Maudit Journal 2019 – Day Three


Jeudi 24 janvier, vers 10h – appartement du Vidéophage

— Bon sang, mais c’est quoi qui refoule comme ça ? T’es où ?
— Dans la cuisine, mamie.
— Ah, mais c’est tes saletés de nouilles chinoises. Tu manges ça au petit dej’, toi, maintenant ? Tu te rends compte qu’après ça pue le poisson mort dans tout l’appart ?
— Alors déjà, bonjour mamie. Ensuite, elles sont coréennes, mes nouilles chinoises, et pour finir, c’est du manger ; ça pue pas, le manger, même si des fois, ça sent un peu fort.
— J’vais commencer à faire décanter des munsters sur le radiateur à 6h du matin et tu me rediras si ça pue pas, le manger.
— On peut savoir ce qui te met de si mauvaise humeur ce matin ?
— J’ai rendez-vous avec mon baveux à 13h, pour préparer la convocation du juge.
— Ah oui, c’est vrai que c’est aujourd’hui. Désolé de pas pouvoir y aller avec toi, mais faut que j’avance mes chroniques avant les séances.
— T’inquiète pas pour ça, va. Et désolé de t’avoir râlé dessus pour les nouilles, je suis un peu à cran avec cette histoire.
— C’est rien, mamie. Mais t’es sûre qu’il y a pas moyen de vous entendre avec madame Robert ? Si vous faites pas preuve d’un minimum de bonne volonté, vous risquez de prendre cher.
— À l’amiable ? Avec l’autre saleté ?! Dans un univers parallèle peuplé de Bisounours et de Télétubies, parce que dans notre réalité, ça risque pas d’arriver ! Bon, j’ai peut-être trouvé un plan B, mais faut voir.
— Mais, euh, tu pars déjà ?
— J’ai une course à faire avant, rue Bayard. Bonnes séances. Et tu es gentil, tu aères la cuisine avant de partir, d’accord ?


18h00 – LES PETITES FORMES DE CIRCÉ DESLANDES

C’est quoi donc, ces Petites Formes ? Excellente question, mon cher Vidéophage, merci de l’avoir posée. Chaque jeudi et vendredi, à 18h pétante, l’équipe de la Cinémathèque de Grenoble vous accueille au 4 rue Hector Berlioz pour des projections courtes, en vidéo ou en 16 mm, dans une mini-salle de cinéma*. L’idée étant de proposer également un temps de discussion autour des œuvres, si possible avec l’artiste. Et avec du jus de fruit et des chips, ce qui ne gâche rien.

Comme le fit remarquer le camarade Monfort dans une sympathique tentative plagiaire de ces chroniques sur sa page Fesse Bouc – c’est ce qu’on appelle la rançon de la gloire, je suppose –, quel dommage que la troublante Circé Deslandes fût absente tant son œuvre donne envie de la rencontrer. Musicienne, performeuse, sorcière, vidéaste, l’artiste polymorphe a placé la féminité au centre de son art, explorant les multiples facettes du sujet sans le moindre tabou, parfois de manière crue, mais jamais vulgaire. Chaque chanson et chaque vidéo part de l’intime, du ressenti, d’une situation vécue et l’ensemble dessine un portrait touchant et de l’auteure, et de la féminité contemporaine, sans la moindre velléité prosélyte. Enfin, c’est ainsi que moi, pauvre Vidéophage hétéro-normé, je l’ai ressenti. Je ne peux que vous enjoindre à découvrir son univers via le site Internet qu’elle a conçu de A à Z, évidemment (ici). Et comme vous m’êtes sympathiques, une petite vidéo valant mieux qu’un long discours, veuillez trouver ci-joint le très beau clip de Lilith avec sa femme-sexe hypnotique. En vous remerciant.

* À faire passer la salle 2 d’un certain cinéma où un certain projectionniste travaille pour le Grand Rex. Comprenne qui pourra.


Près de la salle Juliet Berto, un peu avant la séance de 20h.

— Psst… Il a ce qu’il lui faut, le monsieur ? Il cherche quelque chose ? J’ai de la bonne !
— Qui ça moi ? Mais… Benjamin ? La vache, je t’avais pas reconnu ! Qu’est-ce que tu fiches caché dans ce recoin sombre ?
— Ben, je bosse, mec ! Mais toi, tel que je te connais, t’es venu avec ton matos perso.
— Tu veux dire mes Pépitos ? Ben oui, même si on n’a pas le droit de manger dans la salle, je prends toujours un paquet en cas de fring…
— Mais non, mec ! Je parle de… de… de matos, quoi !
— Tu veux dire, de drogue ? Mais, MAIS…
— Chuuuut, moins fort, mec !
— Mais c’est pas possible, Benjamin ! Ne me dis pas que tu fais dealer pour arrondir tes fins de mois !
— Non, mais là, c’est spécial. C’est un nouveau produit, comme qui dirait une exclusivité. Et je fais ça pour le festival, hein, pas pour mon bénéfice personnel !
— […] Tu veux dire que madame Clara et monsieur Martin sont au courant ? Qu’ils… qu’ils sont dans le coup ?
— Ben oui, mec ! C’est même eux qui me fournissent ! Attends, pousse-toi un peu, y a des clients qui radinent… Eh, les amoureux ! On s’promène ? Vous cherchez peut-être de quoi passer un bon moment ?
— Houla, c’est qu’on veut pas d’ennui avec la police, nous !
— T’inquiète, mec ! C’est du 100 % légal, garanti sans effets judiciaires secondaires. Tenté ?
— Euh, faut voir. C’est combien ?
— 6,50 la dose…
— […] O.K., on va en prendre deux, pour essayer.
— Voilà, mec. Pour la suite, c’est la grande porte en bois, juste là. Et bon trip, les amoureux !

Benjamin Cocquenet, en pleine forme
20h00 – SALOMÉ (a.k.a. SALOMI)
Un film… euh, une œuvre… euh, un délire cinématographique en roue libre signé Carmelo Bene, vaguement inspiré d’une pièce en un acte d’Oscar Wilde. Avec des filles toutes nues, des couleurs folles et beaucoup, beaucoup de substances illicites.

— « Tiens, mais qu’est-ce que tu fiches dans la cuisine ? T’es pas encore couché ? Je suis pas ta mère, mais si tu tardes à filer sous la couette, tu vas finir le festival en mode zombie…
— M’en parle pas. Faut qu’j’écrive sur un film, mais je n’ai pas la moindre idée de par quel bout le prendre.
— Pire que le Jodo ?
— À côté, El Topo c’est de la gnognote. Euh, à ta place, je prendrai plutôt de l’eau du robinet…
— Pourquoi tu dis ça ?
— La bouteille, là, c’est pas du Périer.
— Bon sang de bois, c’est la poire du grand-père ? Et il ne reste plus que ça ?!
— Chuis désolé mamie, mais là, j’ai pas trouvé d’autre solution. Mais t’inquiètes, hein, j’ai prévu une bassine, au cas-où.
— Il était si terrible que ça, ce film ?
— T’as pas idée… C’est l’histoire de la princesse Salomé. Enfin, d’une des princesses Salomé, parce que, comme l’a expliqué Benjamin dans sa présentation, y’en a eu plusieurs, des garces appelées Salomé. Mais c’est pas bien important. Le réalisateur, c’est un gars qui faisait du théâtre, mais qui voulait faire du cinéma aussi. Et je crois qu’il prenait pas mal de produits, parce que comme l’a fait remarquer Laurent à la fin de la projection, le gars, il y connaît que dalle à la grammaire cinématographique, et ça l’empêche pas d’y aller. Quand t’y penses, l’histoire tient à peu près la route. C’est au niveau des images que ça part en sucette, à grands coups de montage épileptique et de changements d’axes de caméra impromptus. Mais attention, hein, pas pour donner une illusion de rythme à la Transformers, juste parce que le gars, il sait pas trop faire. C’est couillon, au lieu de demander à quelqu’un qui sait, il fait quand-même. Ça commence par un chameau qu’a mangé un trésor et qui essaye de passer par le chas d’une aiguille, mais en dessin animé. Après, y’a des filles toutes nues qui se font fesser avec des fleurs, mais pas en dessin animé. Et pis y’a Salomé. Elle est jolie, Salomé. Elle fait un peu peur avec son crâne rasé, mais elle est jolie. Y’a aussi une histoire avec Jésus, à table avec ses copains et qui dit qu’il y en a un qui va le trahir cette nuit, mais quand il balance les deniers sur la table, c’est tous les douze qui se jettent dessus comme des morts de faim. Ça mange beaucoup, dedans le film, d’ailleurs. Y’a un tétraqure… un trétraque… un trécarte… Y’a un gars, il passe son temps à manger. Je crois que c’est le cousin de l’oncle de Salomé, ou quelque chose dans le genre. Il bouffe sans discontinuer. Et il picole aussi. Bon, ses potes, ils sont pas très nets, eux non plus. Y’en a un qui mange dans les fesses d’une dame. Non non, j’m’ai pas gouré, il mange pas LES fesses de la dame, il mange DANS les fesses de la dame. Et puis, y’a un prophète aussi, qui se prend des torgnoles dans le museau par paquets de douze, avant que des filles toutes nues lui mettent des grands coups de bouquin sur l’occiput. Il était rigolo, lui, avec sa tête à la Gérard Hernandez et sa tenue de footballeur. Ah oui ! Et pis y’avait aussi la maman de Salomé, avec ses ailes d’ange dans le dos et son grand cabas. Sauf qu’il y avait un genre de fakir avec ses moustaches en guidon de vélo qui passait son temps à répéter ce qu’elle disait tout en fourrant discrètement des timbales dans son sac. Et pis à un moment, l’autre tétarque demande à Salomé de danser pour lui, alors que bon, il a pas vraiment le droit vu que c’est sa belle-fille. Elle, elle veut pas, mais lui, il insiste. La maman est pas hyper jouasse non plus, hein ? Dans ce film, tout le monde la regarde un peu trop, la jolie Salomé, même si elle fait un peu peur avec son crâne rasé, et elle, elle aime pas trop ça. Mais bon, l’autre gars, là, son beau-père, il insiste lourdement en lui promettant plein de trucs : des oiseaux, des colliers, des amatis… des amétas…, des pierres précieuses, mais elle, elle veut vraiment pas. Alors, il lui dit : ‘Tout ce que tu veux !’ et elle, du coup, elle arrête de faire sa mijaurée et elle va chercher des voiles pour danser. Sauf que pile quand ça allait devenir chouette, en fait, y’a Jésus qui revient tenter une auto-crucifixion. C’est pas très malin de sa part, parce que bon, les pieds, O.K., la main droite, d’accord, mais comment tu fais pour enfoncer le dernier clou, hein, quand il te reste plus que la main que tu dois clouer ? C’est vraiment ballot, parce que bon, s’il avait demandé au fakir ou au prophète de lui filer un coup de… main – hi hi hi ! –, je suis sûr qu’il aurait dit oui. Bon, pas à Salomé, parce que elle, elle avait pas vraiment l’air de savoir bricoler. Et pis après, le film devient n’importe quoi parce que Salomé, elle a même pas dansé, mais le têtard, il doit quand-même lui donner un truc. Et elle, elle veut une tête. Et lui il veut pas lui donner. Il fait sa… – hi hi hi ! – Il fait sa mauvaise tête !! Bon, après, c’est tout blanc et c’est la fin du film. C’était bien rigolo, quand j’y repense : la copie était un peu rosée, mais bon, ça allait. Et le sous-titreur, parce que c’était en V.O., c’était marrant parce que des fois, tu sentais bien qu’il comprenait plus rien aux dialogues vu que tout le monde parlait en même temps. Du coup, il lâchait l’affaire et arrêtait carrément de sous-titrer.
— […] Euh, je crois que ça serait bien que tu ailles te reposer, maintenant. T’inquiète, je vais ranger ici. Et prends la bassine avec toi, c’est plus prudent…

La présentation de Salomé par le professeur Cocquenet


22h00LE CIRQUE DE LA PEUR (a.k.aCIRCUS OF FEAR)
Un krimi européen produit par Henry Alan Towers et réalisé par John Llewellyn Moxey
, avec côté garçons : Christopher Lee en luchador et Klaus Kinski en roi du carnaval, et côté filles : Margaret Lee en cible allumeuse et Suzy Kendall en fifille à son papa.


Enquiller cette sage co-production européenne après le délirant Salomé, c’est un peu comme boire un grand verre de jus d’orange juste après avoir dégusté à sec un Saint Marcellin bien mûr : Ça lui donne un drôle de goût. Que voulez-vous, c’est la dure loi du festivalier intégriste, le dur, le tatoué, celui qui préfère sauter un repas plutôt que de manquer ne serait-ce que cinq minutes de la programmation1. Heureusement, la transition fut amplement facilitée par deux facteurs : la remise en contexte du sieur Benjamin Cocquenet, toujours impeccable malgré ses choix vestimentaires discutables, et le support de projection. Attention, je n’ai rien contre les 35 mm fatigués. Mais la copie numérique fournie par nos amis du Chat qui fume, éditeur francophone exemplaire – et principal artisan de mon régime alimentaire à base de nouilles et de pommes de terre à l’eau –,était absolument su-perbe. Le master 4K qui sert de base au combo DVD/Blu-ray annoncé pour février/mars est de toute beauté. Quant au film, il appartient à la catégorie des krimis, ces polars à la Agatha Christie et Edgar Wallace qui firent les beaux jours du cinéma d’exploitation européen. Produit par l’excellent Harry Allan Towers – mes Jess Franco préférés, c’est lui ! –, réalisé par un solide artisan anglais issu de la télévision, John Llewellyn Moxey, ce Cirque de la Peur est de très bonne facture. Réalisation efficace, direction d’acteurs tenue2, montage serré qui évite les temps morts, l’histoire est plaisante à suivre et l’ensemble agréable à regarder. Manquait tout de même un brin de folie, et j’avoue qu’entre la fatigue accumulée et les effets secondaires du film précédents sur mes globes oculaires, j’ai un peu décroché après la disparition de l’affolante Margaret Lee.

1 Rien à voir avec la pseudo-radicalité de certaines végétariennes de ma connaissance qui n’hésitent pas à écorner leurs convictions dès qu’on agite un paquet de bonbons Haribo sous leurs nez. […] Euh, nez qu’elles ont fort joli, soit dit en passant. Et puis, franchement, qui sommes nous pour porter un jugement à l’emporte-pièce, hein ? Honnêtement, est-ce que ça ne rend pas leur engagement envers la cause animale plus beau ? Plus méritant ? Plus… Comment ? C’est trop tard pour rattraper le coup ? Aïe aïe aïe, j’en connais un qui va prendre cher demain…

2Enfin, autant que ce trublion de Klaus Kinski le permette : comme le soulignait fort à propos Fabien Mauro à l’issu de la séance, il est évident que l’acteur fou a imposé quelques bricoles de son cru. Comme de mourir en serrant une tête de carnaval contre lui.

François Cau, après son festival d’humour

Vers minuit, dans les rues désertées de la capitale des Alpes, notre valeureux Vidéophage affronte le blizzard et les trottoirs gelés afin de regagner ses pénates. À quelques encablures de son immeuble, son téléphone portable se met à striduler. Il parvient péniblement à l’extirper de sa poche et avise le nom sur l’écran avant de décrocher.

— Ah, François ! Ça m’fait bien plaisir de t’avoir au bout du…
— Euh, quoi ? Qui ça ? François ? Je connais pas de… Eh merde !
— Elle est toute bizarre, ta voix. T’es enrhumé ? […] allô ? Allô ? Ah, flûte ça a coupé.

Quelques secondes plus tard, le Nokia 216 se remet vibrer. Mais cette fois, l’écran affiche un numéro masqué.

— Allô ?
— Vous êtes bien le Vidéophage ?
— Euh, oui. C’est à quel sujet ?
— Vous avez bien reçu notre paquet ?
— Euh, oui. J’ai pas bien compris, mais…
— Vous avez été sélectionné pour faire partie de notre club.
— Euh, c’est-à-dire que merci, mais non merci. J’ai besoin de rien, et j’ai pas d’argent pour…
— Mais non, espèce de crétin ! Je suis pas commercial pour France Loisirs ! Notre club, c’est plutôt un truc d’entraide, où on se file mutuellement des coups de main pour, disons, régler nos problèmes.
— Ah, d’accord. Plutôt comme une secte alors !
— Nan, mais là, on va pas y arriver… Alors, pour faire simple, quelqu’un du club va prendre contact avec toi afin de te… de vous permettre de réaliser votre entreprise. Disons… vendredi, pendant le festival. Tu lui refiles le paquet, et c’est marre. Et d’ici quelque temps, on vous recontactera pour que vous puissiez accomplir votre part du marché.
— […] J’ai rien compris.
— Oui, ben merde, hein ? De toute façon, tu piges jamais rien à rien.
— C’est marrant, parce qu’à vous entendre, on dirait un collègue projectionniste à moi, mais vachement enroué.
— Pfff, n’importe quoi ! Appele-moi, euh… George.
— D’accord, monsieur George.
— Donc, vendredi, cinéma Juliet Berto, paquet, contact. Ah oui, le mot de passe, c’est « On devrait jamais essayer d’ouvrir des bouteilles d’huile avec un couteau à viande ». Sur ce, bonne fin de soirée.
— Bonsoir monsieur George. Et prenez soin de vous, hein, vous avez l’air de tenir un sacré rhume vous aussi, et… Ah, il a raccroché…

Mais quel est ce mystérieux club qui n’est ni un truc de bouquins moisis, ni une secte ? Qui est donc le mystérieux monsieur George ? Guillaume va-t-il se manger le trottoir en glissant sur une plaque de verglas ? Vous le saurez en lisant le prochain épisode de notre grand feuilleton festivalier !

Merci à : Sylvie pour le refuge contre le froid, Fabien « Fu-sion ! » Mauro, Mathieu « Be Kind, Rewind » Broussolle (pour info), Sylvain « Holmes » Crobu et Axel « Watson » Pazuki (dans : Le Mystère mystérieux de la piste décalée), Clara et Martin, (un peu plus fatigués qu’hier, mais moins que demain), M’sieur Monfort, Laurent « Rico » Huyart, Élie, Benjamin « El Profesor » Cocquenet et ses chemises psychotroniques, Olga et Gilles « Si t’as le malheur d’écorcher encore mon nom, je te pulvérise » GouLLet. La dream-team de l’accueil : Jenny « pas taper ! » Pelloux, Sarah « mode agenda de ministre on » Onave, Hélène (j’vous ai apporté des bonbons) et Simon, Jean-Alexandre ET Céline (enfin réunis dans un numéro démoniaque de vente à la criée), Roland, Raymonde, Loïc « J’ai un 35 dans mon salon » Verdillon, et toutes celles et ceux que j’ai oublié parce que flûte, moi aussi je commence à manquer de sommeil…

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