qui voulait juste poser deux, trois idées avant de me coucher, histoire de gagner du temps, pas moyen de lâcher le clavier avant d’avoir fini l’article… La conscience professionnelle, c’est un peu comme un film roumain, c’est beau… mais c’est chiant.
Résultat des courses, levé à 13h30, les trous pas vraiment en face des yeux, à peine le temps d’avaler un café et de boire une tartine – ou l’inverse, je ne sais plus trop –, de claquer un bécot à mamie et hop ! Direction le cabinet de Maurizio. Ah là là, je ne sais plus si c’est Jean-Claude Van Damme ou le Général de Gaule qui disait que la vieillesse est un naufrage, force est de constater que plus on avance dans la vie, plus c’est dur de pédaler. Celle-là, elle est de mon kiné. Et pendant qu’il remet mon vieux dos en état, il aime bien tailler le bout de gras, Maurizio.

– « Alors, c’est cette sémaine qué votre Festival des Films Damnés commence, si ?
– Le Festival des Maudits Films, Maurizio. Et oui, ça a démarré hier soir. C’est normal que ça sente le graillon dans votre cabinet ?
– C’est Madame Robert, elle s’est encore endormie contre la lampe à ouvé cé matin. J’ai aéré mais ça sent encore un peu. Et vous y rétournez cé soir, si ?
– Hé oui, j’ai signé pour toute la semaine… Un peu plus haut, sur la gauche… Encore un peu… Oh oui, juste là… Maurizio, vous avez de l’or au bout des doigts…
– Merci. Dommage qué cé soit pas sour mon compte en banque, qué j’ai dé l’or… Du coup, vous zavé pu tout voir ?
– Ben non, c’est le problème. Fallait faire un choix. Mais c’est pas grave, ma grand-mère à enregistré la compétition pendant que j’étais à la rétrospective, et je vais pouvoir me regarder ça tranquillement cette après-midi avant la soirée Tod Browning…
– Mais, c’est pas interdit d’enregistrer sour l’écran comme ça ? Jé croyais qu’avec votre métier, vous sériez ploutôt contre…
– Moi, contre ?! Ah ben non, au contraire ! C’est devenu un peu plus compliqué de nos jours mais franchement, ça se fait bien ! Et pis ma mamie, c’est une spécialiste depuis le temps… Elle passe son temps à écumer le programme pour enregistrer tout et n’importe quoi…
– Alors là, jé souis vraiment surpris. Tournez la tête à gauche…
– Après, je me demande… Aïe ! Ça tire un peu là… Oui, comme ça, c’est mieux… Je me demande si ça vaut la peine de regarder… Il manque la fin, et puis je connais le résultat…
– On va s’occoupé des lombaires maintenant. Allongez-vous sour lé ventre… Vous voulez-dire qué c’est truqué ?!
– Sans aller jusque là, on les connaît les spectateurs, ils font là où on leur dit de faire. Et cette année le jury est impitoyable.
– Mais c’était pas lé premier soir de compétition… ?
– Ben non, Maurizio, faut suivre ! Vous penserez-bien à me rendre mes radios, j’en aurai besoin pour le scanner du 28…. C’était le second prime !!! Et pis de toute façon, je l’aimais pas Timothée… Avec son sourire de curé pédophile et ses cheveux coiffés style décoiffé…
– … Mais vous parlez pas dé la compétition dé films au cinéma le Cloub… ?
– Mais non ! Je parlais de la Nouvelle Star ! Mais mamie à pris une 120 au lieu d’une 180 minutes, alors avec la pub je suis marron… J’espère au moins qu’il y aura la chanson de Philippe…
– Jé crois qu’on va arrêté là pour aujourd’hui. On sé revoit la semaine prochaine, même heure ?
– Merci Maurizio… Dîtes, vous ne l’auriez pas magnétoscopée, par hasard… ?
– Non, ça fait longtemps qué jé n’ai plous de magnétoscope. Moi jé la régarde sour internet, ils mettent en ligne dès qué c’est fini.
– Pfff…Je sais bien, mais ma grand-mère a encore son vieux forfait Wanadoo 10h, avec un modem 56K. Ça rame déjà pour charger des photos, alors de la vidéo, vous pensez… Allez, à mercredi prochain ! »

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Le saviez-vous?

Chers administrés, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer. On va commencer par la mauvaise… qui ne l’est pas tant que ça pour votre serviteur : vous ne pouvez plus commander le premier numéro sur le blog, parce que les derniers exemplaires que j’ai en stock vont partir au Festival des Maudits Films. Côté boutiques, j’ai peur qu’il n’en reste plus chez Sin’Art et Omerveilles. Restent – à priori – Movies 2000, la Kawaii shop, les Films de la Gorgone, le kiosque de la liberté.
La bonne nouvelle, c’est qu’il y aura un retirage papier à la sortie du second numéro qui aura lieu… euh… courant 2013 (voilà ce qui s’appelle ne pas prendre de risques). Et j’en profiterai pour mettre une version pdf du n°1 en téléchargement, parce que j’ai un sens aigu du commerce, na !

Pour être au courant des nouveaux articles du blog qui mine de rien s’étoffe chaque jour (comme quoi, tout peut arriver), et de tout un tas de choses très importantes de la vie du Vidéophage, n’oubliez pas l’entreprise totalement désintéressée de Mark Z.

SI TU AIMES LE BLOG, AIMES LA PAGE FESSE BOUC DES CHRONIQUES !!!

Vous pouvez à présent reprendre une activité normale

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Maudit Journal 2013 – Day one

6h00 – Pour être sûr d’avoir une bonne place, j’ai décidé de passer la nuit sous le passage du palais de justice, avec mon duvet, un thermos de yoggi tea et l’intégrale d’Indochine dans mon lecteur MP3. Sauf que le Festival démarrait à 19h et pas à 9h comme je croyais l’avoir lu. En plus, je me suis fait piqué mon iPod mini 1 Go rose et j’ai été réveillé par un caniche qui m’a pris pour un réverbère. Dur.

18h00 – Suite à ce faux-pas, je suis rentré chez moi, c’est à dire dans le T1 que ma mamie veut bien me sous-louer dans son appartement. Objectif n°1 : établir un plan de bataille parce que cette année il y a des choix cornéliens à faire. En parallèle à la traditionnelle rétrospective à la salle Juliet Berto se déroulera une compétition officielle dans un autre cinéma grenoblois. Il va falloir jongler entre les films récents en numérique encore inédits et un assortiment de vieilles pelloches qui craquent et qui sautillent dans le couloir de projection. Vraiment, ça va être dur de choisir…

18h15 – Vérification du matériel de combat avant de décoller : lampe frontale, check. Bouteille d’eau, check. Dafalgan-codéiné, check. Appareil photo, check. Casse-croûte, check. Maudit pass, check. Quelques n°1 des Chroniques d’un Vidéophage, check. Direction le tram, la ville, la vie !

18h45 – Arrivée devant la salle. Penser à recharger la batterie de l’appareil photo la prochaine fois. Du coup, je suis contraint de chiper des photos sur le net pour illustrer cet article. Les plus ressemblantes possible, cela va de soi. On croise deux types de personnes devant la salle : les pressés et les perdus. Les premiers font partie de la courageuse équipe de bénévoles qui va tout mettre en œuvre pour nous satisfaire ; les autres sont soit des spectateurs, soit des intervenants. Je sens monter en moi une bouffée de plénitude : on y est, et je me sens comme chez-moi !

18h55 – Maîtr… euh… Karel, la déléguée générale et chef suprême des Maudits Films apparaît enfin (voir photo). Mon petit cœur se serre très fort lorsqu’elle pose le regard sur ma misérable personne. Elle sourit, je rougis… Je constate avec plaisir que l’expérience que nous avons partagé l’année dernière a laissé des traces. Pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus, je vous conseille l’excellent dossier que j’ai consacré à l’édition précédente dans le n°1 que vous pouvez command… ah, notre comptable me fait signe qu’on ne peut plus les commander sur le site. Il n’y en aurai plus qu’une demi-poignée qui pourraient faire l’objet d’une vente aux enchères demain soir. C’est en pourparlers avec la direction du festival…


Karel, déléguée générale du Festival

 

19h00 – Aspects mythologiques du héros dans l’oeuvre de John Carpenter, par Benjamin Cocquenet (voir photo), éminent critique pour Culturopoing.com. Et ancien compagnon de galère cinématographique que j’ai eu l’immense plaisir de retrouver ce soir. Si le Vidéophage est ce qu’il est, c’est un peu grâce à ce garçon. Et non, je ne te rendrai pas la VHS de Mario Bava !
Une saine révision avant d’attaquer la soirée consacrée à Snake Plissken, avec du contenu solide, des preuves par l’image et une maîtrise parfaite de l’exercice oral. Et ne compte pas non plus sur moi pour te rendre le Craignos Monster de JPP, fallait pas l’oublier chez moi il y a 10 piges !


Professeur Benjamin Cocquenet

 

20h00 : Escape from New York, de John Carpenter (1981)
Mais quel bonheur de revoir ce film tout simplement génial, en 35mm, sur grand écran et en VOST s’il vous plaît ! Et quel plaisir de le faire dans une salle bien remplie ! On a déjà tout dit sur ce monument de la série B que je n’avais pas eu l’occasion de revoir depuis l’époque bénie du Laserdisc. C’est un peu comme si je retrouvais un vieil oncle après plusieurs années. Sauf qu’il a pas pris une ride, lui. Et ce fut particulièrement grisant de se laisser surprendre par un détail, un acteur ou un plan qui nous avait échappé jusque ici. Si il ne fallait en retenir qu’un, ce serait un slogan tagué sur un mur : « Give blood, not birth ». Que celles et ceux qui comprennent la langue traduisent pour leurs petits camarades….

21h45 – Christophe Berthelot (voir photo) est d’ordinaire un charmant garçon. Si si, je vous jure. C’est juste qu’à la fin de chaque séance, il va se mettre le public à dos en jetant tout le monde dans la neige et le froid. Même ceux qui ont leurs places pour le film suivant. Faut pas lui en vouloir, c’est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu’un le fasse. Et ça arrange bien les fumeurs qui peuvent s’en griller une petite comme l’ami Kurt Russell. Sauf que moi, j’ai arrêté depuis 5 ans…


Christophe « Pitt Bull » Berthelot

 

22h00 – Escape from L.A., de John Carpenter (1996)
Comme l’un de ses modèles, l’immense Howard Hawks, Carpenter part du principe que lorsqu’on tient une bonne histoire, pourquoi ne pas la décliner plusieurs fois ? Ainsi, le réalisateur de Rio Bravo remis deux fois le couvert avec El Dorado puis Rio Lobo, les trois avec John Wayne. Et bien Big John, lui, nous propose la suite / remake de Escape from NY une quinzaine d’années plus tard, toujours avec cette vieille baderne de Kurt Russell. Et toujours avec la même hargne vis-à-vis d’une Amérique de plus en plus intolérante et puritaine. Si le spectateur pouvait encore avoir un doute dans le premier film, il est évident ici que la prison, c’est les Etats-Unis, pas cette vieille catin de L.A. dont les travers sont exacerbés depuis qu’elle est livrée à elle même. Le principal défaut du film, c’est paradoxalement qu’il fut doté d’un budget confortable pour l’époque, et que les mate-paintings et les maquettes de « l’original » font place aux images de synthèses et aux décors un peu trop démesurés. Et l’ensemble a pris un sacré coup de vieux. Pendant les trois-quart du film, on s’amuse des clins d’œils et des relectures de scènes cultes – la mort totalement aléatoire du personnage féminin, Bruce Campell en chirurgien fou, la partie de basket qui remplace le combat dans l’arène – mais c’est dans son dernier quart que le film explose, jusqu’à cette séquence finale où Snake éteint littéralement le monde avec une télécommande, s’allume un cigarillo avec une grimace de plaisir et balance face caméra au spectateur le sublime « welcome to the human race ». J’en ai eu des frissons partout ! Et encore une fois, du 35mm en VOST. Merci le Festival !

Je vous parlerai bien du film projeté en compétition, mais il est 3h00 du matin. On verra ça demain ! D’ici-là, un merci / coucou / spécial dédicace à : Fred le comptable, Maîtresse Karel, l’incontournable Jenny, Professeur Benjamin, Sylvain le projectionniste qui assure grave, Pédro l’incollable sur Rémy sans famille, Gaby qui, comme moi, n’a pas pu s’empêcher de tiquer lorsque Ludivine et Sylvie trouvaient que Kurt avait pris grave du bide entre les deux films, Karine la coquine, Céline la… euh… coquine, ça rime aussi, le « méchant » Christophe, les fidèles qui comme moi vont se manger un maximum de séances, et (je suis désolé mais je me rappelle plus ton prénom c’est moche de vieillir) qui se reconnaîtra lorsque je lui dirai que c’est une affaire de volonté.

Allez, zou ! Un valium et au lit ! Be seeing you

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Universal Soldier, part two

Dans cette seconde partie, nous nous proposons d’étudier dans un premier temps le troisième volet Universal Soldier : Regeneration sorti en 2009, avant de nous pencher sur le quatrième et dernier en date appelé Universal Soldier : Day of Reckoning. Ah là là, que de souvenirs émus devant cette formule toutes faite ! Spéciale dédicace à mes années lycées, quand je bâclais mes dissertations sur un bout de comptoir entre midi et deux. Il y a même une fois où j’ai salopé la première page en posant mon demi dessus, ce qui avait bien fait marrer ma prof de français…

Mais revenons à nos soldats immortels. Dix ans après le second opus, c’est John, le fils de Peter Hyams – les sympatoches Outland (1981) et… tiens tiens, Timecop et Mort Subite avec ce cher JCVD – qui est chargé de ressusciter la franchise moribonde. Changement de décennie, donc changement radical dans la manière d’aborder les choses. Fini le petit film de luxe destinée à faire son beurre en salle et qui du coup hésitait en permanence entre le politiquement correct et le franchement vénère. Ce Regeneration est une pure série B d’action réalisée pour pas un rond, avec un côté brut de décoffrage qui ravira l’amateur. D’entrée, Johnny boy annonce la couleur avec une séquence sèche comme un coup de trique et sans concessions. Un commando enlève en plein jour les enfants du président russe au nez et la barbe de leurs chaperons, et l’un des terroriste encagoulé se mange une pluie de bastos sans sourciller. N’hésitant pas à se débarrasser de ses adversaires et de ses comparses, il sera le seul survivant de cette opération audacieuse commanditée par le fils d’un général dissident qui menace de faire sauter la centrale de Tchernobyl. Quant au mystérieux survivant, il s’agit bien entendu d’un Uni-Sol dernière génération dont les services sont loués à prix d’or par son géniteur devenu free-lance après l’abandon du projet. Et pendant ce temps-là, notre brave Luc Devereaux tente de s’intégrer dans la société avec l’aide d’une psy motivée. Et il y a du boulot parce que notre héros n’est pas foutu de se rappeler ce qu’il a mangé la veille. Force est de constater que pour une fois, Jean-Claude s’en sort bien dans ce rôle de vétéran déboussolé. Hyams a l’intelligence de ne pas ignorer l’âge de l’acteur et ne se prive pas d’évoquer son physique à la ramasse. Si on rajoute l’abandon des vannes à deux pesos, on se retrouve dans une ambiance crédible des plus poisseuse.


« Mais tu vas te rentrer ça dans le crâne, dis ?!!! »

Par contre, Dolph nous ressert exactement la même soupe qu’en 1992. Mais ça fait tellement plaisir de le revoir qu’on lui pardonne… Côté petits nouveaux, saluons l’arrivée en fanfare d’Andrei Arlovski, un véritable colosse tout droit échappé d’un ring octogonal où il a hérité du surnom de Pitt Bull. Mais ne comptez par sur moi pour me moquer en face, je tiens à mes cervicales. Remercions le réalisateur de lui avoir épargné les scènes de dialogues superflues, accentuant un peu plus l’inhumanité du personnage… Deux défauts à signaler tout de même : un scénario pas très original, et l’inévitable tournage dans les pays de l’est conditionné par le budget étriqué. Le côté usine désaffectée / photographie dessaturée est devenu lassant à force. A côté de ça, les scènes d’action sont traitées de manière particulièrement brutale, sans originalité mais avec une belle générosité. Voir par exemple la séquence où Devereaux entre en action et se farcit une trentaine de terroristes dans un immeuble en ruines. La caméra le suit au plus près, évitant soigneusement les effets faciles : le spectateur sait toujours où il en est, au point qu’on se croirait par moment dans un plan séquence de John Woo ! Elle se termine par un duel JCVD / Dolph assez poignant avant que le vieux baroudeur ne s’éclipse d’un scénario devenu trop prévisible. Une belle surprise donc, qui aurait sans doutes mérité un peu plus de sous et une meilleure exposition.

On n’est donc pas surpris de retrouver John Hyams aux commandes de Universal Soldier : Day of Reckoning, sorti en DTV chez nous il y a peu. Les qualités du films et la montée en puissance de ses thématiques sont indéniables, mais avec le recul j’avoue être resté sur ma faim. Clairement, cet opus se démarque des séries B qui alimentent les bacs à soldes de la grande distribution. Mais la narration manque parfois de cohérence et se permet des ellipses déstabilisantes qui desservent les ambitions du réalisateur. La séquence d’ouverture est d’une beauté foudroyante. Entièrement tournée en vue subjective, on retrouve un père de famille réveillé en pleine nuit par sa môme persuadée que des monstres ont investi la maison. Pour la rassurer, papa propose d’aller vérifier chaque pièce pendant qu’elle attendra au chaud sous la couette avec maman. Rien dans sa chambre, rien dans la salle de bain, ni dans le bureau, jusqu’à la cuisine. Il ouvre la porte et se fige : trois hommes cagoulés en battle-dress l’observent, parfaitement immobiles. Soudain, l’un d’eux le roue de coups avec une violence inouïe, modifiant au fur et à mesure sa vision et son audition – en même temps que celles du spectateur. Femme et enfant sont rapatriées manu-militari par ses complices, et leur chef leur loge froidement une balle en pleine tête après avoir retiré son masque. Le spectateur effaré découvre que l’assassin n’est autre que Luc Devereaux. Boum. Au delà de l’inventivité visuelle et de l’aspect traumatisant de la scène, Hyams s’amuse à bousculer les fondements même de la franchise en faisant du sympathique Jean-Claude un salopard de première bourre. Le message du réalisateur est clair, vous allez être surpris.


« Mais tu vas arrêter de cabotiner à la fin ?! »

Le père de famille, c’est John, interprété par Scott Adkins dont on devrait rapidement entendre parler parce qu’il sait se bastonner et jouer la comédie, deux qualités qui vont rarement ensemble. Tout au long du film, il va tenter de retrouver celui qui a massacré sa famille et d’échapper aux assauts d’un plombier fou – Andrei Arlovski is back, toujours muet mais avec une barbe du plus bel effet. En se demandant constamment qui il est vraiment. On accroche ou pas au concept de la recherche d’identité, j’avoue qu’il ne m’a pas emballé plus que ça à cause d’un traitement scénaristique maladroit. Mais l’ensemble reste solide et efficace, avec moult séquences d’anthologie comme celle du bordel, où l’on retrouve avec plaisir un Dolph toujours aussi cabot, ou ce mémorable combat dans un magasin de sport où le personnage d’Adkins va commencer à prendre conscience de ses capacités surhumaines. L’infiltration de la base à Jean-Claude est diablement efficace – renvoyant agréablement à celle de Regeneration évoquée plus haut –, son combat avec Dolph est dantesque, mais l’affrontement contre un Devereaux maquillé à la Brando dans Apocalypse Now est pour moi celui de trop, surtout qu’on n’apprendra finalement pas grand-chose sur la croisade du vétéran belge. Quoi qu’il en soit, j’attends avec impatience le prochain effort de John Hyams qui hisse clairement le genre au niveau supérieur. Qu’on lui donne des sous et la liberté nécessaire pour développer son univers visuel, que diable ! Qui a dit « tu peux toujours rêver… ? ». Mamie ?! On avait pas dit que tu devais frapper avant d’entrer dans ma chambre ? Ah, si c’est pour m’annoncer que le repas est prêt, alors ça va…

Prochains épisodes, vivez le Festival des Maudits Films (quasiment) en temps réel !

Be seeing you

 

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Universal Soldier, part one

Je hais Mad Movies. Entre leurs commentaires élogieux sur le dernier opus et mon goût immodéré pour les films indéfendables, je me suis farci l’intégrale Universal Soldier en quelques jours (sans les téléfilms, il me reste un peu de dignité tout de même). Le concept est aussi simple qu’efficace : des soldats tués au combat sont modifié génétiquement par le gouvernement afin d’en faire des super-soldats super-résistants et super-sans-état-d’âme. Et c’est évidement sur ce dernier point que ça va partir en sucette…

Le coup d’envoi fut donné en 1992 par Roland Emmerich, fournisseur officiel de nanars à gros capitaux que je préfère largement à son rival Michael Bay. Au moins, le réalisateur teuton ne passe pas sa filmographie à pomper James Cameron et à nous filer le mal de mer en faisant tourner sa caméra dans tous les sens. Et puis mine de rien, Emmerich a réussi à faire de son Independance Day le blockbuster ultime, puisqu’il contient absolument tous les clichés du film catastrophe. Promis, je reviendrai longuement sur ce chef d’oeuvre impérissable du mauvais goût assumé. Mais revenons à nos moutons bodybuildés. Universal Soldier premier du nom donc, avec en tête d’affiche notre high-kicker bruxellois préféré, j’ai nommé Jean-Claude Van Damme, dans le rôle de Luc Devereaux, un bouseux parti tuer du viet à l’époque où la chasse était encore ouverte. Et c’est qu’il n’est pas venu tout seul, le chenapan ! Lui volant largement la vedette, Dolph Lundgren incarne le sergent Scott, spécialiste du pétage de plomb et grand amateur de travaux manuels puisqu’il collectionne les colliers de nouilles en oreilles humaines. Côté fille, parce qu’il faut bien en caser une, Ally Walker campe une journaliste qu’on a envie de baffer à longueur de film. Si la blondinette fit le beaux jours d’M6 avec la série chiante Profiler – où elle arborait en permanence un air de chien battu du plus bel effet –, on la préférera largement dans le rôle d’un agent de l’ATF déjantée – saisons 1 à 3 de Sons of Anarchy. Pour ne rien gâcher, on a également droit au culturiste rigolo Ralph Möller, resté célèbre pour ne pas avoir été choisi dans le rôle du T-1000 et pour avoir salopé le personnage de Conan dans une série tout simplement imbitable (je n’ai pas pu finir le pilote, c’est dire). Notons aussi la présence de l’immense Jerry Orbach, le détective Lennie Briscoe de Law & Order.


Soldat Jean-Claude et sergent Dolph au rapport!

C’est amusant de constater comme les actionners bourrins des années 90 ont mal vieilli. La faute aux éléments de SF imposés par le succès planétaire de Terminator, sauf que sans talent et sans budget, le résultat est systématiquement moche et incongru – gardez cette phrase à l’esprit, elle servira plus bas. L’idée de départ est plutôt sympatique, dommage que le scénario nous impose les poncifs de l’époque – personnage féminin encombrant et proprement insupportable, narration rabâchée un bon millier de fois, etc. Mais, car il y a un mais, tout n’est pas à jeter. Les Uni-sols courant en rappel sur la paroi d’un barrage, la séquence d’introduction au Vietnam, Dolph Lundgren se révélant bien meilleur acteur que JCVD – qui semble s’ennuyer ferme dans les séquences de dialogues –, de la baston généreuse et… Oui mamie, puisque tu insistes… Et les fesses de Jean-Claude… Le film coûta 23 millions de $, et en rapporta 36. Pas de quoi rougir et pas de quoi sabrer le champomy non plus. Mais bon, business is business, et comme pour Highlander les producteurs ont décidé de sacrifier une idée originale et des personnage plutôt réussi sur l’autel des suites indignes…

En 1998, deux téléfilms pourris débarquent sans crier gare sur les étals des supermarchés, avec Matt Battaglia dans le rôle de Jean-Claude et Jeff Wincott dans celui de Dolph. Oublions vite ces faux-pas à la limite de la légalité pour se concentrer sur la vraie suite officielle de 1999, avec le JCVD d’origine et un budget pharao… euh… et avec un budget correct : Universal Soldier, le combat absolu. Et là, c’est le drame… Après un pré-générique honteusement pompé sur Vivre et laisser mourir, nous découvrons que Luc Devereaux travaille à présent comme… conseillé sur le projet Unisol ! Ben voyons, mon colon ! Il a eut le temps d’avoir une fille, mais Ally ayant judicieusement décidé de ne pas rempiler, la maman n’est plus là. Le personnage féminin, c’est donc sa partenaire interprétée par la sculpturale Kiana Tom qui prend la place laissée vacan… Ah, on me fait signe que non, elle disparaît pendant les trois-quarts du métrage au profit de… une nouvelle journaliste ?! What the fuck ?! Tu viens voir un film de baston, et tu te retrouves devant une énième histoire de famille à recomposer, avec le papa costaud mais gentil, la fifille innocente et blessée par les méchants, et la maman de remplacement qui passe en un coup de baguette magique de chieuse hystérique à petite amie idéale. Au secours !!!


L’avantage du flingue à la con, c’est qu’on s’attarde moins sur les lunettes ridicules…

Sinon, les scénaristes revisitent joyeusement les clichés du genre, avec le gros costaud rigolo-mais-dangereux-mais-rigolo – Bill Goldberg, qui cumule les handicaps : ancien catcheur,  ancien footballeur américain et pas le moindre talent d’acteur –, l’intelligence artificielle qui veut devenir humaine, le hacker-anarchiste qui vit dans une cave et regarde des clips de MTV en mangeant des céréales, etc. Vous vous souvenez de ma remarque sur le décorum SF ridiculo-has-been ? Mais visez-moi les flingues que nos chers Uni-sols sont contraint de se fader !!!!
A sauver, la – courte – apparition de Xander Berkeley que j’aime bien, et surtout la prestation de Michael Jai White, à la présence physique surréaliste et qui s’évertue à jouer correctement, lui. Sur ce coup là, Dolph a bien fait de passer son tour. Et… quelle surprise ! Ce fut un bide monumental : même pas 11 millions de $ de recettes pour un budget de… de combien ?! 45 millions de $ ?! Mais ils sont passé où, bordel ?! En toute logique, et comme ses soldats génétiquement modifiés après une mission, la franchise fut immédiatement cryogénisée. Jusqu’à sa régénération en 2009… mais c’est une autre histoire que je vous conterai demain si vous êtes sages ! Là, faut que j’aille bosser…

Be Seeing you !

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Tranche de vie d’un vidéophage

Mardi 8 janvier, cabinet du docteur Jean-Michel Biiiiiiiiip !, Grenoble. Dans la salle d’attente, le vidéophage s’attaque au Figaro Madame d’octobre 1998 après avoir abandonné la lecture de Femme Actuelle hors-série spécial Recettes de Fêtes 2003. Il dresse l’oreille en entendant le bruit d’une porte qui s’ouvre puis se referme dans le lointain, regarde sa montre et sourit : 10h précises. Il pose la revue fatiguée sur la table basse, compte mentalement jusqu’à quinze avant de se lever au moment précis où la poignée de la porte du bureau s’abaisse.
– « Bonjour mon cher.
– Bonjour, docteur Biiiiiiiiip !
– Si vous voulez bien vous donner la peine d’entrer… »
On dira ce qu’on voudra, mais les rituels c’est rassurant…

Le vidéophage s’allonge sur le canapé moelleux alors que le psychiatre prend place dans son éternel fauteuil en cuir fatigué. Après un temps, le praticien prononce la phrase magique :
– « Alors, quoi de neuf depuis vendredi dernier ?
– Et bien… Pfffff…
– Ah. Bon. Je vois… Vous bloquez toujours sur cette histoire de revue… »
Le patient tique et se racle la gorge. Le docteur soupire avant de se reprendre
– « … cette histoire de fanzine, je veux dire… »
Le vidéophage se détend d’un seul coup
– « Ben oui, docteur. Je bloque toujours. A chaque fois que j’arrive à écrire un bout de chronique, je suis persuadé que la machine est dégrippée et que ça va repartir comme en 14, mais non. Je commence à paniquer et mes vieux démons me rattrapent. D’abord, je n’ose plus regarder la pile de DVD en attente sur la table basse du salon, et puis je n’ose même plus y rentrer, dans le salon. Je culpabilise, et… Enfin, vous savez. Comme d’habitude quoi…
– Vous connaissez la règle, mon cher. Même si je connais la suite, c’est important de l’exprimer à haute voix…
– Pffff… Ben j’ose plus entrer au salon, donc, et je reste cloîtré dans ma chambre, sous la couette, et…euh… je lis…
– Et… vous lisez quoi… ?
– Ben tout ce qui me tombe sous la main. Des trucs bien, qui me serviront pour La Bibliothèque Interdite, mais… Aheum… d’autres livres aussi…
– Comme… ?
– Ben, par exemple, là je viens d’enquiller les 7 tomes d’Harry Potter et j’attaque… une biographie d’Indochine…
– … Mouchoir… ?
– S’il vous plaît… »

Le docteur biiiiiiiiip ! Attend patiemment que le vidéophage ait fini avant de relancer la conversation.
– « On en a déjà parlé, mon vieux. Si c’est trop dur, vous pouvez tout arrêter. Vous avez ce choix, rien ne vous oblige à sortir d’autres numéros de votre rev… euh… de votre fanzine…
– Oui, je sais, mais j’ai envie de continuer, moi ! Pour que ma grand-mère soit fière, et puis parce que je me sens tellement bien quand je tiens enfin la version test entre les mains…
– …mais… ?
– Mais ces foutus délais me bouffent la vie et me collent une angoisse indescriptible…
– … continuez…
– Ben dans l’édito, je donnais rendez-vous à mes lecteurs en décembre pour le second numéro, et je n’ai pas réussi à tenir la distance…
– Vous savez, quelques semaines de retard ce n’est pas grand chose au fond…
– Ben, là ça va être un poil plus long en fait… J’ai à peine commencé les premiers textes, même si je sais déjà ce que je vais mettre dedans…
– Et bien voilà ! Vous savez déjà ce que vous allez mettre dedans, et ça c’est positif ! Vous prenez le temps qu’il vous faut, comme ça, au lieu d’angoisser bêtement parce que vous avez du retard, vous y allez certes lentement, mais sûrement. Et surtout, sereinement. Ça tombe bien que ça ne soit pas une revue pour le coup. Avec un fanzine, rien ne vous oblige à respecter des délais.
– Mais j’ai peur de décevoir mes lecteurs fidèles et…
– Tututut ! Vous les prévenez, comme ça ils ne s’inquiètent pas, et croyez-moi ils ne vous en tiendront par rigueur. Et dans votre prochain éditorial, au lieu de donner une date pour le numéro trois, vous expliquez que la parution est, comment dire…
– …Aléatoire, docteur ?
– Oui, c’est ça ! Aléatoire !
– Merci, docteur biiiiiiiiip ! Vous m’avez enlevé une sacré épine du pied ! Sinon, la nuit dernière, j’ai fait un rêve avec Barbara Bach et Alice Arno, et nous étions tous les trois dans le lit de ma grand-mère, et…
– Ah, désolé mon cher, mais la session est terminée. On en reparle vendredi ?
– D’accord docteur, on en reparle vendredi.
– Et bien, je vous dit à vendredi. Pour le règlement, carte bleue ou espèces… ?
– Euh… Vous prenez toujours pas les tickets-restaurant… ? »
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– « Ben dis donc, t’en mets du temps pour acheter une demi-baguette sans sel et deux éclairs au chocolat. Tu serais pas allé faire un tiercé au Balto des fois… ?
– Mais non mamie, tu te fais des idées ! Et pis franchement, le tiercé… Avec la crise, vaut mieux jouer à euromion, parce que quitte à perdre, autant perdre beaucoup !
– C’est drôle, j’ai l’impression que tu mets toujours plus de temps le mardi et le vendredi pour revenir de la boulangerie…
– Euh… en fait… Voilà, j’ai croisé… euh, Ben… Oui, j’ai croisé Ben en sortant et on a parlé cinéma…
– Mouais… toi, tu me caches quelque chose. Tu sais pourtant que le mardi et le vendredi, faut pas traîner à table parce que j’ai mes activités de 13h30.
– C’est quoi déjà, tes « activités de 13h30 » ?
– Ben, euh… le mardi, c’est… euh… aquagym, et le vendredi, c’est… euh… coiffeur… ?
– Ouais, bien sûr… A partir d’aujourd’hui, je propose qu’on se lâche mutuellement les grelots sur nos ‘activités secrètes’ du mardi et du vendredi… Bon, allez, j’ai la dalle moi et il a l’air goûtu ce bourguignon…. »

 

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Alerte générale !

Suite à une recrudescence d’achats compulsifs, il ne reste non pas dix ni même cinq mais seulement trois malheureux petits exemplaires qui se battent en « triel » au fond d’un carton. Et comme il n’y aura pas de retirage avant la sortie du second numéro – qui prend un peu de retard – il va falloir faire vite si vous voulez offrir Les Chroniques d’un Vidéophage pour les fêtes de fin d’année !

Mais rassurez-vous chers lecteurs, si vous arrivez après la bataille, tout n’est pas perdu ! Le vidéophage est fier d’annoncer qu’en plus de la librairie O’merveilles à Grenoble, du Kiosque de la Liberté à Toulon, de Kawaii Records et de Sin’Art sur la toile, vous pourrez trouver le fanzine d’ici quelques jours chez Les films de la Gorgone et à la librairie Movie 2000.

Be seeing you,
Le Vidéophage

P.S. Un immense merci à Fred, Jean-Luc, David, André, Jérôme, Bruno, et au big boss de Médusa, l’incontournable Didier Lefèvre.

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