Maudit Journal 2013 – Day one

6h00 – Pour être sûr d’avoir une bonne place, j’ai décidé de passer la nuit sous le passage du palais de justice, avec mon duvet, un thermos de yoggi tea et l’intégrale d’Indochine dans mon lecteur MP3. Sauf que le Festival démarrait à 19h et pas à 9h comme je croyais l’avoir lu. En plus, je me suis fait piqué mon iPod mini 1 Go rose et j’ai été réveillé par un caniche qui m’a pris pour un réverbère. Dur.

18h00 – Suite à ce faux-pas, je suis rentré chez moi, c’est à dire dans le T1 que ma mamie veut bien me sous-louer dans son appartement. Objectif n°1 : établir un plan de bataille parce que cette année il y a des choix cornéliens à faire. En parallèle à la traditionnelle rétrospective à la salle Juliet Berto se déroulera une compétition officielle dans un autre cinéma grenoblois. Il va falloir jongler entre les films récents en numérique encore inédits et un assortiment de vieilles pelloches qui craquent et qui sautillent dans le couloir de projection. Vraiment, ça va être dur de choisir…

18h15 – Vérification du matériel de combat avant de décoller : lampe frontale, check. Bouteille d’eau, check. Dafalgan-codéiné, check. Appareil photo, check. Casse-croûte, check. Maudit pass, check. Quelques n°1 des Chroniques d’un Vidéophage, check. Direction le tram, la ville, la vie !

18h45 – Arrivée devant la salle. Penser à recharger la batterie de l’appareil photo la prochaine fois. Du coup, je suis contraint de chiper des photos sur le net pour illustrer cet article. Les plus ressemblantes possible, cela va de soi. On croise deux types de personnes devant la salle : les pressés et les perdus. Les premiers font partie de la courageuse équipe de bénévoles qui va tout mettre en œuvre pour nous satisfaire ; les autres sont soit des spectateurs, soit des intervenants. Je sens monter en moi une bouffée de plénitude : on y est, et je me sens comme chez-moi !

18h55 – Maîtr… euh… Karel, la déléguée générale et chef suprême des Maudits Films apparaît enfin (voir photo). Mon petit cœur se serre très fort lorsqu’elle pose le regard sur ma misérable personne. Elle sourit, je rougis… Je constate avec plaisir que l’expérience que nous avons partagé l’année dernière a laissé des traces. Pour celles et ceux qui souhaiteraient en savoir plus, je vous conseille l’excellent dossier que j’ai consacré à l’édition précédente dans le n°1 que vous pouvez command… ah, notre comptable me fait signe qu’on ne peut plus les commander sur le site. Il n’y en aurai plus qu’une demi-poignée qui pourraient faire l’objet d’une vente aux enchères demain soir. C’est en pourparlers avec la direction du festival…


Karel, déléguée générale du Festival

 

19h00 – Aspects mythologiques du héros dans l’oeuvre de John Carpenter, par Benjamin Cocquenet (voir photo), éminent critique pour Culturopoing.com. Et ancien compagnon de galère cinématographique que j’ai eu l’immense plaisir de retrouver ce soir. Si le Vidéophage est ce qu’il est, c’est un peu grâce à ce garçon. Et non, je ne te rendrai pas la VHS de Mario Bava !
Une saine révision avant d’attaquer la soirée consacrée à Snake Plissken, avec du contenu solide, des preuves par l’image et une maîtrise parfaite de l’exercice oral. Et ne compte pas non plus sur moi pour te rendre le Craignos Monster de JPP, fallait pas l’oublier chez moi il y a 10 piges !


Professeur Benjamin Cocquenet

 

20h00 : Escape from New York, de John Carpenter (1981)
Mais quel bonheur de revoir ce film tout simplement génial, en 35mm, sur grand écran et en VOST s’il vous plaît ! Et quel plaisir de le faire dans une salle bien remplie ! On a déjà tout dit sur ce monument de la série B que je n’avais pas eu l’occasion de revoir depuis l’époque bénie du Laserdisc. C’est un peu comme si je retrouvais un vieil oncle après plusieurs années. Sauf qu’il a pas pris une ride, lui. Et ce fut particulièrement grisant de se laisser surprendre par un détail, un acteur ou un plan qui nous avait échappé jusque ici. Si il ne fallait en retenir qu’un, ce serait un slogan tagué sur un mur : « Give blood, not birth ». Que celles et ceux qui comprennent la langue traduisent pour leurs petits camarades….

21h45 – Christophe Berthelot (voir photo) est d’ordinaire un charmant garçon. Si si, je vous jure. C’est juste qu’à la fin de chaque séance, il va se mettre le public à dos en jetant tout le monde dans la neige et le froid. Même ceux qui ont leurs places pour le film suivant. Faut pas lui en vouloir, c’est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu’un le fasse. Et ça arrange bien les fumeurs qui peuvent s’en griller une petite comme l’ami Kurt Russell. Sauf que moi, j’ai arrêté depuis 5 ans…


Christophe « Pitt Bull » Berthelot

 

22h00 – Escape from L.A., de John Carpenter (1996)
Comme l’un de ses modèles, l’immense Howard Hawks, Carpenter part du principe que lorsqu’on tient une bonne histoire, pourquoi ne pas la décliner plusieurs fois ? Ainsi, le réalisateur de Rio Bravo remis deux fois le couvert avec El Dorado puis Rio Lobo, les trois avec John Wayne. Et bien Big John, lui, nous propose la suite / remake de Escape from NY une quinzaine d’années plus tard, toujours avec cette vieille baderne de Kurt Russell. Et toujours avec la même hargne vis-à-vis d’une Amérique de plus en plus intolérante et puritaine. Si le spectateur pouvait encore avoir un doute dans le premier film, il est évident ici que la prison, c’est les Etats-Unis, pas cette vieille catin de L.A. dont les travers sont exacerbés depuis qu’elle est livrée à elle même. Le principal défaut du film, c’est paradoxalement qu’il fut doté d’un budget confortable pour l’époque, et que les mate-paintings et les maquettes de « l’original » font place aux images de synthèses et aux décors un peu trop démesurés. Et l’ensemble a pris un sacré coup de vieux. Pendant les trois-quart du film, on s’amuse des clins d’œils et des relectures de scènes cultes – la mort totalement aléatoire du personnage féminin, Bruce Campell en chirurgien fou, la partie de basket qui remplace le combat dans l’arène – mais c’est dans son dernier quart que le film explose, jusqu’à cette séquence finale où Snake éteint littéralement le monde avec une télécommande, s’allume un cigarillo avec une grimace de plaisir et balance face caméra au spectateur le sublime « welcome to the human race ». J’en ai eu des frissons partout ! Et encore une fois, du 35mm en VOST. Merci le Festival !

Je vous parlerai bien du film projeté en compétition, mais il est 3h00 du matin. On verra ça demain ! D’ici-là, un merci / coucou / spécial dédicace à : Fred le comptable, Maîtresse Karel, l’incontournable Jenny, Professeur Benjamin, Sylvain le projectionniste qui assure grave, Pédro l’incollable sur Rémy sans famille, Gaby qui, comme moi, n’a pas pu s’empêcher de tiquer lorsque Ludivine et Sylvie trouvaient que Kurt avait pris grave du bide entre les deux films, Karine la coquine, Céline la… euh… coquine, ça rime aussi, le « méchant » Christophe, les fidèles qui comme moi vont se manger un maximum de séances, et (je suis désolé mais je me rappelle plus ton prénom c’est moche de vieillir) qui se reconnaîtra lorsque je lui dirai que c’est une affaire de volonté.

Allez, zou ! Un valium et au lit ! Be seeing you

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