Maudit Journal 2019 – Day Four (partie 2)

― Monsieur ? MONSIEUR ? VOUS M’ENTENDEZ ?
― […]
― Attendez voir, je vais vous le réveiller, moi !

Une violente douleur au niveau de la joue droite ramène le Vidéophage vers la réalité.

― Jenny ! Tu crois pas que tu y es allée un peu fort, quand-même ?
― Enfin mademoiselle ! Ça ne se fait pas de coller des torgnoles comme ça aux gens !
― Ah ouais ? C’est marrant parce que ça n’a pas l’air de vous déranger plus que ça, pendant les manifs…
― […] Jenny ? Sarah ? Clara ? Je suis au paradis, c’est ça ?
― Dans tes rêves, andouille !
― Jenny, Tu exagères !
― Tu parles, Clara. Il n’a que ce qu’il mérite, ce gros balourd…
― Euh, Jenny ? la prochaine séance va bientôt commencer et ça serait peut-être pas mal que tu retournes à la salle. Genre, pour superviser.
― Mmmm… T’as raison Sarah, vaut mieux que je m’en aille sinon ça va être un carnage…

Juste avant de quitter les lieux, la jeune-femme jette un regard glaçant à notre héros qui, de son côté, a bien du mal à se reconnecter au réseau. Discrètement, elle passe son pouce sur son cou en tirant la langue. Il se contente de lui sourire bêtement avant de reporter son attention sur les personnes qui l’entourent : Clara et Sarah semblent particulièrement inquiètes alors qu’un peu plus loin, Martin sifflote en regardant ses ongles. Quelqu’un se racle la gorge, les deux filles s’écartent et laissent la place à un représentant de l’ordre en tenue. Le sourire du Vidéophage s’efface instantanément. Il déglutit.

― C‘est pas moi, m’sieur l’agent ! J’vous jure !
― […] C’est pas vous qui quoi ?
― Euh, je sais pas ! C’est comme qui dirait un genre de réflexe…
― Mmmm… Monsieur Biiiiiiiip, comment vous sentez-vous ?
― Ben, un peu comme si je m’étais pris la première ligne du FCG dans le cornet…
― Désolé !, commente Martin, C’est la mienne ! À ma décharge, je croyais que tu t’attaquais à Jean-Pierre Andrevon !
― Moi ?! Mais pas du tout ! Je voulais juste qu’il me dédicace un livre !
― Nan, mais ça, c’est bon. On a recoupé les témoignages et tout le monde est d’accord pour dire que c’était un malentendu. Par contre, il y a bel et bien eu tentative de meurtre sur la personne de M. Andrevon… Et voici l’arme du crime.

Le policier exhibe alors un gros livre tout disloqué, le dictionnaire signé par l’auteur/quasi-victime chez Rouge Profond. Dans un effort de concentration surhumain, le Vidéophage tente de recoller les morceaux de sa mémoire en vrac.

― Vous vous rappelez de ce qui s’est passé ?
― Ben, monsieur Martin m’a plaqué au sol et…
― […] Et ? Vous avez vu le livre tomber ? Vous avez vu celui qui l’a fait tomber ? Ou celle qui l’a fait tomber ? Depuis le balcon ?
― Euh, inspecteur, vous seriez pas en train d’orienter son témoignage, là ?
― Laissez faire les professionnels, madame Sebastiao. Et je ne suis pas inspecteur.
― Mademoiselle Sebastiao, déjà, et je crois qu’on va en rester là. Vous voyez pas qu’il est à deux doigts de nous faire un malaise ?

À force de se concentrer, Guillaume a tout bonnement arrêté de respirer. Précisons qu’il a déjà pris une belle teinte rouge pivoine, avec quelques nuances de bleu outre-mer du plus bel effet.

― Bon, bon. Ça va, je vous laisse. Mais vous lui dites qu’il doit impérativement passer au commissariat lundi matin pour sa déposition, d’accord, « mademoiselle » ? Sur ce, bien le bonsoir.

Et le pandore de tourner les talons, sans demander son reste.

Mademoiselle Clara

 

― JENNY !!!!
― Ah ben elle est pas mal, celle-là ! On est toutes les deux aux petits soins, mortes d’inquiétude, et il ne trouve rien de plus intelligent que de demander après celle qui lui a collé une beigne !
― Nan, mais le prenez pas mal, mademoiselle No. Et merci de vous êtes occupée de moi avec madame… Euh, avec mademoiselle Clara. C’est trop gentil de votre part. C’est juste que… Aheum. Non, rien. Le choc, on va dire…
― Bon, ben c’est pas tout ça, mais la prochaine séance va commencer, alors on va te laisser te reposer ici, et…
― Comment ça, me laisser me reposer ? Pas question que je rate la moindre séance ! Allez les filles, hop hop hop ! Euh, j’ai juste besoin que vous me filiez un petit coup de main pour me lever, et on y va !

 

22h – BARRACUDA (a.k.a LES MÂCHOIRES DE LA MORT, aka THE LUCIFER PROJECT)
Un film signé Harry Kerwin écrit, interprété et filmé pour tout ce qui se passe sous la ligne de flottaison par Wayne Crawford, avec aussi Jason Evers, Roberta Leighton, William Kerwin et Cliff Emmich (dont le doubleur français mérite une mort lente et très douloureuse) dans le rôle du Deputy Lester.

Un jour, il faudrait disséquer l’étrange animal cinéphilique que l’on appelle « bisseux ». Mais si, vous en avez sûrement croisé aux alentours d’un cinéma de quartier dans les années 60, 70 ; voire un peu plus tard, au rayon des incunables d’un vidéoclub de province ou en train de gratter le fond d’un bac à soldes de supermarché à la recherche d’une rareté sournoisement re-titrée par un éditeur de VHS peu scrupuleux. Précisons que ce qui l’intéresse avant tout, ce n’est ni le cinéma mainstream, ni le cinéma d’avant-garde. Non, ce qui fait le bonheur du bisseux, c’est comme son nom l’indique les copistes, les suiveurs, ceux qui s’engouffrent dans le sillage d’un succès commercial pour broder leurs propres films sur le même canevas, mais avec les moyens du bord, avant de les jeter dans le grand bain du cinéma d’exploitation pour qu’ils se transforment en billets verts. Si vous pensez que cinéma bis = nanarderie, je vous arrête tout de suite. Déjà, il suffit de consulter le premier dico du cinéma fantastique et de science-fiction venu pour se rendre compte que les princes du box-office des années 80, 90 ont fait leurs classes à cette école de l’économie. Et qu’ils ont su y forger leur talent dans les interstices de ces productions ultra-codifiées. Et puis, si vous regardez la production hollywoodienne contemporaine, vous constaterez que l’originalité a déserté les locaux : suites, prequels, reboots, remakes, franchises à rallonge dominent le box office, avec leurs réalisateurs aux ordres, leurs budgets indécents et, hélas, des spectateurs de plus en plus conciliants face à la médiocrité de ce qui leur est donné à voir. Ce qui animait joyeusement une cinéphilie de niche est hélas devenu la norme d’une industrie en panne d’idées. On va pas se mentir, il est plus facile de défendre les continuateurs d’un Sergio Leone que ceux, pour rester en Italie, qui ont décalqué le Mad Max 2 de Miller ou le Conan de Milius au milieu des années 80. N’empêche, loin des putasseries contemporaines gavées d’images de synthèse dégueulasses « produites » par The Asylum, le cinéma bis de l’époque ne manquait pas de panache et, aussi bizarre que cela puisse paraître, d’honnêteté. Prenez ce Barracuda, les mâchoires de la mort, qui surfe allégrement sur le succès des Dents de la mer de tonton Steven. Eh bien, c’est quasiment tout à fait regardable.

Déjà, profitant des talents aquatiques de son acteur principal « couteau-suisse », le film nous épargne les traditionnels stock-shots animaliers, l’arme fatale du producteur fauché en mal de matériau. Les séquences en palmes et tuba sont donc plutôt réussies, et à défaut d’être proprement terrifiants, les Barracudas du titre ne manquent pas d’appétit 1. Sur la même lignée que Soleil de Feu (voir ici), le film tente une hybridation pour le moins hasardeuse : celle du film d’animal marin amateur de chair fraîche et du film complotiste écologico-paranoïaque. Avec, attention spoiler, l’État fédéral dans le rôle du salopard de service. Sauf que même avec la meilleure volonté du monde, c’est-à-dire en mettant de côté un doublage français cataclysmique et des acteurs globalement à la ramasse, ça ne prend pas. Mais alors, pas du tout. La faute à un scénario en roue-libre, à des invraisemblances indéfendables et à un montage what the fuck lors des séquences d’action sur la terre ferme. Et pour prolonger notre étude sur « la place de la femme dans le cinéma d’exploitation des années 50 aux années 80 », aïe aïe aïe. La malheureuse Roberta Leighton endosse le rôle de la blondasse de service, fille du shériff local qui s’amourache du héros, viril défenseur de l’écologie / plongeur / playboy / scientifique / rebel. Elle ne sert… à rien, sauf peut-être à faire définitivement basculer le film dans les tréfonds du portnawak lors d’une séquence de (non-)coucherie aux dialogues totalement surréalistes 2. Bref, un film à découvrir sur un bon vieux 16mm qui craque et qui couine, dans une salle rassemblant des festivaliers égarés et des amateurs de bisseries au goût sûr. Et avec beaucoup d’alcool, ça aide.

1 Ouais, je sais, désolé pour cette claude-françoiserie de fond de tiroir, mais depuis que j’ai commencé la rédaction de cet article, je n’arrive pas à me sortir cette saloperie de chanson à la con de la tête… BA-RA-COU-DA !
2 Dialogues que j’espère sincèrement improvisés par les doubleurs. Genre, la piste son de la séquence a été effacée par mégarde, le scénario a mystérieusement disparu, il est 16h55 et le studio a été payé jusqu’à 17h tapantes par ce radin de distributeur, bref, c’est ça ou le film ne pourra pas sortir en salle chez nous. Ben quoi ? Je suis sûr que ça s’est déjà vu…

 

00h00 – MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE 2 (a.k.a. THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE PART 2)
Un film de Tobe Hooper écrit avec L. M. Kit Carson et produit par ces margoulins de Golan & Globus, avec Dennis Hopper (aucun lien de parenté), Caroline Williams, Jim Siedow, Bill Moseley, Bill Johnson, des tronçonneuses bien sûr, sans oublier l’incomparable Tom Savini aux effets spéciaux. Le tout en glorieux 35 mm, certes, mais dans une VF bien décevante.

Alors là, je vous préviens de suite, ça ne rigole plus. Fini les fifilms à sa grand-mère 1, on change de braquet pour s’attaquer à l’un des sommets du cinéma d’exploitation 80’s, un des rares films de la sélection que je connaissais déjà et qui trône fièrement dans ma vidéothèque, à la droite des Dieux Kubrick et Godard. O.K., j’exagère un peu, mais bon sang que je l’aime, cette suite accouchée aux forceps qui fut honteusement charcutée par ses producteurs, reniée par son auteur et au final boudée à la fois par la critique et le public. « Comment ? Une suite au chef-d’œuvre culto-séminal de 1974 ? 12 ans après ? Produit par la Cannon ?! Avec qui pour jouer Leatherface, Chuck Norris ou Charles Bronson ? » Eh bien, n’en déplaise aux pisse-froids auto-proclamés gardiens du patrimoine mondial du cinéma de genre, et au risque de me faire huer par mes contemporains, j’ose affirmer ici que préfère largement cette suite à l’orignal. Nan, mais bon, le premier est sensass, hein ? Y’a pas à discuter, c’est un jalon essentiel de l’histoire du cinéma. C’est juste que je prends tellement plus de plaisir à revoir cette suite…

Déjà, elle est parfaitement ancrée dans son époque. Après avoir dézingué du hippie dans le premier opus, la famille Sawyer s’attaque cette fois à leur descendance, les insupportables yuppies et leur cynisme dégueulasse. Ne me dites pas que vous n’avez pas éprouvé une certaine jubilation quand Tête de cuir leur décalotte la soupière à grands coups de tronçonneuse dans la séquence d’ouverture ! Formellement, adieu le filmage 16mm en mode reportage de guerre qui donnait à l’original son cachet quasi-documentaire. C’est en 35mm avec un chouette travail sur les couleurs et des décors bien surréalistes que le réalisateur nous plonge dans cette Amérique des années 80. Et même si on sent clairement que certaines séquences ont été empêchées, cette esthétique colle parfaitement à l’époque et permet d’éviter l’écueil de la suite directe et paresseuse. Le ton est également aux antipodes du film originel. Enfin, comme le souligne fort judicieusement François « George of the Jungle » Cau 2, aux antipodes de ce que le public a perçu du film originel, car le côté carnavalesque et grand-guignol y était déjà présent. Ce volet se situe dans la droite lignée des comédies horrifiques d’un Stuart Gordon (Reanimator) ou d’un Dan O’Bannon (Le Retour des Morts-vivants), c’est-à-dire baignant dans un humour certes grotesque, mais qui ne verse jamais dans la potacherie racoleuse. Et les séquences de flippe sont foutrement flippantes, grâce à la maestria du réalisateur et aux effets gores d’un Tom Savini en grande forme.
Ensuite, Tobe Hooper et son scénariste L. M. Kit Carson (Paris, Texas, excusez du peu) ont construit leurs personnages avec énormément de finesse. La famille Sawyer s’agrandit avec l’arrivée de l’inénarrable Chop Top (Bill Moseley) qui représente à lui seul l’héritage sociétal des années 70 : la guerre du Vietnam et les mouvements contestataires. De famille, il a failli en être question aussi entre les deux « gentils » du métrage, à savoir Lefty, le flic-fou aveuglé par la vengeance et campé par un Denis Hopper hélas peu concerné 3 et Stretch, l’héroïne du film. Une relation qui sera finalement écartée dans la version finale du film, mais qui ne surprendra pas outre-mesure le spectateur attentif.

Si dans le premier volet le mal restait confiné dans les faux plis d’un Texas profond mis au ban du rêve américain, attendant patiemment que des citadins nordistes égarés viennent s’engluer dans sa toile redneck, la donne change : dans les années 80, le mal a corrompu toute la société étasunienne et les Sawyer n’ont plus vraiment besoin de se cacher au monde : à eux, les premiers prix des concours de Chili con (human)carne et les lieux hautement symboliques comme Fort Alamo ! Enfin, une version disneyenne abandonnée qu’ils ont redécoré avec goût pour en faire leur home sweet home. Même Lefty, l’ange exterminateur du film lancé à leurs trousses, se révèle au moins aussi taré que la famille, si ce n’est plus puisqu’il est censé incarner la loi. Seule Stretch semble épargnée par la contamination 4, tout en se maintenant à bonne distance de la Scream Queen virginale et pudibonde popularisée par les premiers slashers – et ce même si elle a de sacrés poumons ! Ah, qu’est-ce qu’elle me fait craquer, cette texane pur jus qui, malgré les outrages répétés de la famille la plus dégénérée du Lone Star State, se défend bec et ongles sans jamais rien lâcher. Dommage que le doublage fasse aussi peu honneur à l’interprétation habitée de Caroline Williams ! 5.

1 Mais pas à la mienne, hein ? C’est qu’elle a le goût sûr, ma mamie.
2 Placement de produit n°1 : Comment ? Vous ne vous êtes pas encore procuré l’excellent hors série de Mad Movies sur la saga préférée des revendeurs Husqvarna ? Mais qu’attendez-vous pour vous jeter dessus, bande de petits fourtriquets ?!

3 L’acteur considère d’ailleurs que c’est le pire film de sa carrière. Ah, les ravages de la drogue. Quelle tristesse !
4 Enfin, jusqu’à un certain point de non-retour, mais chut, hein, on va encore m’accuser de spoiler !
5 Placement de produit n°2 : Comment ? Vous ne vous êtes pas encore procuré l’excellente édition du film sortie chez Le Chat qui fume ? Pardon ? Vous avez déjà celle de l’éditeur anglais Arrow ? Et alors ? L’un n’empêche pas l’autre, comme dirait un certain Vidéophage de ma connaissance !

 

 

Sur le chemin du retour, alors que le Vidéophage ne pense plus qu’à se glisser sous la couette avec deux aspirines, son téléphone se met à sonner. Mmmm… Numéro masqué…

― Bonsoir, le Vidéophage.
― Ah, bonsoir monsieur George ! Ça fait bien plaisir de vous avoir au bout du fil ! Vous devinerez jamais ce qui s’est passé aujourd’hui !
― Laisse-moi essayer… Un certain écrivain de science-fiction a eu un… accident ?
― Mais… Comment vous savez ça, vous ? En tout cas, ça a bien failli être tragique, cette histoire…
― […] Comment ça, « failli » ?
― Ben, à dix centimètres près… Il y passait, monsieur Andre…
― Euh, attends, j’ai un double appel…
― […]
― Mais c’est juste pas possible d’être aussi couillon, ma parole !
― Euh, ne soyez-pas si dur avec vous-même, monsieur George… Je sais pas trop de quoi il retourne, mais ça va s’arranger !
― Respire… respire… Quoi qu’il en soit, je veux que demain matin, tu te pointes à l’adresse que je vais t’envoyer par sms. Tu montes au dernier étage, porte de droite, et tu récupères un paquet. Tu le gardes jusqu’à nouvel ordre. Bon dieu, mais j’y crois pas comme tu… comme tu…Arrrrrgh !!! (Tututututututut…)
― Allô ? Monsieur George ? ALLÔ ? Ah flûte, ça a coupé…

L’énigmatique M. George (extrapolation)

Ne manquez pas la suite des trépidantes aventures de votre héros sans peurs (sauf des fourmis) et sans reproches (euh…) dans l’épisode de… de plus tard !

Merci à : Sarah « Mlle No » Onave, ma maudite boutiquière préférée, Jenny « Grrrr… » Pelloux, ma maudite cuisinière préférée, Jean-Alexandre et Céline pour leur sympathique acharnement à essayer de me refourguer les bouquins d’une certaine librairie, Fred « Flesh Gordon Forever » Fromenty, le tenancier de la librairie en question, enfin, pas aujourd’hui puisque c’était Delphine qui s’y collait (thanks for the cup of tea, dear), Aurélien, Axel & Sylvain – enfin, surtout Sylvain qui n’a pas chaumé avec le 16mm –, Jean-Pierre Andrevon, Fabien Mauro et Hakin Fdaouch pour leurs présentations, Madame Mademoiselle Clara et Monsieur Martin pour leur programmation, Raymonde et ses micro-siestes légendaires, le public venu en masse aux séances, Élie, Roland, Hélène, Matthieu, Nicolas, j’en oublie sûrement, mais à mon âge, est-ce vraiment étonnant ?
This entry was posted in Journal de Guerre. Bookmark the permalink.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *