Comité de visionnage – Février 2013


Je me rappelle qu’à l’école, le temps s’écoulait au ralenti entre chaque vacances. Aujourd’hui j’ai l’impression de les enchaîner… Faut dire que pour un projectionniste, le mot « vacances » est synonyme de surcharge de travail, de spectateurs qui arrivent à la dernière minute et d’un choix de films, comment dire… j’hésite entre « gerbatoire » et « insipide ». Deux termes qui collent parfaitement aux chefs-d’œuvre dont je vous parle plus bas. A part ça, euh… Je me suis principalement nourri de comédies romantiques ce mois-ci. Faut comprendre : entre la Saint Valentin, les 9h de boulot quotidiennes et mon vieux dos fatigué, j’avais besoin de tendresse. Et pis ma grand-mère ne jurant que par Hugh Grant, il fallait faire quelque chose ! Maintenant, elle n’a d’yeux que pour Ryan Gosling… Bon, vous avez gagné, je vais vous parler de la série Arrow débarquée cette saison sur CW. Vous ne savez pas ce que vous perdez, j’avais plein de choses à dire sur le sympathique Crazy Stupid Love

 
 

DIE HARD – BELLE JOURNEE POUR VOMIR
E
uh, pour mourir, pardon. De John Moore, avec Bruce Willis.

A peine rabiboché avec sa fille dans l’inutile Die Hard 4 : retour en enfer, voilà-t-y pas que Bruce doit voler au secours de son fiston, accusé de meurtre en Russie. Ce qu’il ignore, c’est qu’il travaille en fait pour la CIA et qu’il a fait exprès de se faire coffrer. Nous par contre, on s’en doutait un peu. Bref, le fiston doit faire évader un gentil millionnaire Russe qui possède un dossier contre l’actuel premier ministre qui n’est pas très gentil, lui. Bon, en fait, le millionnaire non plus, il est pas gentil. La preuve, c’est le méchant du film. A la fin, Bruce et son fiston s’en sortent en zigouillant tout le monde, sauf le premier ministre parce que dans la vraie vie Poutine pourrait mal le prendre. Ah, on me fait signe dans mon oreillette que j’ai un peu spoilé le scénario. Si ça peut vous éviter de filer 10 euros aux cuistres qui ont financé cette bouse, j’ai la conscience tranquille. Et si vous avez vraiment 10 euros à perdre, envoyez-les moi… Je n’aurai que deux mots devant l’étendue du désastre : AU SECOURS !!! Le seul mérite de cette purge c’est qu’elle ne dure qu’une heure trente. Croyez-moi, quand on est projectionniste, ça compte.
Si le peu glorieux quatrième opus conservait certains gimmicks de la franchise comme le partenaire par défaut, les forces de l’ordre dépassées et un méchant (presque) charismatique, on a ici la désagréable impression que le scénario a été écrit pour Jean-Claude Van Damme ou Steven Seagal. Déjà, situer l’action en Russie n’apporte rien à l’histoire, au contraire même vu le nombre de DTV médiocres tournés dans les pays de l’Est ces dernières années. L’idée du duo père-fils (il manquait plus que lui tiens, en attendant la femme de ménage de son ex pour le sixième !), interprété par le fade Jai Courtney, est très mauvaise. Alors que les précédents « partenaires » de McClane jouaient la carte du contraste (un flic qui passe sa vie derrière son bureau, un vendeur d’électroménager de Harlem ou un jeune hacker), le fiston n’est qu’une copie du personnage de Willis en plus jeune. L’art de foutre en l’air le principe même du buddy movie. Les bad guys sont tellement transparents que le twist central ne surprendra guère qu’un enfant de 8 ans, et encore ; l’intrigue éculée est truffée d’incohérences qui feraient rougir le scénariste d’Hélène et les garçons, et la seule idée vaguement intéressante du script – la fille du grand méchant est son bras droit – n’est jamais exploitée, parce que vous comprenez, le film doit faire la part belle à l’action, merde, quoi. Et même ça… Ami producteur, sache qu’il en va de la casse de voitures et des effets numériques comme du vin d’orange de ma mamie : au bout d’un moment, ça saoule…
En conclusion, ce Die Hard 5 achève une franchise déjà bien malmenée, et si comme moi vous aimez Bruce Willis, ne cautionnez pas ce genre d’ignominie. Revoyez l’intégrale de Clair de lune, ou l’injustement méconnu Meurtre à Hollywood du génial Blake Edwards. Avant de se contenter d’aligner les punch lines faisandées en échange d’un gros chèque, le gars Willis était un sacré bon acteur…

« Pffffff, les scénaristes… Non, mais allô, quoi !! »

 

GANGSTER SQUAD
Un film de Ruben Fleischer. Avec Josh, Ryan, Emma, Robert, Sean et plein d’autres…

Los Angeles, 1949. La ville appartient à Mickey Cohen, ancien boxeur professionnel devenu gangster. Ça, c’était pour la première moitié du titre. Le squad, c’est une équipe de flics qui va tout mettre en œuvre pour le faire tomber, « officieusement » bien sûr. Ce qui va lui prendre à peu près 1h50 de film. Voilà voilà…
Après le « gerbatoire », place à « l’insipide ». J’ai un peu honte d’avoir suivi la Nouvelle Star cet hiver. N’empêche, j’y ai appris plein de chose, comme la technique du mash-up qui consiste à combiner deux chansons pour en faire une seule. Le rapport avec Gangster Squad ? Eh bien figurez-vous qu’il s’agit d’un mash-up totalement raté de l’univers de James Ellroy et des Incorruptibles de Brian de Palma. Comme quoi, le réalisateur du sympathique mais surestimé Bienvenu à Zombieland n’a finalement pas grand chose à dire. Vous trouvez que j’exagère ? Alors disséquons ensemble ce remake déguisé : dans le rôle de Kevin Costner, je voudrai le Chris Cooper du pauvre, Josh Brolin. En un peu plus bourrin parce que bon, à défaut d’avoir une histoire originale, on va mettre le paquet sur l’action. Dans les charentaises de Sean Connery, j’appelle Robert Patrick, qui a bien changé depuis T2. Ah, on me dit que le bijou de Cameron va sur ses 22 ans. Ceci explique cela. Pour remplacer le beau gosse Andy Garcia, un tonnerre d’applaudissements pour Ryan Gosling, qui a compris que la sobriété était gage de talent. Un principe ayant totalement échappé à Sean Penn (Mickey Cohen) en roue libre qui réussit l’exploit de cabotiner d’avantage que Bob DeNiro. Diantre, son interprétation outrancière d’Al Capone avait pourtant placé la barre très haut… De l’univers d’Ellroy, on retrouve le cadre, la mignonne Emma Stone qui campe un avatar de Lynn Bracken un peu trop sage, mais pas l’ambiance glauque du quatuor (pour mémoire, Le dahlia noir, Le grand nulle part, L.A. confidential et White jazz, soit le must du polar américain). Le Los Angeles De Gangster Squad est passé à la moulinette du politiquement correct, au mépris de la réalité sociale de l’époque. Entre les flics noirs et mexicains qui s’intègrent sans peine à l’équipe WASP, un scénario totalement balisé où les séquences s’enchaînent sans la moindre inventivité – notons au passage que, comme chez De Palma, c’est le vieux et l’intello qui y passent –, et le principe de la famille comme modèle social idéalisé – tiens, la femme de Brolin est enceinte, comme dans… bon, j’arrête… – on ne retrouve jamais l’ambiance poisseuse et désespérée qui se cache derrière les paillettes. Les pièges de la cité des anges ne sont abordés que dans la scène d’ouverture, le reste du métrage pouvant se situer dans n’importe quelle autre ville étasunienne. On est donc face à une version light de, au hasard, l’adaptation plutôt réussie – mais déjà édulcorée – de L.A. Confidential par Curtis Hanson. Même l’action déçoit, avec son traitement modernes et son sur-découpage. Je ne suis pas fan de De Palma, mais bon dieu la scène de la gare des Incorruptibles reste une merveille de mise en scène. Quitte à copier, Fleischer aurait été inspiré de le faire jusqu’au bout…

« Franchement Ryan, tu trouves pas qu’on se faisait moins chier dans Crazy Stupid Love ? »

 

ARROW
Une série de Greg Berlanti, Marc Guggenheim et Andrew Kreisberg. Première saison en cours de diffusion sur CW (Cherchez pas sur votre décodeur TNT, c’est aux États-Unis). Avec Stephen Amell.

Alors voilà. Oliver a une petite amie. Elle est belle, et son prénom c’est Laurel. Mais lorsqu’il part en croisière sur le yacht de papa, il préfère emmener sa frangine pour lui tenir chaud sous la couette. Faut dire qu’à ce moment-là, Oliver Queen a tout de la parfaite tête à claques : un physique de play-boy, une famille riche à millions et un comportement de crétin arrogant. Pris dans une tempête, le bateau coule avec la frangine de Laurel et papa profite de l’intimité du canot de survie pour demander à son fils de réparer ses propres erreurs. Avant de se tirer une balle dans la tête. Au final, Oli se retrouve coincé sur une île particulièrement inhospitalière pendant cinq longues années. Jusqu’à ce qu’un bateau le récupère et le ramène chez lui où tout le monde le croyait mort. Et Il n’a qu’une idée en tête : respecter les dernières volontés de son papa et faire payer les salauds qui pourrissent sa ville. Avec une capuche sur la tête et un arc, parce que ça en jette… Toute ressemblance avec un certain Bruce Wayne n’est absolument pas fortuite, les deux personnages faisant partie de l’écurie DC comics.
A l’annonce du projet, on pouvait légitimement craindre le pire, une bluette sentimentalo-culcul à la
Smallville ou une réflexion post-moderne à la Heroes. Et puis le personnage n’est qu’une transposition de Robin des Bois au XXIème siècle, pas forcément le concept le plus enthousiasmant qui soit… Fort heureusement, la trilogie de Christopher Nolan est passé par là et c’est tout naturellement sur ce modèle que les créateurs de la série vont s’appuyer. Au niveau de la forme déjà, avec des plans aériens de la ville et des séquences d’actions réalistes et plutôt efficaces, mais aussi au niveau de l’ambiance. Starling City est la sœur jumelle de Gotham, une allégorie de la société étasunienne en déliquescence, l’enjeu du combat désespéré d’une poignée de justes contre les sombres desseins d’hommes d’affaire pourris jusqu’à la moelle. Enfin je dis ça, c’est ce qui se dessine en filigrane derrière les premiers épisodes. Quoi qu’il en soit, l’ensemble bénéficie également de l’effet HBO, car sans être truffée de sexe et de sang – ce n’est pas le public visé –, le vigilante d’Arrow n’hésite pas à tuer. Sa ligne de conduite – éliminer un à un les hommes incriminés par son père – comporte son lot d’ambiguïtés et de mystères, car ses cinq années d’exil ont transformé le play-boy égoïste et superficiel qu’il était en redoutable machine à tuer. La série est construite sur le modèle de Lost – ne partez-pas en courant, je ne parle que de mécanique –, entrecoupant le présent de flashbacks qui lèvent progressivement – et chronologiquement – le voile sur cet exil forcé. La série n’en étant qu’à son seizième épisode, tout peut arriver, le meilleur comme le pire ; on espère sincèrement que les scénaristes savent où ils vont, parce qu’à défaut d’être révolutionnaire, Arrow est plutôt sympathique à suivre. Si les séquences sur l’île sont très réussies, certains personnages secondaires ont du mal a trouver leur place, ce qui explique quelques ajustements au cours de cette première saison. Par exemple, il manquait un petit grain de folie et c’est avec jubilation que l’on voit le personnage doux-dingue de Felicity Smoak (Emily Bett Rickard, photo ci-dessous) prendre de l’ampleur. A suivre donc, en espérant que la sacro-sainte obligations de résultats qui mine la création télévisuelle outre-Atlantique depuis quelques années ne fasse pas une victime de plus…

« Mais non, je ne suis pas top model, je suis informaticienne. La preuve, je porte des lunettes… »

 

En guise de dessert, voici la bande-annonce d’une nouvelle adaptation de Beaucoup de bruit pour rien, le chef d’œuvre intemporel de l’ami Bill. Vous vous demandez ce que ça vient faire ici, hein ? Eh bien sachez que c’est Joss Whedon qui réalise, et qu’il a embauché pour l’occasion quelques vieilles – et nouvelles – connaissances. En attendant le retour du maître sur le petit écran avec l’attendue S.H.I.E.L.D




Be seeing you !

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Maudit Journal 2013 – Day Five

Samedi 26 janvier, 11h00 – C’est juste impossible de sortir du lit… Je hais le Festival. Je hais le péplum, et par dessus tout je hais Florent Fourcart qui n’a rien trouvé de plus intelligent que de dédicacer son bouquin à 15h aujourd’hui. 15 heures !!! Et pourquoi pas en matinée tant qu’on y est ? Du coup je l’écris quand, moi, le journal de guerre du Vidéophage… ? Ou alors, je dors plus ? Ah ben tiens ! On a qu’à faire ça, je vais simplement arrêter de dormir, comme ça j’aurai le temps de faire tous ces trucs que je repousse sans cesse : le ménage, les articles pour En revenant du cinéma, le numéro deux du fanzine, archiver les cinquante DVD qui s’empilent dans mon salon (voir photo)… C’est sans doutes ça, la solution… Je vais en toucher un mot à mon médecin, la chimie a sûrement une solution pour ça… Ah, quel doux rêve… ne plus dormir rrrrrrrrrretyrfguyrgbfirnvoftvneonvz…

Le salon du Vidéophage

 

14h20 – …efvvvvvhinozvbnzbheavbhv… Hein ?! De quoi… ? Merdum, je me suis endormi sur mon clavier. Oh putain ! Je vais être à la bourre, et je déteste ça…

14h59 – Essoufflé, dégoulinant de sueur malgré les quatre ou cinq degrés affichés au thermomètre – le plus sûr moyen pour attraper la mort –, Je débaroule dans l’espace-bar de Decitre. Sauf que depuis l’année dernière, le « bar » de Decitre s’est transformé en machine à café, et « l’espace » est envahi de linéaires et de bacs à soldes hideux. Quelques tables coincées sous l’escalier semblent avoir tout de même survécu au cataclysme. Sur un guéridon, une affichette du Festival et une pile du Péplum italien, grandeur et décadence d’une antiquité populaire de Florent Fourcart (voir photo). Tout va bien, et je ne suis même pas en retard.


Florent Fourcart

 

15h10 – Un sympathique vendeur commence à m’expliquer comment on peut s’organiser pour la rencontre. Quand je lui annonce que je ne suis qu’un simple spectateur, il en reste pantois. « Quand même, vous devez sacrément sacrément aimer ça pour venir déguisé en centurion en plein mois de janvier ». « Nan mais c’est pas ça. Le costume, c’est parce que j’ai perdu un pari hier. Et puis je suis déguisé en décurion, pas en centurion ». Quelle histoire, je ne vous raconte pas ! Bon allez, si, je vous raconte. Hier, j’ai passé la fin d’après midi au bar avec l’ami Benjamin (voir photo). On a parlé de tout et de rien, de nos parcours respectifs, de l’écriture, du cinéma, du Festival. On s’est même mis à philosopher sur le temps qui passe, pour arriver à la conclusion que depuis cinq jours, c’est comme si nous avions à nouveau 20 ans. Sauf qu’on en a à peu près le double, et que ça change la donne : on est totalement à la ramasse physiquement, mais par contre on en savoure chaque minute avec un plaisir indescriptible… Des discussions de vieux cons, quoi ! Mais au moment de la traditionnelle assiette-kebab-sauce-samouraï du soir, nous avons buté sur le Cléopâtre avec Liz Taylor et Richard Burton. J’étais persuadé que c’est Hawks qui l’avait réalisé, Benjamin me soutenait que c’était Mankiewicz… J’ai perdu ! Note pour plus tard : ne jamais défier le professeur Cocquenet sur ce genre de choses… Bref, je suis venu déguisé en décurion romain… Mais je vous l’affirme, chers lecteurs, il existe une justice divine ! Au moment de m’asseoir à une table bien à l’écart, histoire de pouvoir piquer du nez à la discrète si besoin, je suis tombé sur le livre de Claude Monnier sur John Mc Tiernan… a 70% de réduction ! Ah, karma, je ne crois pas en toi mais des fois, je me pose des questions !


Benjamin Cocquenet

 

 15h20 – Rencontre / dédicace autour du livre Le péplum italien, de Florent Fourcart

Florent et Benjamin daignent enfin nous honorer de leur présence. En voyant la tête de ce dernier, je me dis qu’aujourd’hui, c’est le quarantenaire qui a pris le dessus. Et je me dis que je ne dois pas être beau à voir non plus. J’agite mon John McTiernan en arborant mon plus beau sourire. Il me sourit en retour et lâche à l’auteur un « Tiens, on va se mettre là, juste à côté de Guillaume. Il est incollable sur le sujet et en plus, il pose toujours des questions intéressantes… ». Ah, karma, je ne crois pas en toi mais des fois, etc. Peu de monde, hélas, pour un échange pourtant passionnant mené de main de maître par le sieur Cocquenet. Florent Fourcart répond avec enthousiasme à ses questions, et c’est un vrai plaisir d’écouter quelqu’un de très érudit, certes, mais qui n’a pas oublié que le cinéma est avant tout une question de plaisir. Et rien que pour son regard pétillant à l’évocation d’Hercule contre les fils du soleil, je suis prêt à lui pardonner l’heure indécente de la rencontre. Jetez-vous sur le livre – mais pas trop fort non plus, hein, vous allez l’abîmer –, qui balaie le genre des origines à sa décadence en n’oubliant jamais le contexte économique et politique de l’époque. Et je dis pas ça juste pour faire style, j’en suis déjà la la page… euh… je l’ai déjà commencé.

19h45 – Le temps de faire le plein de caféine et de troquer mon cimier et ma jupette de lattes contre un poncho et une paire de santiags, me voilà devant la salle Juliet Berto pour cette ultime soirée placée sous le signe de Django. Certains crieront à l’opportunisme, mais, euh… Ben voui, d’accord, c’est vrai que le film de Tarantino venant de sortir, plein de gens découvrent l’existence de ce personnage mythique. Alors pourquoi ne pas profiter de la traditionnelle soirée Grindhouse pour proposer l’original ?

 

20h00 – Django… euh, Django le proscrit (?), de Sergio… euh, de Maury Dexter (???)

Il y a quelque chose de pourri au royaume des producteurs. Il suffit qu’un film comme Django de Sergio Corbucci fasse un carton en 1966 pour qu’ils nous collent du Django à toutes les sauces… Du bon – Tire encore si tu peux – et du beaucoup moins bon – Django 2, le grand retour. Et s’il y a encore plus margoulin qu’un producteur, c’est bien un distributeur ! C’est ainsi, par exemple, que le lénifiant El proscrito del Rio Colorado tourné en 1964 en Espagne devint… Django le proscrit en débarquant sur nos écrans cinq ans plus tard (!). Bon, ceci posé, que nous raconte ce film… ? Non, mais c’est une vraie question en fait ! Si par hasard quelqu’un a compris quoi que ce soit au scénario, merci de bien vouloir m’expliquer. Django O’Brien (rires) se retrouve plus ou moins coincé entre deux familles mexicaines dont les uns (pauvres) en veulent aux autres (riches) qui veulent épouser les premiers alors que la fille semble plutôt amoureuse de… Pfff… Au bout de vingt minute, j’ai complètement renoncé. Il faut dire que la VF d’époque n’aide pas… J’ai toujours préféré la version originale à la version française, mais nous avons en France des doubleurs de qualité. Dans ce Proscrit on reconnaît par exemple le talentueux Roger Rudel – la voix habituelle de Kirk Douglas et celle de Ross Martin dans Les mystères de l’Ouest. Mais là, le boulot d’adaptation tient du sabotage en règle ! Certaines phrases trop longues s’étalent sur deux dialogues espacés de plusieurs secondes, et bien entendu personne n’a pris le temps de relire la traduction du texte ! Les acteurs sont mal dirigés et la mise en scène tellement soporifique que même le monteur s’en endormi sur son banc – chaque plan dure facilement deux à trois secondes de trop. Ajoutons à cela la médiocrité de la copie projetée, avec des sautes de dialogues qui n’aidaient pas à la compréhension du film – encore une fois, chapeau à maître Sylvain qui s’en est sorti comme un chef – et nous obtenons un pur désastre cinématographique. Et donc un pur bonheur de festivalier, grâce à l’ambiance de la salle avec le public qui passait en un éclair de l’étonnement poli au rire irrépressible. Bien vu, les Maudits Films.

 

22h00 – Sukiyaki Western Django, de Takashi Miike (2007)

Après une pause bien méritée – nécessaire ? – où tout le monde a essayé d’expliquer à son voisin ce qu’il avait compris du film précédent, nous voici de retour pour cette seconde projection, la dernière d’une semaine riche en émotions. Une question nous taraudait : comment succéder à ce (faux) Django ? Tout simplement en invitant ce doux-dingue de Takashi Miike à la fête ! Les réalisations du japonais oscillent entre le très bon – Audition – et le très grand n’importe quoi – Zebraman –, en passant par le très sympathique – les deux Crows Zero. Lorsqu’il s’attaque au western à l’italienne, on est en droit d’avoir peur… Et bien, ce Sukiyaki Western Django qui n’eut, hélas, pas les honneurs d’une sortie en salle fut une très bonne surprise. En ouverture, Quentin Tarantino himself incarne un desperado à poncho – on comprend aisément qu’il ait accepté la panouille – devant un décors en carton-pâte. Il dessoude à la régulière trois pistoleros malpolis en contant au public l’histoire de deux clans rivaux, les rouges et les blancs, qui s’entre-tuent pour la possession d’un trésor. Le projet est simple : rendre hommage aux classiques du genre mais à la sauce japonaise. Si on retrouve les tics habituels du réalisateur dans ses cadrages halluciné et des effets visuels et narratifs surréalistes, force est de constater qu’il traite les éléments empruntés au western italien avec énormément de respect. Ce n’est pas seulement Django qui est invoqué ici, l’ombre de l’Homme sans nom de Leone plane sur le film, avec en prime un juste retour des choses – rappelons aux profanes que Pour une poignée de dollars, qui lança le genre en Italie, est une ré-interprétation du Yojimbo de Kurosawa. Si les excès de Miike agacent un peu à la longue, il marque des points sur la partie dramatique du film, et avec quelques gags tout simplement hilarants – le shérif du village en est une source inépuisable. Pari risqué donc, mais réussi pour ce film bien barré qui prouve qu’on peut encore tirer quelque chose d’original avec les genres cinématographiques ultra-codifiés. Il suffit d’avoir du talent et de l’audace. Nous verrons si Quentin Tarantino, le roi du sample, est capable de faire aussi bien… Eh non, je ne l’ai pas encore vu, parce que 10 euros pour 2h45 de films… J’attendrai tranquillement de le passer là où je travaille…

Et voilà. Le mot « Fin » apparaît à l’écran. En cabine, le projectionniste ferme le volet et coupe le son. Il éteint le xénon en attendant que l’amorce de la dernière bobine soit entièrement passée dans les débiteurs, et il arrête le moteur. Clap de fin sur cette cinquième édition du Festival des Maudits Films, qui nous aura fait voyager à travers l’histoire du cinéma « de B à Z ». A l’année prochaine…

Coucou du soir à : Alexandre « sueurs froides » Thevenot, Benjamin « Rollerball forever » Cocquenet, Florent « I am Hercule ! » Fourcart, Florence, Bat, Silvan et Liane (et non, je n’avais pas pris de drogue, je le jure !), Sylvie P., Gille G. et Pedro M., Sylvain « the master » Crobu, Jenny, Cécile, Morgane et July, The C.C.C. Team, L’indispensable Christophe Berthelot et Karel « The Godess » Quistrebert. See you next year…

 

EPILOGUE
– « Ben Christophe, qu’est-ce que tu fiches ? T’as pas encore fermé la salle ?
– Euh… on a un petit soucis Karel…
– Alors là, non. Juste : non ! Il est 1h du mat’, je suis vannée, je n’ai qu’une envie, c’est de m’écrouler dans un canapé devant un petit verre de rhum, alors qu’est-ce qui se passe encore ?!
– Ben, c’est Guillaume.
– Ah non, mais c’est pas possible… Il a vraiment décidé de me pourrir la semaine celui-là ! Sérieusement, l’année prochaine on l’interdit de Festival, et puis c’est bon ! Mais qu’est-ce qu’il a encore été trouvé pour m’emmerder ce Biiiiiiip !!! (devant la violence de l’expression employée, nous avons été contraint de censurer les propos de Karel. On ne sait jamais, il y a peut-être des enfants qui nous lisent…)
– Ben… il s’est enchaîné en cabine…
– … Il s’est…quoi ?
– Il s’est enchaîné au projecteur avec ses cadenas de vélo… En protestation, parce qu’il veut pas que ça s’arrête. Y a Sylvain et Benjamin qui essayent de le raisonner, mais il ne veut rien savoir…
– … Mais alors là, il m’aura tout fait ce Biiiiiiiip !!!
– Du coup, je fais comment… ?
– … C’est quand, la prochaine séance à la salle Juliet Berto… ?
– Euh… mardi je crois, la Cinémathèque passe Les guerriers du Bronx
– Alors tu dis à Benjamin et à Sylvain de le laisser là-haut. Trois jours sans manger, ça devrait le calmer le Vidéophage. Et après… je m’occuperai personnellement de son cas… »

 

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Maudit Journal 2013 – Interlude (bis)

Samedi 26 janvier, 6h45 – Appartement de la grand-mère du Vidéophage. Alors que ce dernier martèle fébrilement les touches de son clavier, on frappe à la porte. Il le remarque à peine, et de toute façon, sa grand-mère est réveillée depuis longtemps alors elle va y aller… Pourtant, les coups redoublent.

 – « Police ! Je vous entends tapoter à travers la porte. Faut ouvrir, s’il vous plaît !!! »

Interloqué, le Vidéophage suspend son geste et tend l’oreille… A l’exception des vociférations du pandore, l’appartement semble étrangement silencieux. Il enfile prestement un kimono par dessus son caleçon et son tee-shirt « Scorpion » maculé de miettes de hot-dogs. A l’entrée, les coups se font insistants.

 – « Je vous préviens, suis assermenté! Si vous ne venez pas immédiatement ouvrir, j’enfonce la p… euh… j’appelle un serrurier !
– Voilà, voilà, y a pas le feu ! » Le Vidéophage se fige à mi-parcours. « Non mais euh… sérieusement, y’a pas le feu, hein ?! »

Un doute l’étreint. Il rebrousse chemin, attrape son ordinateur portable et se précipite dans la chambre de sa grand-mère. Il se rappelle alors qu’on est samedi, et le samedi, mamie va faire son marché de bonne heure.

 – « Au nom de la loi, ouvrez ! »

L’injonction du policier le ramène à la réalité. Il pose l’ordinateur sur le guéridon avant de déverrouiller la porte d’entrée. Derrière, il trouve un quinquagénaire engoncé tant bien que mal dans son uniforme de condé trop petit, son képi sous le bras. Et cette vieille fouine de madame Robert, en robe de chambre et bonnet de nuit, les narines frémissantes et le regard mauvais. Madame Robert, c’est la voisine du dessus. Une sacrée peau de vache, toujours collée à sa fenêtre à rouspéter, « une emmerdeuse modèle géant » comme dirait sa mamie. D’ailleurs, elle démarre au quart de tour :

 – « Tenez, c’est lui ! J’en était sûre ! De la graine de voyou, comme sa grand-mère ! Depuis qu’il est venu habiter ici, y a pas un jour sans malveillance. Un coup c’est le courrier de monsieur Dariot qui disparaît, une autre fois c’est le paillasson de l’entrée qu’on retrouve tout tourneboulé, et puis pas plus tard qu’hier, j’ai retrouvé un sceau plein d’huile de vidange dans la poubelle verte ! Arrêtez-le, monsieur l’agent, il ne mérite que…

D’un geste, le gardien de la paix met fin à la diatribe de la voisine et tente de la faire reculer.

 – « Merci madame Robert, merci pour toutes ces précisions, vous pouvez rentrer chez vous à présent. Je m’occupe de ce dangereux contrevenant. »

La veille se tait, mais ne bouge pas d’un millimètre. Le pandore se retourne alors vers le Vidéophage qu’il dévisage de la tête aux pieds. Il esquisse un sourire.

 – « Jolie, la robe…
– C’est un kimono japonais. C’est unisexe. Un peu comme la gaine que vous portez sous votre chemise… »

En un éclair, Le sourire du policier s’est effacé. Le Vidéophage dégluti.

 – « Monsieur, nous avons reçu une plainte pour des nuisances sonores. Des… (Il sort un calepin d’une poche) …’des bruits de tapement continuels et des haussements de voix incluant de nombreux jurons’, lit-il consciencieusement. Qu’avez-vous à répondre à ceci, jeune-homme… ? »

Le vidéophage reste sans voix. Madame Robert en profite :

– « Je suis sûr qu’il se disputait avec sa grand-mère pour une histoire de sous. Même que si ça se trouve, il lui a fait la peau pour toucher l’héritage. Dîtes, vous sentez cette odeur monsieur l’agent ? C’est l’odeur de la mort!
– C’est vrai qu’il y a une drôle d’odeur, monsieur, reprend le policier. Ça ne vous dérange pas si je jette un coup d’œil… ? »

Sans attendre la réponse, le gardien de la paix s’engouffre dans l’appartement, talonné par madame Robert. Humant l’air ambiant, il se rapproche de la chambre du Vidéophage et pousse la porte entrouverte. Perplexe, il marque un temps d’arrêt avant de hocher tristement la tête de gauche à droite.

– « … Faudrait aérer un peu… Et vous débarrasser des restes de repas, sinon vous allez attirer toute la faune du quartier. Et puis… (il se tourne vers le Vidéophage et faisant la grimace) … une bonne douche ne vous ferait pas de mal, mon garçon »
– C’est que, monsieur l’agent, en ce moment c’est le Festival des Maudits Films, et je dois tenir un journal sur mon blog. Les tapements, ça doit être quand j’écris sur l’ordinateur. Les insultes, c’est que quand j’écris mal, des fois, je m’enguirlande moi-même. Ma grand-mère, comme elle dort avec des boules quiès alors ça la dérange pas ; mais dès dimanche, je vais ranger ma chambre. De toute façon, il ne me reste plus qu’un article à faire demain et… Promis madame Robert, je ferai moins de bruit… »

Le policier observe alors attentivement le jeune-homme. C’est vrai qu’il ne ressemble plus à grand-chose, le pauvre : le manque de sommeil se lit sur son visage, et l’abus de caféine provoque des tremblements incontrôlés dans ses membres. Le représentant de l’ordre soupire.

– « Bon, ça ira pour cette fois. Mais que cela ne se reproduise pas, hein ?! Et pis là, faut aller dormir un peu mon vieux, sans quoi vous allez finir à l’hôpital. Allez, pas la peine de me raccompagner, je connais le chemin ! »

Faisant volte face, l’agent de police bute sur madame Robert, les mains fermement calées sur les hanches, au bord de l’explosion.

– « Vous laissez courir ? Même pas une petite amende ?! Il empêche les brave gens de dormir avec son tapage, et il s’en tire avec une simple remontrance ?! Ah mais ça ne va pas se passer comme ça, je veux voir votre supérieur ! Si vous refusez de faire respecter la loi, je vais…
– En parlant de ça, monsieur l’agent, violation de propriété privée, ça va chercher dans les combien ? »

La grand mère du Vidéophage se tient dans le couloir, son filet à provision dans une main, le courrier dans l’autre, et la mine pas commode.

– « Je ne me rappelle pas avoir invité cette morue chez moi… »

Outrée, madame Robert se retourne vers l’agent de police qui semble avoir atteint son seuil de tolérance. Il quitte l’appartement sur un « bonne journée, m’sieur dame », madame Robert sur les talons. L’appartement retrouve alors sa douce quiétude et le Vidéophage se précipite pour aider sa mamie à déballer les commissions.

– « Désolé mamie, je ferai gaffe maintenant. Tiens, le facteur est déjà passé… ?
– T’inquiètes pas, va. Nan, ça c’est le courrier qui dépassait de la boite de cette vieille bique. Ça lui apprendra les bonnes manières…
– T’es la meilleure, mamie ! »

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Maudit Journal 2013 – Day four (2/2)

 

22h – Electra Glide in blue, de James William Guercio (1973)

Chaque cinéphile a son panthéon personnel. Je ne parle pas des inévitables « classiques » qu’il faut obligatoirement aimer sous peine de n’avoir rien compris au Septième Art (rires), mais du seul cinéma qui compte vraiment : celui qui vous procure de la jouissance. On y trouve un peu de tout, depuis les films fondateurs jusqu’à ceux « qui vous regardent grandir », comme les appelait Serge Daney. Sans oublier les indéfendables, ces plaisirs coupables dont on aime avoir honte. Et puis, il y a les films magiques. On ne sait pas pourquoi, on ne sait pas comment, mais ils vous prennent par surprise au détour d’une salle obscure pour ne plus vous lâcher.
Volontairement ou non, le cinéma est le reflet de son époque. Invoquant avec maestria les genres mythiques, de la comédie au drame en passant par le polar et, forcément, le western, Electra Glide in blue annonce rien moins que la fin des temps. Notre guide, c’est un officier de police surnommé ironiquement « Big » John par ses proches – il mesure 1m52, « la même taille qu’Alan Ladd au centimètre près » comme il se plaît à le rappeler pour draguer les filles. Alors forcément, lorsqu’il prend la pose dans son uniforme rutilant à côté de sa moto de service – l’Electra Glide du titre –, le spectateur ne peut s’empêcher de sourire. Jusqu’au moment où il se rend compte que cette différence de taille, au lieu d’être un handicap, lui permet de regarder le monde sous un autre angle. Big John écume les autoroutes du Sud, dernier bastion des traditions, même si le mythe – on y revient – est bien malmené depuis quelques temps. Ça n’empêche pas le policier de s’accrocher à « son » rêve américain : devenir « detective », quitter l’uniforme et le carnet de contraventions pour le costume civil et l’indispensable Stetson du shérif moderne, celui qui s’efforce de faire respecter la loi. La découverte d’un meurtre déguisé en suicide va lui servir de tremplin ; pour son plus grand malheur. Le ton du film commence alors à changer, épousant les désillusions du personnage. L’enquête devient métaphore, on prend conscience que « l’american way of life » est morte au Vietnam, que la contre-culture n’a pas vraiment trouvé de solutions à ça. Et rien, ni personne ne sera épargné par le cataclysme. Un film sur le désenchantement, au tempo parfait. Un film de musicien, d’une mélancolie absolue, et d’une justesse terrifiante. Un film magique qui n’a pas fini de hanter ma cinéphilie.

 

Minuit – Elmer, le remue-méninges, de Frank Henenlotter (1988)

Au mois de janvier, l’obligation de sortir de la salle entre chaque séance peut relever de la torture pure et simple. Pourtant, il arrive que ce soit une excellente chose, même si le stock de vin chaud a été piraté entre temps par les spectateurs du théâtre voisin. Parce que si on ne quitte pas les Etats-unis avec le film suivant, disons que le ton est, comment dire… différent ? Ah, les années 80 ! Quelle époque bénie pour le cinéma décomplexé et le mauvais goût. Franchement, vous imaginez aujourd’hui un réalisateur débarquer devant un parterre de producteurs avec le pitch d’Elmer ?  « Bonjour mesdames, bonjour messieurs, alors voilà : je souhaiterai réaliser un film sur une espèce de parasite qui parle – et qui chante même –, et qui se nourrit de cerveaux. Pour cela, Il choisit un hôte, lui injecte une sorte de drogue hallucinogène qui le fait grave tripper et le rend totalement dépendant. En échange de sa dose quotidienne, le pauvre type doit lui procurer des victimes. Ah, et puis le parasite, il s’appellerait Elmer et il ressemblerait à un étron… ». Bienvenu dans le monde merveilleux de Frank Henenlotter, déjà responsable de l’excellent Frère de sang en 1982. De la comédie horrifique à petit budget bien crade, où de belles idées de mise en scène côtoient une direction d’acteur qui rappelle les pire séries allemandes. Une tranche de n’importe quoi hilarante, mais pas seulement. Il y a la séquence de la crise de manque, le baiser mortel dans le métro, et au final, le regard porté sur les années 80 se révèle plutôt pertinent. Une gourmandise délectable donc, qui clôt en fanfare ce qui restera pour moi la plus belle soirée du festival.

D’un point de vue plus personnel, j’ai franchi un cap psychologique important ce soir-là. Je me suis assis au premier rang. Ça n’a l’air de rien, mais il y a un monde entre le premier rang et le deuxième. Parce qu’on ne peut pas aller plus loin – à moins de se jeter sur l’écran, mais ça pourrait être mal interprété. Et bien figurez-vous que c’était trop bien ! Entre la possibilité d’étendre ses jambes et l’impossibilité technique de se faire pourrir la séance par une équipe de basket qui n’a rien trouvé de plus intelligent que de se foutre devant vous, au premier rang, parce que… on peut étendre ses jambe, que du bonheur ! Par contre, c’est totalement inefficace contre les libraires râleurs (voir photo) qui passent la séance à tripoter leurs smartphones pour partager avec une bande de rév’ailleurs les dialogues les plus cultes de la soirée. Ah, ces jeunes…

 


Fred Fromenty
Libraire râleur

 

Ce soir, je m’incline respectueusement devant : Sylvain « fuck Woody » Crobu, Fred « la chasse aux trésors, c’est bonard » Fromenty, Christophe « animal » Berthelot, Cécile, Jenny et July, Maîtresse Karel, Benjamin « ce soir, j’ai pas dormi pendant le film » Cocquenet, Sylvie « moi non plus » Piboule, Pedro « Supercopter forever » Matias, et comme d’habitude toutes celles et ceux qui s’évertuent à faire vivre ce Maudit Festival.

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Maudit Journal 2013 – Day four (1/2)

(Devant la richesse de la soirée et le manque de sommeil, je me vois contraint de scinder le compte-rendu de cette longue soirée en deux. La suite très vite…)

– Psssss…
– …
– Guillaume…
– Keskecé… ?
– Guillaume, c’est mamie…
– Murf… Keskispasse… ?
– Ben, c’est 18h…
– … Et… ?
– Mais… euh… tu vas pas au Festival ce soir… ?
– Nan, j’y vais pas. J’suis crevé, et c’est nul, j’ai déjà vu deux films sur les trois…
– Mais… c’est pas le première fois qu’ils passent des films que tu connais…
– Oui, ben là, j’ai trop pas envie d’y aller, c’est tout !
– Oh, hé, doucement les basses, jeune-homme !
– … Pardon mamie, mais c’est que… ça se passe pas trop comme je voulais…
– Y’a quelqu’un qui te fais des misères, c’est ça… ? C’est Christophe qui t’embête… ?
– Alors, déjà, t’es gentille mais je suis plus en maternelle, et puis Christophe, c’est mon pote… Non, mais euh… Pffff… C’est Karel.
– … Elle te fait des misères… ?
– Ben non, au contraire… Elle fait comme si j’étais pas là. Elle parle à plein de gens, elle rigole avec tout le monde, mais moi c’est comme si j’étais transparent… Alors ce soir, j’ai trop pas envie d’y aller.
– Bon, ben je te laisse bouder alors.
– Non mais c’est bon, quoi ! Pas la peine de me parler comme à un môme ! Et pis laisse moi dormir…

 


Karel Quistrebert
Chef des Maudits Films

 

– « GUILLAUME !!!!
– De quoi… ?
– QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE HISTOIRE ?!
– … Karel… ? Qu’est-ce que tu fais ici… ?
– Figure-toi que ta grand-mère est venue jusqu’à la salle Juliet Berto.
– … Mamie… ? Mais…
– Alors comme ça, tu ne veux pas venir parce que tu connais déjà les films, c’est ça… ?
– Euh…
– Tu vas me faire le plaisir de sauter dans ton jean, d’enfiler ton tee-shirt ‘Scorpion’ et de te rendre fissa à la salle avant que je m’énerve…
– Mais…… ?
– Comment ça, ‘mais’ ? Depuis quand tu réponds… ?
– …Pardon….
– PARDON QUI ?
– Pardon Maîtresse !
– J’aime mieux ça… »

 

20h00 – Elle s’appelait Scorpion, de Shunya Ito (1972)

Je ne sais pas lire un programme. Allez savoir pourquoi, j’étais persuadé que Karel avait programmé ce soir La femme scorpion, le premier volet de la série et le seul que je connaisse déjà. Perdu, c’était le second ! Nous retrouvons le personnage de Matsu, interprété par la sublime Meiko Kaji, qui a eu la mauvaise idée de s’en prendre au directeur de la prison dans le film précédent. Et pour se venger, il lui en fait baver, à celle que ses codétenues ont surnommé Sasori (Scorpion en japonais). Elle parviendra toutefois à s’évader avec six autres prisonnières. Si le film précédent m’avait envoûte par sa photographie baroque et la pureté de sa mise en scène, c’est au niveau du propos que celui-ci emporte le morceau. Il y a deux manières d’aborder un film d’exploitation dans les années 70. En respectant tranquillement le cahier des charges imposé par le genre, ou en le détournant pour poser un point de vue subversif sur le monde. Le réalisateur d’Elle s’appelait Scorpion va encore plus loin en faisant de ce « women in prison » un réquisitoire contre le machisme. A travers la cavale de ses sept héroïnes, Shunya Ito dresse un portrait au vitriol de la société japonaise et aborde frontalement, dans un sous-genre créé pour titiller la libido du spectateur masculin, la question de l’émancipation de la femme.
Dans le film, Matsu occupe une place totalement décalée, comme si elle était étrangère au récit. La plupart du temps, elle reste en retrait de l’action alors que tout gravite autour de son personnage, un sentiment renforcé par son mutisme – même si les chansons interprétées par l’actrice elle-même ponctuent le film. Elle semble attendre son heure. Elle attend que ses compagnons d’infortune arrivent au bout de leur cavale, qu’elles comprennent que leur émancipation ne dépend que d’elles, et ne doit pas se transformer en une simple inversion des rôles. C’est la voie que choisira pourtant Oba, un magnifique personnage d’infanticide habitée par la haine de siècles de domination patriarcale. Après le viol et le meurtre sordide de l’une d’entre elles, les évadées détournent le bus où voyageaient les coupables, fermement décidées à leur faire payer leur crime. Mais Oba, aveuglée par la rage et la frustration, finit par s’en prends aux autres passagers, ce que Matsu ne peut accepter. C’est de la société elle même – incarnée par le directeur de la prison et les matons – qu’il faut se venger, pas des gens qui la composent et qui sont victimes de leurs préjugés. Le message est limpide : remplacer une injustice par une autre n’est jamais la solution, même si cette pulsion primitive peut sembler légitime. Tout simplement magistral.

(A SUIVRE…)

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Maudit Journal 2013 – Day trois


– « ‘Tain mamie, t’as pas vu mes sandales ?
– Les affreux trucs en plastiques que tu mets pour aller à la piscine… ?
– Mais non, mes sandales en cuir !
– … Elle sont rangées en haut du placard, avec les affaires d’été. A ce propos, t’as pas l’impression qu’on est un peu en plein mois de janvier, là… ?
– Mais c’est pour la soirée péplum ! Je suis sûr que si je viens déguisé, ils ne me feront pas payer ma place.
– Tu veux dire qu’ils ne te feront pas payer la place que tu ne payeras pas de toute façon parce que tu as acheté le pass au début du Festival… ?
– … Ah zut, j’avais pas pensé à ça…
– Bougre d’âne, va ! Tiens, elles sont là tes sandales. Du coup tu n’en as plus besoin.
– Non, mais euh… passe-les moi quand même, on sait jamais. Et tu saurais où j’ai pu ranger ma jupette de lattes, aussi… ?

 

18h00 – Ahhhh, cruelle nature ! Je ne sais si c’est toi que je dois blâmer, ou bien une puissance surnaturelle et omnipotente, mais un jour ou l’autre il va falloir que quelqu’un m’explique pourquoi je suis… comme je suis. Et je ne parle pas de mon vieux dos, de ma calvitie avancée ou de ma mauvaise vue. Non, je parle de cette faiblesse de caractère qui me pousse irrémédiablement dans les bras rigolards du capitalisme. Ça fait deux jours que ça me taraude, que j’hésite douloureusement en pesant le pour (il me le faut !!!!) et le contre (j’ai pas les sous !!!!).Trois nuit que j’anesthésie ma culpabilité à coup de valium. Mais aujourd’hui, jeudi 25 janvier 2013, je n’en peux plus. Je suis passé au distributeur et me voilà rue des Bons Enfants, devant la permanence du Festival, à me dandiner d’un pied sur l’autre dans la froidure du jour qui meurt. A travers la vitrine, j’ose à peine regarder la charmante bénévole (voir photo) qui semble s’ennuyer ferme derrière le comptoir en feuilletant distraitement Les Chroniques d’un Vidéophage.

 


Morgane, courageuse bénévole

 

18h30 – Frigorifié, je me décide enfin à franchir la porte. J’essaye de dire « bonjour », mais au lieu de ça c’est une espèce de gargouillis informe qui sort du fond de ma gorge. Devant le visage perplexe de la jeune-fille, j’avale une grande goulée d’air et je me lance :

– « Bonjour mademoiselle Morgane, je m’excuse de vous déranger mais je souhaiterai faire l’acquisition d’un tee-shirt ‘Snake Plissken’ mais July n’avait plus de ‘L’ à la salle alors Christophe m’a dit de passer vous voir parce qu’il devait sûrement vous en rester à vous, des ‘L’. S’il vous plaît. Mademoiselle Morgane.
– Euh, oui…alors je regarde… En quelle taille ?
–  En ‘L’ ou en ‘XL’. Ça dépend s’ils taillent grand. S’il vous plaît.
– Alors alors… Ben non, je crois pas qu’il m’en reste dans ces tailles-là. Par contre, j’en ai encore de ‘Scorpion’.
–  Ah… Euh… des ‘Scorpion’, vous dîtes…?
– Ils sont jolis, non ?
– Faites voir un peu… ? Pfff, c’est vrai qu’ils sont pas mal… Ben je vais prendre celui-là du coup.
– En quelle taille ?
– Ben… Pfff… mettez un de chaque, pour être sûr.
– Très bien. Ça fera (BiiiiiP!) euros… Ah, il me reste aussi des ‘Snake Plissken’ ! Ils étaient cachés sous le comptoir !
– Ah… Ça m’arrange pas trop du coup, au niveau de mon compte en banque. Juste pour savoir, en quelle taille… ?
– Je regarde… en ‘L’ et en ‘XL’. Je vous en mets un de chaque ?
– … »

Au final, je suis sorti de la permanence avec six tee-shirts, 5 badges, trois affiches et 2 figurines. Et  à  peine quelques minutes pour rallier la soirée Péplum à la salle Juliet Berto, en partenariat avec la Cinémathèque de Grenoble. Salaud de capitalisme, un jour je me débarrasserai de ton influence machiavélique !

 

20h00 – Hercule à la conquête de l’Atlantide, de Vittorio Cottafavi (1961)

Je pense que l’on peut grossièrement diviser le péplum italien en deux branches. Un courant historique assez proche de ce que les américains venaient produire à Rome à la même époque, et un autre plutôt mythologique, avec ses héros musclés, ses effets spéciaux bricolés, ses couleurs baroques et pas mal d’autodérision. Cet Hercule, incarné par le sympathique Reg Park, appartient clairement à la seconde catégorie. La première séquence du film illustre parfaitement ce que les italien apportèrent au genre : dans une auberge remplie de jeunes hommes costauds et rigolards, on suit une charmante jeune-fille qui virevolte de table en table pour abreuver la clientèle. Le désir est palpable, et bientôt la serveuse se met à danser tout en continuant son service. Comme les regards masculins, la caméra ne la quitte pas des yeux. La température ambiante augmente encore un peu, et sans que l’on puisse dire exactement à quel moment, toute cette tension sexuelle accumulée s’extériorise sous la forme d’un coup de poing, et presque naturellement la danse de la fille fait place à une bagarre chorégraphiée. L’un des protagoniste harangue un personnage que la caméra n’avait pas encore accroché jusque-là. Ce n’est pas à cause de sa barbe (qui renvoie immédiatement à celle de Steve Reeves), de son charisme évident ou de sa carrure massive que l’on reconnaît le héros du film, c’est à son attitude : tout le monde se met allègrement sur la tronche dans une débauche de mouvements et d’énergie alors que lui finit tranquillement son repas, presque au ralenti. En moins de dix minutes, nous avons eu droit au culte du corps, qu’ils soit érotique (la danse de la fille) ou sportif (les hommes se battent comme des gymnastes), à la violence, et à la caractérisation du héros par sa différence et son détachement des affaires du commun des mortels. Pendant toute la première partie du film, c’est comme si Hercule ne se sentait pas vraiment concerné par le scénario. Il passe son temps à… dormir, manger et picoler. C’est quand le surnaturel fait son apparition qu’il entrera enfin en mouvement, mais sans jamais que l’on doute de sa réussite. Hercule est le fils de Zeus, il ne peut donc pas échouer. Bon, d’accord, l’histoire tournant autour de l’Atlantide on se doute un peu que les méchants vont finir sous un cataclysme, mais tout de même ! Un film très attachant donc, que l’on peut classer sans hésitation dans les meilleurs du genre.

 

22h00 – Les légions de Cléopâtre, de Vittorio Cottafavi (1959)

Allez, j’avoue tout et on n’en parle plus. J’ai du mal avec les péplums qui se prennent au sérieux. Ils renferment un tas de choses que j’apprécie, mais ils traînent un je-ne-sais-quoi d’un peu prétentieux qui m’a toujours fait tiquer. Autant je raffole des histoires de pirates ou de cape et d’épée « à l’italienne », autant les péripéties des grands noms de l’antiquité me laissent froid. Et plus le film se prend au sérieux, plus je sens monter l’ennui. C’est exactement ce que j’ai ressenti avec ces Légions de Cléopâtre. Comme si je me retrouvais devant une version allégée du célèbre film de Mankiewicz avec Liz Taylor, mais avec un budget trop léger en regard des ambitions affichées. La grande bataille finale fait peine à voir, avec une dizaine de fantassins mal dirigés et des cavaliers romains qui chargent comme des indiens de western. Il y a tout de même des choses à sauver, en particulier un jeu de dupes assez original entre une Cléopâtre qui se fait passer pour une danseuse exotique afin d’échapper de temps à autres au poids de son rang, et un général romain en mission secrète, qui lui se fait passer pour un gladiateur grec sans le sous. Ils vont vivre une étrange histoire d’amour aussi sincère qu’illusoire, car vécue par les personnalités qu’ils se sont inventés. Une belle idée qui, malheureusement, ne pèsera pas bien lourd face à la seconde moitié du film, sans la moindre originalité à se mettre sous la dent. Il aurait peut-être été judicieux d’inverser l’ordre de diffusion, et de garder ce cabotin d’Hercule pour la deuxième partie de soirée.

 

Le saviez-vous ?
Cher lecteur, les films de ce soir avaient trois points communs : Leur réalisateur, Vittorio Cottafavi, l’acteur de petite taille Salvatore Furnari, particulièrement attachant même si son personnage des Légions était muet, et un net penchant des protagonistes à sombrer dans les bras de Morphée. Sauf que d’un film à l’autre, nos dormeurs invétérés ont traversé l’écran ! Mention spéciale au professeur Benjamin Cocquenet (notre photo), échappé de la compétition parce que, je le cite : « Merde, un péplum sur grand écran, je pouvais pas rater ça ». Vingt minutes après le lancement du film, il ronflait comme un bienheureux, empêchant au passage votre serviteur de piquer du nez lui aussi. Rien que pour cela, cher confrère, c’est toi qui paye les cafés demain ! Ouhla, c’est pas tout ça mais demain soir, on se mange trois films alors faut recharger les batteries… Zou, au plume, comme dirait ma grand-mère.

 


Benjamin Cocquenet
Péplumophile convaincu

 

Ami(e)s du jour, ce post vous est dédié : Loïc « Shining m’a tuer » Chemin, Morgane la fée de la rue des Bons Enfants, les membres valeureux du C.C.C. qui assurent comme des chefs, Sylvain « si j’attrape le sagouin qui a piqué mon câble je le biiiiiiiiiiiip ! » Crobu, Karel « Snake for président » Quistrebert, Cécile, July, Christophe « demain je vais tous me les faire… deux fois ! » Berthelot, les étranges filmeurs du festival qui espionnent aussi bien les directeurs de Cinémathèque… que les blocs de sécurité de la salle, Benjamin « ZZZZZZ… » Cocquenet, Sylvie « zzzzzz… » Piboule, et toutes et tous les maudits spectateurs.

Be seeing you

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Maudit Journal 2013 – Day two

19h45 – Pas mal de monde agglutiné devant le passage du palais de justice. Je repère Sylvain, le projectionniste émérite du Festival, et ont se met naturellement à parler boutique… « Ah, le numérique tue le métier. Au moins, quand on a une merde en 35, on sait d’où ça vient », etc.. Professeur Laurent, cinéphile passionné et passionnant, est venu également en simple spectateur. A peine le temps de lorgner sur la marmite de vin chaud qui frémit derrière le bar que l’équipe du C.C.C.* Sonne le rappel. Nous délaissons la froidure hivernal pour nous engouffrer docilement dans la salle. On y croise le noyau dur du festival, Christophe qui me glisse discrètement que je suis le seul à avoir compris sa vraie nature, Cécile qui a droit à mes plus plates excuses pour avoir oublié son prénom hier, July, la charmante ouvreuse (voir photo) qui me passe un savon pour n’avoir pas mis le Festival en couverture du fanzine, et l’incontournable Karel qui arbore fièrement un étrange tee-shirt créé spécialement pour l’occasion. La salle est à nouveau bien remplie, avec du jeune, du vieux, de l’habitué et de l’occasionnel. Un public de choix pour une soirée exceptionnelle placée sous le signe de Tod Browning et de la censure…


July, la charmante ouvreuse

 

20h00 – Le Mystère du Poisson Volant, de John Emerson (1916)

Attention, ce film contient une liberté de ton et des morceaux de n’importe quoi fortement conseillés pour votre santé cinéphilique. Rendez-vous compte : on y fume, on y boit, on y prend des syrettes de morphine pour retrouver le sourire, on envoie des pleines poignées de cocaïne au visage des méchants pour calmer leurs ardeurs, le grand méchant dort sur un tas de billets, la police est une fine équipe de bras cassés incompétent qui passe la moitié du film à tourner autour d’un rond-point… Une espèce de délire iconoclaste sous couvert de pastiche de Sherlock Holmes totalement jubilatoire, et dont le twist final est à tomber par terre lorsqu’on connaît un peu son histoire hollywoodienne. Parce que derrière ce petit film foutraque, on retrouve Tod Browning au scénario, et l’immense Douglas Fairbanks devant la caméra. Ah, je vois une main qui se lève dans le fond… Oui mademoiselle ? Non non, par d’erreur. C’est bien un film américain produit à Hollywood. Et oui, il fut une époque où ce genre de délires était possible. C’était avant 1934 et le terrible code Hays qui allait censurer drastiquement les productions américaines jusqu’en 1966. Le tout chapeauté par les studios eux-mêmes, au nom de la défense des valeurs morales du spectateur (!!!). Fini la nudité, fini les méchants sympathiques, fini la dépravation. Vive la famille, la morale religieuse (il fut rédigé par deux ecclésiastiques d’ailleurs) et le politiquement correct. Une page était tournée, et les réalisateurs durent rivaliser d’ingéniosité pour faire passer leurs idées joyeusement subversives au nez et à la barde du comité de censure. Mais c’est une autre histoire que je vous conterai un jour si vous êtes sages. D’ici-là, jetez-vous sur ce poison-volant restauré avec amour par les petits gars de Lobster Films. Pour les pressés, il est tombé dans le domaine public, et il vous suffira d’un moteur de recherche et d’un modem un peu plus performant que celui de ma mamie pour vous en délecter…


20h30 – Les poupées du Diable, de Tod Browning (1936)

Lavond, un sympathique banquier (?), s’est fait roulé par ses trois associés qui lui ont collé un meurtre sur le dos. Après 17 ans de prison, il parvient à s’évader avec Marcel, un savant fou d’une naïveté confondante qui a mis au point une technique imparable pour résoudre la faim dans le monde : réduire la taille des gens pour qu’il mangent moins. Seul bémol, les sujets d’expérimentation perdent leur libre arbitre au cours de l’opération et doivent être « commandés » par un tiers. Marcel terrassé par une crise cardiaque, Lavond décide de poursuivre ses travaux avec l’aide de Malita, l’assistante boiteuse du professeur foldingue. Mais c’est plus pour se venger des salauds de banquiers (ah !) qui l’ont collé au violon que pour rendre service à l’humanité.
Après le délire absolu du film précédent, changement radical de tonalité. Ces Poupées du diable ont été réalisées après la mise en place du code Hays, et ça se sent. On doit à Tod Browning deux des plus grands chefs-d’oeuvre du cinéma fantastique : Dracula (1921) et Freaks, la monstrueuse parade (1932). Les monstres, les difformes, les cabossés de la vie, les laissés pour comptes de la la société normative, Browning leur a toujours voué un respect et un amour immodéré. Hélas, la censure nouvellement instaurée ne pouvait laisser passer de tels penchants. Fatigué, le réalisateur tourna définitivement le dos aux plateaux de tournage en 1939. Le film de ce soir, proposé dans la superbe version restaurée par Carlotta en 2009, est assez surprenant dans sa construction. On a d’un côté du fantastique dans la grande tradition du genre, de l’autre du mélodrame sirupeux, le tout assaisonné d’une pincée de film noir. C’est Lionel Barymore – Lavond – qui sert de passerelle entre ces trois ambiances, mais son personnage est raté, ballotté entre différents registres sans jamais vraiment convaincre. La partie fantastique du film est par contre très réussie, avec des effets spéciaux remarquables pour l’époque – mélange d’images incrustées et de décors agrandis – et  distille une ambiance particulièrement glauque. La partie mélo est plus indigeste, même si le réalisateur « joue le jeu » et la traite avec un certain respect – le personnage de la fille de Lavond, interprété par la talentueuse Maureen O’Sullivan, est très réussi. Quand à la partie « film noir », c’est un dommage collatéral au code Hays qui impose qu’un gentil qui se venge, même si il a toutes les raisons de le faire, n’ait pas le droit de sortir indemne d’un scénario qui, du coup, perd beaucoup en crédibilité.

Le petit plus de la soirée, au delà de la discussion avec l’équipe du C.C.C. qui suivit le film, c’est à l’ami Sylvain (voir photo) qu’on le doit. Sans doute par nostalgie, ou simplement pour illustrer notre discussion d’avant-séance, il nous offrit bien malgré lui le spectacle fascinant d’une image qui se consume à l’écran. Il a réagit au quart de tour à cet impondérable pélliculaire, en grand professionnel qu’il est. Croyez-le ou non, j’ai ressentit comme une bouffée de nostalgie, voire une pointe de jalousie en le regardant s’affairer en cabine pour couper, coller, recharger, etc. Il y a des jours où je hais le numérique…


Sylvain Crobu, Projectionniste exemplaire

 

Nous voici arrivé au terme de cette soirée, et de cet article long comme un jour sans pain. Enfin, pas tout à fait au terme puisque nous avons logiquement fini au bar en attendant le dernier tramway. L’ami Christophe (voir photo) en avait gros sur la patate.

– « Tu peux pas comprendre, Guillaume. Je me suis senti… tellement inutile ce soir. Les gens me regardaient avec mon petit panier et… et… ils me souriaient ! A moi !!!
– Allons, allons, c’est pas si grave. Tu te rattraperas demain…
– Oui mais là, j’avais réussi à instaurer un rapport privilégié avec les spectateurs… Tout est à refaire…
– Mais pense à vendredi, Christophe ! Demain, tu les vires une fois entre les deux péplums, histoire de leur rappeler comment ça fonctionne, mais vendredi… c’est trois films !
– Trois films… ? Ça veut dire que je vais pouvoir les virer… deux fois ?!
– Ben oui mon Totophe ! Et tu me fais ça propre, hein, je compte sur toi ! Si tu veux, je peux même faire le gars qui râle, comme ça tu m’attrape par le col pour me jarter de la salle manu-militari…
– Tu… tu ferais ça pour moi… ? Toi t’es un pote ! Allez, j’t’offre un demi pour la peine…
– Euh… vite fait alors, j’ai de la route pour rentrer, et un article à écrire…»


Christophe « The Beast » Berthelot

 

Merci à Karel « the boss » Quistrebert, Christophe « the beast » Berthelot, Cécile dont je n’oublierai plus jamais le prénom, promis-juré, Jenny la gentille et July la méchante, Sylvain « the master » Crobu, Laurent « Big Red One forever » Huyart, Zabulette, Karinette, Célinette, Alexandrette, Pédroette (ah, ça marche moins, là), et spéciale dédicace au jury de la Nouvelle Star devant laquelle je vais m’écrouler en attendant la reprise des hostilités ce soir…

Be Seeing you

* Le Centre Culturel Cinématographique, c’est le ciné-club historique de Grenoble qui vous régale chaque mercredi en revisitant l’histoire du septième art. Je dis : « vous régale » parce que 99% des séances ont lieu le mercredi soir. Et le mercredi soir, il y a 99% de chances qu’un projectionniste travaille… Grrrr…

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Maudit Journal 2013 – Interlude…

Pas évident de sortir du pageot aujourd’hui, et je dois dire que c’est un peu à cause de toi, cher journal. Euh… en fait c’est carrément de ta faute, ouais ! Moi qui voulait juste poser deux, trois idées avant de me coucher, histoire de gagner du temps, pas moyen de lâcher le clavier avant d’avoir fini l’article… La conscience professionnelle, c’est un peu comme un film roumain, c’est beau… mais c’est chiant.
Résultat des courses, levé à 13h30, les trous pas vraiment en face des yeux, à peine le temps d’avaler un café et de boire une tartine – ou l’inverse, je ne sais plus trop –, de claquer un bécot à mamie et hop ! Direction le cabinet de Maurizio. Ah là là, je ne sais plus si c’est Jean-Claude Van Damme ou le Général de Gaule qui disait que la vieillesse est un naufrage, force est de constater que plus on avance dans la vie, plus c’est dur de pédaler. Celle-là, elle est de mon kiné. Et pendant qu’il remet mon vieux dos en état, il aime bien tailler le bout de gras, Maurizio.

– « Alors, c’est cette sémaine qué votre Festival des Films Damnés commence, si ?
– Le Festival des Maudits Films, Maurizio. Et oui, ça a démarré hier soir. C’est normal que ça sente le graillon dans votre cabinet ?
– C’est Madame Robert, elle s’est encore endormie contre la lampe à ouvé cé matin. J’ai aéré mais ça sent encore un peu. Et vous y rétournez cé soir, si ?
– Hé oui, j’ai signé pour toute la semaine… Un peu plus haut, sur la gauche… Encore un peu… Oh oui, juste là… Maurizio, vous avez de l’or au bout des doigts…
– Merci. Dommage qué cé soit pas sour mon compte en banque, qué j’ai dé l’or… Du coup, vous zavé pu tout voir ?
– Ben non, c’est le problème. Fallait faire un choix. Mais c’est pas grave, ma grand-mère à enregistré la compétition pendant que j’étais à la rétrospective, et je vais pouvoir me regarder ça tranquillement cette après-midi avant la soirée Tod Browning…
– Mais, c’est pas interdit d’enregistrer sour l’écran comme ça ? Jé croyais qu’avec votre métier, vous sériez ploutôt contre…
– Moi, contre ?! Ah ben non, au contraire ! C’est devenu un peu plus compliqué de nos jours mais franchement, ça se fait bien ! Et pis ma mamie, c’est une spécialiste depuis le temps… Elle passe son temps à écumer le programme pour enregistrer tout et n’importe quoi…
– Alors là, jé souis vraiment surpris. Tournez la tête à gauche…
– Après, je me demande… Aïe ! Ça tire un peu là… Oui, comme ça, c’est mieux… Je me demande si ça vaut la peine de regarder… Il manque la fin, et puis je connais le résultat…
– On va s’occoupé des lombaires maintenant. Allongez-vous sour lé ventre… Vous voulez-dire qué c’est truqué ?!
– Sans aller jusque là, on les connaît les spectateurs, ils font là où on leur dit de faire. Et cette année le jury est impitoyable.
– Mais c’était pas lé premier soir de compétition… ?
– Ben non, Maurizio, faut suivre ! Vous penserez-bien à me rendre mes radios, j’en aurai besoin pour le scanner du 28…. C’était le second prime !!! Et pis de toute façon, je l’aimais pas Timothée… Avec son sourire de curé pédophile et ses cheveux coiffés style décoiffé…
– … Mais vous parlez pas dé la compétition dé films au cinéma le Cloub… ?
– Mais non ! Je parlais de la Nouvelle Star ! Mais mamie à pris une 120 au lieu d’une 180 minutes, alors avec la pub je suis marron… J’espère au moins qu’il y aura la chanson de Philippe…
– Jé crois qu’on va arrêté là pour aujourd’hui. On sé revoit la semaine prochaine, même heure ?
– Merci Maurizio… Dîtes, vous ne l’auriez pas magnétoscopée, par hasard… ?
– Non, ça fait longtemps qué jé n’ai plous de magnétoscope. Moi jé la régarde sour internet, ils mettent en ligne dès qué c’est fini.
– Pfff…Je sais bien, mais ma grand-mère a encore son vieux forfait Wanadoo 10h, avec un modem 56K. Ça rame déjà pour charger des photos, alors de la vidéo, vous pensez… Allez, à mercredi prochain ! »

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Le saviez-vous?

Chers administrés, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer. On va commencer par la mauvaise… qui ne l’est pas tant que ça pour votre serviteur : vous ne pouvez plus commander le premier numéro sur le blog, parce que les derniers exemplaires que j’ai en stock vont partir au Festival des Maudits Films. Côté boutiques, j’ai peur qu’il n’en reste plus chez Sin’Art et Omerveilles. Restent – à priori – Movies 2000, la Kawaii shop, les Films de la Gorgone, le kiosque de la liberté.
La bonne nouvelle, c’est qu’il y aura un retirage papier à la sortie du second numéro qui aura lieu… euh… courant 2013 (voilà ce qui s’appelle ne pas prendre de risques). Et j’en profiterai pour mettre une version pdf du n°1 en téléchargement, parce que j’ai un sens aigu du commerce, na !

Pour être au courant des nouveaux articles du blog qui mine de rien s’étoffe chaque jour (comme quoi, tout peut arriver), et de tout un tas de choses très importantes de la vie du Vidéophage, n’oubliez pas l’entreprise totalement désintéressée de Mark Z.

SI TU AIMES LE BLOG, AIMES LA PAGE FESSE BOUC DES CHRONIQUES !!!

Vous pouvez à présent reprendre une activité normale

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Maudit Journal 2013 – Day one

6h00 – Pour être sûr d’avoir une bonne place, j’ai décidé de passer la nuit sous le passage du palais de justice, avec mon duvet, un thermos de yoggi tea et l’intégrale d’Indochine dans mon lecteur MP3. Sauf que le Festival démarrait à 19h et pas à 9h comme je croyais l’avoir lu. En plus, je me suis fait piqué mon iPod mini 1 Go rose et j’ai été réveillé par un caniche qui m’a pris pour un réverbère. Dur.

18h00 – Suite à ce faux-pas, je suis rentré chez moi, c’est à dire dans le T1 que ma mamie veut bien me sous-louer dans son appartement. Objectif n°1 : établir un plan de bataille parce que cette année il y a des choix cornéliens à faire. En parallèle à la traditionnelle rétrospective à la salle Juliet Berto se déroulera une compétition officielle dans un autre cinéma grenoblois. Il va falloir jongler entre les films récents en numérique encore inédits et un assortiment de vieilles pelloches qui craquent et qui sautillent dans le couloir de projection. Vraiment, ça va être dur de choisir…

18h15 – Vérification du matériel de combat avant de décoller : lampe frontale, check. Bouteille d’eau, check. Dafalgan-codéiné, check. Appareil photo, check. Casse-croûte, check. Maudit pass, check. Quelques n°1 des Chroniques d’un Vidéophage, check. Direction le tram, la ville, la vie !

18h45 – Arrivée devant la salle. Penser à recharger la batterie de l’appareil photo la prochaine fois. Du coup, je suis contraint de chiper des photos sur le net pour illustrer cet article. Les plus ressemblantes possible, cela va de soi. On croise deux types de personnes devant la salle : les pressés et les perdus. Les premiers font partie de la courageuse équipe de bénévoles qui va tout mettre en œuvre pour nous satisfaire ; les autres sont soit des spectateurs, soit des intervenants. Je sens monter en moi une bouffée de plénitude : on y est, et je me sens comme chez-moi !

18h55 – Maîtr… euh… Karel, la déléguée générale et chef suprême des Maudits Films apparaît enfin (voir photo). Mon petit cœur se serre très fort lorsqu’elle pose le regard sur ma misérable personne. Elle sourit, je rougis… Je constate avec plaisir que l’expérience que nous avons partagé l’année dernière a laissé des traces. Pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus, je vous conseille l’excellent dossier que j’ai consacré à l’édition précédente dans le n°1 que vous pouvez command… ah, notre comptable me fait signe qu’on ne peut plus les commander sur le site. Il n’y en aurai plus qu’une demi-poignée qui pourraient faire l’objet d’une vente aux enchères demain soir. C’est en pourparlers avec la direction du festival…


Karel, déléguée générale du Festival

 

19h00 – Aspects mythologiques du héros dans l’oeuvre de John Carpenter, par Benjamin Cocquenet (voir photo), éminent critique pour Culturopoing.com. Et ancien compagnon de galère cinématographique que j’ai eu l’immense plaisir de retrouver ce soir. Si le Vidéophage est ce qu’il est, c’est un peu grâce à ce garçon. Et non, je ne te rendrai pas la VHS de Mario Bava !
Une saine révision avant d’attaquer la soirée consacrée à Snake Plissken, avec du contenu solide, des preuves par l’image et une maîtrise parfaite de l’exercice oral. Et ne compte pas non plus sur moi pour te rendre le Craignos Monster de JPP, fallait pas l’oublier chez moi il y a 10 piges !


Professeur Benjamin Cocquenet

 

20h00 : Escape from New York, de John Carpenter (1981)
Mais quel bonheur de revoir ce film tout simplement génial, en 35mm, sur grand écran et en VOST s’il vous plaît ! Et quel plaisir de le faire dans une salle bien remplie ! On a déjà tout dit sur ce monument de la série B que je n’avais pas eu l’occasion de revoir depuis l’époque bénie du Laserdisc. C’est un peu comme si je retrouvais un vieil oncle après plusieurs années. Sauf qu’il a pas pris une ride, lui. Et ce fut particulièrement grisant de se laisser surprendre par un détail, un acteur ou un plan qui nous avait échappé jusque ici. Si il ne fallait en retenir qu’un, ce serait un slogan tagué sur un mur : « Give blood, not birth ». Que celles et ceux qui comprennent la langue traduisent pour leurs petits camarades….

21h45 – Christophe Berthelot (voir photo) est d’ordinaire un charmant garçon. Si si, je vous jure. C’est juste qu’à la fin de chaque séance, il va se mettre le public à dos en jetant tout le monde dans la neige et le froid. Même ceux qui ont leurs places pour le film suivant. Faut pas lui en vouloir, c’est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu’un le fasse. Et ça arrange bien les fumeurs qui peuvent s’en griller une petite comme l’ami Kurt Russell. Sauf que moi, j’ai arrêté depuis 5 ans…


Christophe « Pitt Bull » Berthelot

 

22h00 – Escape from L.A., de John Carpenter (1996)
Comme l’un de ses modèles, l’immense Howard Hawks, Carpenter part du principe que lorsqu’on tient une bonne histoire, pourquoi ne pas la décliner plusieurs fois ? Ainsi, le réalisateur de Rio Bravo remis deux fois le couvert avec El Dorado puis Rio Lobo, les trois avec John Wayne. Et bien Big John, lui, nous propose la suite / remake de Escape from NY une quinzaine d’années plus tard, toujours avec cette vieille baderne de Kurt Russell. Et toujours avec la même hargne vis-à-vis d’une Amérique de plus en plus intolérante et puritaine. Si le spectateur pouvait encore avoir un doute dans le premier film, il est évident ici que la prison, c’est les Etats-Unis, pas cette vieille catin de L.A. dont les travers sont exacerbés depuis qu’elle est livrée à elle même. Le principal défaut du film, c’est paradoxalement qu’il fut doté d’un budget confortable pour l’époque, et que les mate-paintings et les maquettes de « l’original » font place aux images de synthèses et aux décors un peu trop démesurés. Et l’ensemble a pris un sacré coup de vieux. Pendant les trois-quart du film, on s’amuse des clins d’œils et des relectures de scènes cultes – la mort totalement aléatoire du personnage féminin, Bruce Campell en chirurgien fou, la partie de basket qui remplace le combat dans l’arène – mais c’est dans son dernier quart que le film explose, jusqu’à cette séquence finale où Snake éteint littéralement le monde avec une télécommande, s’allume un cigarillo avec une grimace de plaisir et balance face caméra au spectateur le sublime « welcome to the human race ». J’en ai eu des frissons partout ! Et encore une fois, du 35mm en VOST. Merci le Festival !

Je vous parlerai bien du film projeté en compétition, mais il est 3h00 du matin. On verra ça demain ! D’ici-là, un merci / coucou / spécial dédicace à : Fred le comptable, Maîtresse Karel, l’incontournable Jenny, Professeur Benjamin, Sylvain le projectionniste qui assure grave, Pédro l’incollable sur Rémy sans famille, Gaby qui, comme moi, n’a pas pu s’empêcher de tiquer lorsque Ludivine et Sylvie trouvaient que Kurt avait pris grave du bide entre les deux films, Karine la coquine, Céline la… euh… coquine, ça rime aussi, le « méchant » Christophe, les fidèles qui comme moi vont se manger un maximum de séances, et (je suis désolé mais je me rappelle plus ton prénom c’est moche de vieillir) qui se reconnaîtra lorsque je lui dirai que c’est une affaire de volonté.

Allez, zou ! Un valium et au lit ! Be seeing you

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