Maudit Journal – Day One

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Mais que s’est-il passé lundi ? Vous le saurez plus tard. Dans la vie, faut faire des choix et connaître ses limites. Et avec mes squatteurs mexicains, j’ai revoir mon quota de sommeil à la baisseAh oui, du coup j’héberge deux catcheurs mexicains pour la durée du festival. Et bonne nouvelle, j’ai enfin réussi à me débarrasser de Kévin le collégien. Allez, j’ai assez teasé comme ça, vous en saurez plus après la fin du festival. Passons directement à la première journée « officielle » des Maudits Films !

18h00 – Chop, de Trent Haaga (2011)

AFF CHOPAh, Le Club ! Son hall jaune, son projectionniste chafouin et ses salles à peu près grandes comme mon salon. Pour la compétition officielle, c’est ici que ça se passe et c’est un François Cau tout juste sorti de prison (voir photo) qui chapeaute tout ça. Pas beaucoup de monde malheureusement pour le coup d’envoi des réjouissances. On a bien essayé de récupérer une partie du public venus pour le Festival Télérama mais rien n’y a fait. Son coriaces, les vieux Au menu, une production étasunienne qui fleure bon le politiquement incorrect, dont le manque de moyens était compensé par une sincérité à toute épreuve et des acteurs en grande forme. Normal, le réalisateur sort de l’écurie Trauma et en a profité pour débaucher l’inoubliable interprète de Tromeo et Juliette au passage. Et ils accouchent d’une véritable bête de concours pour festivals. L’histoire ? Lance est un ancien junky qui s’efforce d’oublier son passé sulfureux. Manque de bol, un type complètement taré s’acharne méticuleusement à lui pourrir la vie, en souvenir du « bon vieux temps »Alors oui, le film court parfois laborieusement après sa chute et avec son twist final inutile, on aura sans doutes du mal à le revoir une seconde fois. Côté casting, c’est assez inégal et ça cabotine grave, d’accord. Mais ce qui rend Chop attachant, c’est qu’il réussi régulièrement à relancer sa machine scénaristique avec une belle énergie là où d’autres films du même tonneau choisissent souvent la facilité. Soyons honnêtes, ça n’est pas le film de l’année – il n’en a d’ailleurs jamais la prétention, et c’est tant mieux –, mais on passe un excellent moment et finalement c’est tout ce qu’on lui demande.

François Cau

François Cau

 

19h45, coulisses de la salle Juliet Berto

« Non, non et non Sophie, il est hors de question que je fasse ça. J’ai ma fierté, merde !
Dis-donc, tu veux que j’appelle Karel pour voir ?!
Ben oui, pourquoi pas, parce que je veux bien coller des affiches au petit matin ou héberger des catcheurs mexicains en goguette, mais il y a des limites respecter !
Tu vas pas faire ta pleureuse pour une paire de bas résilles et un panier en osier, quand même ? Je t’ai dit qu’on était pris de court aujourd’hui !
C’est pas ma faute si la charmante ouvreuse vous a lâché ! Et pis avec la bande de filles qui bénévolisent au festival, vous avez pas trouvé plus sexy que moi ?
Eh mec, c’est soirée girly, alors les jolies bénévoles elles font relâche et elles profitent des films pendant que les mâles dans ton genre turbinent. À moins que t’ai bien caché ton jeu. T‘es pas une fille, des fois ?
Ben non !
Alors tu m’enfile cette perruque et tu files en salle. Je te rappelle que c’est avec les produits dérivés qu’on fait notre marge.
PffffHeureusement que mamie est partie pour la semaine. Mais Christophe a pas intérêt à prendre des photos ! Au fait, pas mal ta nouvelle coupe.
Merci, ça réveille mon côté lionne. Attends, y a ton rouge qui déborde. Allez, en piste ! »

 

SOIRÉE GIRLY À LA SALLE JULIET BERTO

20h00 – Belgian Psycho, de Katia Olivier

Belgian Psycho« Chère Katia (voir photo),

J’aime beaucoup ce que vous faites, et à l’image de la chef des Maudits Films vous dégagez une certaine forme d’autoritarisme qui est loin de me laisser indifférent. Sans parler de vos chaussures. Aheum. Pour en revenir à des considération plus cinématographiques, j‘aime aussi votre énergie, votre colère, votre actrice principale on ne se refait pas –, l‘agencement des séquences et la mise en abîme finale de Belgian Psycho. Non mais honnêtement, que celles et ceux qui n’ont jamais eu envie d’étrangler les cuistres qui vous pourrissent les génériques de fin avec leurs commentaires existentiello-cinéphiliques à la con me jettent la première pierre ! Par contre j’aime bien les frères Dardenne – en tout cas ceux de Rosettaet j’espère sincèrement que cela ne va pas nuire à notre relation. D’un autre côté, je comprends parfaitement qu‘en tant que réalisatrice belge ça vous gonfle de voir votre identité cinématographique nationale réduite à leurs films.
Vous
aimez taper là ou ça fait mal, et cette détermination compense largement quelques imperfections imputables à un budget étriqué et à un montage manquant parfois de précision. Maintenant, passons aux choses sérieuses si vous le voulez bien : sans vous commander, je voudrai à présent une vraie proposition de cinéma, si possible sous la forme d’un long-métrage, si possible avec de belles actrices comme mademoiselle Naila Ma que j‘aime bien – je ne sais plus si je vous l’avais dit. Voilà.
Je me tiens à votre entière disposition pour
Euh, je me tiens à votre entière disposition, donc.

Bien cordialement, le Vidéophage »

Katia

Katia Olivier

 

20h15 – Cryin’ de Amy Heckerling (1993)

Alors d’abord, je trouve proprement hallucinant qu’il existe des vidéo-clips sur support 35mm ! Cette parenthèse professionnelle close, Cryin’ est un morceau des vétérans d’Aerosmith, le groupe au chanteur qui ressemble à Mick Jagger et au guitariste qui ressemble à Slash (à l’intention des non-métallisants, c’est une blague puisqu’en vrai, c’est l’inverse : l’ex-guitariste des Guns a calqué son look sur Joe Perry (voir photo) qu’il vénère). Cette parenthèse parfaitement inutile close, disons pour être poli que musicalement, ça n’est pas la période la plus intéressante du groupe – qui racolait les midinettes à coups de slows dans ce genre. Que voulez-vous ma bonne dame, arrivé à un certain âge il faut penser à mettre des sous à gauche pour la retraite. Toutefois, le clip est assez hallucinant. Au niveau du casting déjà, entre les futur-ex-has-been Alicia « Batgirl m’a tuer » Silverstone et Stephen « Sofia Coppola m’a sauver » Dorff etet… Joss Holoway ! Comme j’suis trop fier de l’avoir repéré alors que je déteste Lost ! Aheum. En tout cas, le scénario est bien sympathique, on comprend sans peine qu’il ait tapée dans l’œil de Karel. À moins quelle ne l’ait choisi pour les lèvres hypertrophiées du papa de Liv, le piercing d’Alicia ou les riffs endiablés de la plus belle touffe de cheveux du Hard-FM eighties. Allez savoir…

Joe Perry

Joe Perry… ou Slash, allez savoir

 

20h30 – Perdita Durango, d’Alex de la Iglesia (1997)

Perdita afficheAy ay caramba ! Quelle belle découverte que ce long-métrage tournée entre le Mexique et les States par le réalisateur de Balada Triste ! La bomba Rosie Perez y incarne un de ces personnages féminin que j’adore : fière, indépendante, cruelle, sensible, et en guerre ouverte contre la société machiste qui domine le monde. L‘exact opposé de ce qu’Hollywood nous inflige à longueur de comédies romantiques sirupeuses. Pas étonnant de la voir s’accoquiner à Romeo, un bad boy sexy adepte de la Santeria caribéenne incarné par un Javier Bardem très convainquant malgré sa coupe de cheveux improbable – sa marque de fabrique ? Grain de sable dans le périple d’amour et de mort du couple infernal, l’agent Willie Dumas – James Gandolfini, le regretté Tony Soprano de la série éponyme – ne les lâche pas d’une semelle et ronge son frein en attendant son heure. Et nous voilà partis dans un road movie foutraque et passionnant où les moments de bravoure s’enchaînent avec maestria. Et en prime une belle critique de lamerican way of life, le destin des deux anti-héros s’emmêlant avec celui d’un jeune couple de gringos enlevés en début de film. Par une succession de coups de pot assez hallucinants – d’ailleurs, les enjeux narratifs du film sont continuellement bousculés par ce coquin de sort –, ils vont finir contre toute attente par changer leur vision du monde au contact rugueux du duo infernal. D’ados puceaux insipides et formatés, ils deviennent en fin de parcours des adultes sexués. C’est peut-être ça, la belle leçon de ce film construit volontairement le cul entre deux cultures, si vous mee pardonnez l’expression : on gagne toujours à se frotter aux autres. Respectant les codes du genre, l’aventure va se terminer tragiquement pour le ténébreux Romeo. Perdita, elle, quitte le film comme une cow-girl, dans le soleil couchant artificiel de Las Vegas. Magnifique !

 

23h00 – Les Furious Soundtracks mettent le feu à la bobine !

Mais qui se cache derrière les énigmatiques masques de catcheurs mexicains de Furious Soudtracks (voir photo) ? Moi je sais, moi je sais ! Et non, je ne cafterai pas. J’ai promis. Tout au long d’un set endiablé dont votre serviteur a malheureusement manqué une grande partie, Ben et Rico – Ah merde, j‘ai cafté du coup – ont enflammé le dancefloor de la bobine, lieu bien connu des grenoblois amateurs de gros son et de mecs bourrés. Mixant dans un amateurisme totalement assumé et absolument non-péjoratif musique groovy issue des meilleures B.O. d’exploitation et extraits de films empruntés au glorieux patrimoine horrifico-érotico-psychédélico-bisseux mondial, les deux canailles masquées en ont collé plein les mirettes et les esgourdes aux étudiant(e)s en goguette. Seuls accrocs de cet after furibard : j’ai réussi à rater les courbes inimitable de mon Edwige Fenech adorée sur l’écran de projection, et les mexicains normands ont un peu de mal avec le bourbon. Damned !

 

Richard (qui porte un masque de catcheur) et Benjamin (qui est torse-nu. Et deux amis.

Richard (qui porte un masque de catcheur) et Benjamin (qui est torse nu). Et deux amis.

Spéciale dédicace à : Christophe « The Beast » Berthelot, François « Danny Boon m’a tuer » Cau, Jenny la gardienne des clefs, Karel « Steven Tyler rocks ! » Quistrebert, aux pétillantes Claire et Sophie (Barba-papa et Mini-mars pour les intimes), et à toutes l’équipe des Maudits. A la petite bande du quatrième rang (Raymonde, Sylvie, Ludi, Gilles et sa moitié), à mes girls du dernier rang (Zabulette, Karinette et surtout Célinette qui m’a soutenu à La bobinette), aux courageux du premier rang, the place to be cette année, à Ben & Rico, mes catcheurs mexicains préférés, aux meilleurs projectionnistes du monde libre Sylvain « j’suis à la bourre » Crobut et Loïc « Die, Télérama, die! » Chemin. A demain pour de nouvelles aventures cinéphiles !

 

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One Response to Maudit Journal – Day One

  1. Cryin’ ? Alicia et son superbe f*ck final 😀

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