Entretien avec les Furious Soundtracks (Partie 2)

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Résumé de l’épisode précédent : totalement déchirés au rosé à volonté du restaurant El Bocadillo, Guillaume, Benjamin et Richard entreprennent de réaliser une interview. Pas sûr que ça soit une bonne idée. Du coup, après une première partie totalement hors-sujet où ils faisaient le point sur la critique ciné, ils parviennent tant bien que mal à raccrocher les wagons et à se focaliser sur le sujet initial, l’aventure Furious Soundtracks…

 

F02

(…) « Toucher les bidules »… D’accord…
(BC) Le côté assis sur un strapontin, c’est peut-être pas un truc qui nous correspond. Alors, on a une caméra, on fait des petits documentaires
(RB) Nous sommes des professionnels de l’audiovisuel, n’est-ce pas ?
(BC) On le devient, finalement. On y arrive.

Des auto-entrepreneurs de l’audiovisuel, en somme.
(BC) Pire ! Des entrepreneurs-associatifs (rires) !
(RB) On peut parler de l’émission, peut-être.
(BC) Ouais. En fait, on a toujours écouté de la musique, mais ça c’est indépendant de notre histoire (commune), on a toujours été comme ça. Moi, je suis un mélomane, Richard ne l’est pas moins. Cinéphile, Richard ne l’est pas moins. Et puis (…)
(RB) Euh, Blofeld…
(BC) Ah oui, DJ Blofeld. Je ne sais pas qui c’est, ce Richard…

Qui ça… ?
(BC) On s’est piqué pour les BO de films, c’est un moyen de faire le lien entre musique et cinéma. D’abord italiennes…
(RB) Avant aussi, il y a de l’electro-pop française, avec les compilations Cheese Records, vers 96, 97.
(BC) Oui. Il y a des portes où tu t’engouffres, et d’autres pas. Celle-là, on y est allé franco ! Et après, on a fait l’émission.
(RB) Le Grand cinérama, avec un côté histoire du cinéma, soit sur un auteur, soit sur un genre…

Une émission de radio ? France Inter, France Culture… ?
(BC) Non, une émission sur Radio 666.

Tout un programme !
(BC) Donc, une émission diabolique, sur le cinéma de genre. Parce que transmettre, c’est mon truc, j’aime bien ça.
(RB) Et après, une partie set musical sur lequel on s’éclate. On a eu de bons échos, on a réuni pas mal de matière, et puis on s’est dit : voilà, là ce serait pas mal de faire ça dans un bar.
(BC) Et puis on nous a appelé, on était en 2011…

Et l’émission de radio, c’était… ?
(BC) En 2010. Donc, en 2011, un festival de cinéma nous appelle, un mec qu’on connaissait par l’émission et qui aimait la musique qu’on passait. Il nous dit : « Ben les gars, vous pourriez pas nous faire un petit set ? » On a décidé d’y aller, on a mis les masque pour se marrer…

Seulement pour se marrer ?
(BC) Non, pour ne pas être exposé, aussi. Et puis le masque, c’est quelque chose de récurrent dans notre cinéphilie.
(RB) Des masques de catcheurs que l’on trouve facilement dans les magasins de farces et attrape !
(BC) Ils collent assez bien à l’identité musicale.

C’est sûr, mais bon, je pense que pour le set à la Bobine, il n’y ait pas eu plus de 3 % des gens qui ont fait le rapprochement…
(BC) Même s’ils ne l’ont pas compris, ça fonctionne !

Oui, et pour ceux qui n’étaient pas trop alcoolisés, le jour où ils verront un bout de Santos sur un écran, ça réveillera peut-être quelque-chose !
(RB) Ça montre aussi qu’on ne se prend pas au sérieux, que c’est récréatif.

Ouais, bon. Mais les gars, vous copiez un peu Daft Punk sur ce coup-là…
(BC) Pas du tout. C’est Daft Punk qui nous pique nos idées. C’est pas pareil (rires).
(RB) Non, eux c’est des casques, nous c’est des masques. Ça fait une différence.
(BC) On a moins de budget, aussi.
(RB) On ne peut pas se payer un designer privé du style Stark.
(BC) Donc, on a fait se set, et après tu sais comment ça marche : un autre type t’appelle, tu le fais aussi. Un jour, y’a un autre type qui appelle et qui te demande : « Vous prenez combien ? », Là tu fais : « Euh, je sais pas… Pourquoi, t’as combien ? » (rires)

Ah bravo ! Très, très bien ! Un sens du commerce absolu !
(BC) Il aurait dit 50, 100, 250, ça aurait été la même ! Du coup, ça paye un peu les frais. Comme on disait tout à l’heure, gagner notre thune là-dessus, ce n’est pas forcément le but. Après c’est bien, on se déplace, on se marre…
(RB) On a un boulot à côté.

Ah d’accord ! Vous n’êtes pas catcheurs professionnels alors ?
(BC) On l’a été dans une vie rêvée…
(RB) Au début, le set était audio uniquement. Le but qu’on se donne, c’est de mixer exclusivement de la BO de film agrémentée d’extraits de dialogues.

C’est venu tout de suite ?
(BC) Ouais, on a toujours plus ou moins fait ça, mis des teasers, etc. En fait, il n’y a pas vraiment de nouvelles idées. Au fil du temps, on affine.
(RB) La dimension vidéo, c’est quelque chose qu’on voulait faire dès le début, mais qu’on n’avait pas eu l’occasion d’expérimenter…

Au niveau chronologie, on en est où ?
(BC) c’est un peu plus récent. Disons, une bonne année.
(RB) C’est ça, un an. On tape dans les films qu’on voit, hein, on a la matière depuis longtemps (rires), mais bon, il y a toujours des trucs qu’on oublie en cours de route. Tu vois, par exemple, discuter avec toi comme ça, ça fait remonter des choses. Du coup, à chaque set, on agrandit cette banque de boucles d’images, et on cherche des solutions pour que ça puisse coller à des ambiances, à une identité. On parlait de Blaxploitation, l’électro-pop française, Bollywood (…)

(avec une grimace) : Beark… Bon, ben désolé les gars, mais moi j’arrête. Vous m’avez perdu en cours de route, là…
(RB, sans relever) : (…) musique de Bikers, blues…

Et, euh, y’a des courants avec lesquels vouas accrochez moins ? Je me doute que, par exemple, la Blaxploitation c’est du pain béni.
(RB) Ah oui, c’est imparable. On a eu des surprises avec l’electro-pop française. François de Roubaix, par exemple, un expérimentateur un peu fou qui détournait les instruments de leur utilisation initiale, et c’est vrai que ça donne des trucs un peu dingues. Mais c’est souvent assez relevé. On fait des tentatives, et après on voit sur les sets si ça a marché ou pas. (à Benjamin :) Ce que tu as passé là, c’était du… ?
(BC) Du Jacques Loussier. Et Alain Goraguer
(RB) On l’a ajouté pour le set à la Bobine. On a testé, et ça marche moyen, faut reconnaître… Mais bon, faut peut-être expérimenter un peu plus.
(BC) Ouais, faut essayer.
(RB) Ouais, bon. Faut tester. Après, le public n’est pas une entité figée. Faut peut-être essayer de le placer ailleurs. Il est peut-être passé au mauvais moment, c’est peut-être de notre faute aussi ! C’est comme un montage de film : il faut que le morceau arrive au bon moment. Après, ta ligne de mire, c’est qu’il faut quand même que les gens s’amusent, qu’ils dansent. Donc tu vois, tout ce qui est glauque, qui n’amène pas à bouger son popotin, on le garde pour soi. Après, ce qui fait bouger son popotin, c’est vachement large. Donc, tu prends des risques.

J’imagine aussi que ça dépend du moment dans la soirée.
(BC) Voilà ! Par exemple, quand on a mixé mardi soir pour les Maudits, la Blaxploitation a eu du mal à faire démarrer les gens en début de soirée. On l’a remis au rappel et les gens n’en pouvaient plus ! Donc, l’état du public, le bon moment, il n’y a pas vraiment de règle…
(RB) Nous, on fait une proposition, et après ce sont les gens qui font leur propre projection.

Vous lancez, vous gardez l’œil sur eux et ça vous permet de vous adapter…
(RB) Oui, et puis tu nous as vu travailler, c’est du fait maison. On a du matériau brut, en musique on travaille au titre. On n’a pas une heure de mix et on met lecture… Et puis pareil en vidéo : on prépare des boucles, et c’est un peu au feeling.
(BC) Et puis on se consulte. En fait, c’est assez aléatoire. On ne fait pas un truc pour nous, genre « Eh bien moi j’mets ça, si t’aimes ou si t’aimes pas, j’men fous, j’le mets quand même ! » Il y a une vraie dimension de partage. On rejette la logique du type qui est dans sa tour d’ivoire et qui veut absolument faire passer ses trucs. On veut se marrer, quoi. Si personne ne danse, ça veut dire qu’on s’est planté.

Alors, question bateau, que vous voyez venir gros comme une maison : est-ce que vous avez eu dans votre « carrière » un grand moment de solitude au cours d’une soirée (rires) ?
(RB) Alors, oui. C’est arrivé une fois.
(BC) Disons que c’était le mauvais moment… On est passé après des films de prison (rires).

Des films de prison… ?
(RB) C’était l’année dernière en décembre, au festival des Lutins du court-métrage qui organisent (…)

(…) Ah ah ah ! Qui organisent la Nuit la plus courte !
(RB) Ils n’ont peut-être pas pu faire autrement, ils ont organisé ça pendant les fêtes…

C’est le 21 décembre, quoi qu’il arrive… Et bon, il y a quand même un choix de films assez large, avec plein de trucs biens, du Laloux, etc.
(RB) Oui, mais là c’était pas en compétition, c’était avant, en guise d’ouverture…

Ah, merde…
(RB) C’était des films de MJC. Bon, je caricature un peu, mais ça n’a pas mobilisé les foules. Donc on s’est retrouvé devant l’équipe, les organisateurs, sur une belle scène, Le Cargo de Caen, avec une débauche de moyens, les techniciens qui nous demandaient si ça allait, des loges avec ton nom marqué sur la porte, un mini-bar…

Le star system, quoi ! Alors, est-ce que ça vous a tenté du coup ?
(RB) Ah, c’est vrai qu’à ce moment-là…
(BC) Il manquait la coke et les putes…

Ouais, mais ça c’est l’étape d’après quand même. Il faut avoir gagné au moins une Victoire de la musique…
(RB) Non, mais je te rassure, on garde bien les pieds sur terre quand même. Et ce genre de trucs, ça te mets les pieds dans le ciment : tu te retrouves comme deux glands sur la scène, tu mixes devant deux potes pendant que l’équipe est au bar avec les organisateurs à boire des coups.
(BC) Voilà, c’était un grand moment de solitude, mais on s’en fout. C’était une belle répétition pour la fois suivante.

Sans parler de remise en question, ça a dû vous faire un peu chier quand même !
(RB) Pas du tout. Parce que bon, ensuite, on nous a proposé de revenir pour l’ouverture de saison de la même salle, et là, boum ! C’était chouette !
(BC) Après, on est là pour agrémenter une soirée qui n’est pas la notre. Nous on arrive, on apprends qu’ils passent trois films sur des taulards qui sortent de prison et qui vont y retourner, avant notre set, je me dis que l’erreur, ce n’est pas qu’on soit là, c’est que lui nous ait mis là !

Dans votre carrière absolument longue et incroyable, est-ce qu’il y a un moment où vous avez été obligé de vous adapter par rapport aux vidéos que vous passez ? Parce que bon, c’est du cinéma d’exploitation, c’est tout le panel de la série B et du cinéma bis qu’on aime, avec forcément moult poitrines et moult paires de fesses…
(BC) On n’adapte pas, mais on peut se permettre d’aller plus loin si on en a envie…

Ah, d’accord ! C’est plus dans ce sens là… Non parce que bon, mardi, il y a eu quelques demandes particulières de personnes dont nous tairons le nom, Sophie et Claire, qui demandaient un peu plus de…
(BC) …de sexes masculins… ?

Voilà, de bites et de couilles (rires)…
(BC) En fait, je trouve déjà que c’est une critique assez juste ! On l’entend, ça. Après, on en fait ce qu’on en veut, mais on l’entend ! Après, Furous Soudtracks mixerait trop sixties, seventies, bon. Y’a quand même peu de chances qu’on soit programmés dans une maison de retraite ou une MJC pour moins de 15 ans. Donc, d’emblée, montrer quelques nichons, c’est pas un problème, et puis de toute façon, s’il y a quelqu’un qui passe la porte en disant : « Enlevez-moi ce nichon de l’écran », je pense plutôt que c’est à lui de se taire.
(RB) Ça serait d’une hypocrisie…
(BC) Ah ouais, carrément ! J’veux dire, qui est choqué par un nichon à part ceux qui défilent dans la rue contre Le mariage pour tous… ? Et à la rigueur, si c’est quelqu’un comme ça qui se pointe, je me ferait un plaisir de lui mettre à l’écran un nichon encore plus gros !
(RB) Et puis, c’est du nichon de qualité !

Non, mais là tu vas aborder un sujet qui va me vexer, rapport à mon expérience personnelle du set où j’ai raté Edwige…
(BC) Et là, c’est du vrai nichon !
(RB) Ah oui, respect total, la classe.
(BC) De toute façon, Edwige, elle a toujours la classe
(RB) Absolument !

La preuve en image...

La preuve en image…


D’un point de vue plus technique, au niveau des images, du son et du mélange des deux, vous faites comment ?
(BC) Pour les images, c’est du sample. Pour la musique, tu vois, on n’est pas DJ. On n’a pas de pratique.

Vous êtes plutôt de la génération numérique, c’est ça ?
(BC) Oui, c’est ça. Tu vois, il y a un mot qu’on a un peu oublié, mais qui nous correspond bien : on est sélecteurs. C’est à dire qu’on ne mélange rien, on propose une sélection musicale, tu vois ?

Comme la playlist de François Cau au cinéma le Club 1 ?
(BC) Exactement ! Tu vois, on fait pas de trucs de DJ.
(RB) Il y deux trois puristes du vinyles qui nous prennent de haut, genre « ah, vous passez du MP3… »

En fait, vous n’êtes pas des techniciens du son.
(BC) Voilà ! On n’est pas dans la même case.
(RB) On ne fait pas la même chose, et d’ailleurs, on respecte beaucoup le boulot qu’ils font.
(BC) Oui, moi, je m’y connais en musique, je ne m’y connais pas en « DJ ». La musique, on la conçoit comme du montage vidéo. Voilà, nous, on assemble des morceaux. C’est une vision presque cinématographique de la musique.
(RB) Et puis on a déjà pas mal de choses à gérer, déjà, avec la vidéo.

Vous venez tous les deux de l’audiovisuel, vous abordez ça sous cet angle.
(RB) Et je le répète, c’est totalement récréatif.
(BC) Ce qui n’empêche pas une forme de tension, ce qui n’empêche pas de se planter, tout ça. Des mecs te disent : « Ouais, c’est bon, t’es derrière un PC, tu lances en appuyant sur un bouton, et c’est tout » Moi, je lui dis : « OK mec, si c’est aussi simple que ça, je te laisse la place, et vas-y ». Rien n’est aussi simple, même avec un clavier dernier cri »
(RB) On part avec une idée d’ambiance, mais après, tout est « fait maison », en direct.
(BC) Après, on n’est pas sur des supports originaux pour des raisons économiques assez simples : une BO de film italien, ça coûte 200 euros sur internet, moi je ne suis pas payé pour ce que je fais, je ne vais pas claquer ça pour un vinyle. Je ne suis pas collectionneur, je ne suis pas professionnel, moi je fais ça en MP3, je pirate et j’en n’ai rien à foutre !

Alors, il s’appelle Benjamin Cocquenet, il habite… Hadopi, si tu nous entends…
(BC) De toute façon, je les emmerde ! Si je le fais, c’est pas que je suis malhonnête, c’est juste que cette musique, j’ai toujours rêvé de l’écouter et pendant des années je n’ai pas pu parce qu’il y avait des enfoirés qui vendaient ça 200 euros le vinyle. Alors le jour ou un type m’a dit : j’en ai plein, sers-toi, eh bien je ne me suis pas fait chier ! Et puis je suis né comme ça, j’ai appris le cinéma avec un gars qui avait une collection de VHS qui me disait : tu ne peux pas te les acheter, alors je te les montre. C’est de la transmission. À 200 euros, ce n’est plus de la transmission, c’est du business. Et moi, je n’ai pas l’argent.

Ça s’appelle le capitalisme, tout simplement. Tout ce qui est rare est cher.
(RB) Et l’important c’est de le partager à notre tour, en le passant un peu par notre prisme.
(BC) La musique de film, c’est particulier. Ça a été pris d’assaut dans les années 90 par les japonais qui ont tout acheté, et maintenant, c’est de la « pièce », tu vois ? Et malheureusement, on aime ça ! Alors parfois, le son est un peu compressé, pas très très bon, c’est le prix à payer de la rareté.

Après, ce n’est pas non plus un concert de musique classique où les gens sont assis.
(BC) Y’a un un type qui est venu me voir pendant le set et qui m’a dit : « Hé, t’as les aigus qui grattent. Il est venu trois ou quatre fois ! Je lui ai demandé : « Mais c’est quoi, ‘les aigus qui grattent’ ? » (rires)

Rappelle-toi ce que notre mentor en projection2 nous avait expliqué, au sujet de ses super projections à la Cinémathèque Française, avec le réalisateur en cabine qui trouvait que l’image était floue. Il faisait semblant de toucher la molette en demandant si c’était mieux, et en deux, trois fois le type trouvait ça parfait !
(BC) Ah oui, c’est vrai !
(RB) Non, mais là c’est aussi inhérent à la qualité des enregistrements de l’époque.
(BC) Dans certain cas, MP3 ou pas, c’est dégueulasse !
(RB) Oh, ça fait une patine, je trouve ! (rires) C’est les enregistrement de l’époque, en quatre pistes. Ça donne du coup un son un peu dense, qui manque d’ouverture, qui manque de spectre. Mais bon, on en a sous le coude ! Ça ne gratte pas toujours l’aigu. C’est qu’il faut avoir l’aigu propre ! Ne pas se mettre les doigts dans l’aigu.

C’est important…
(RB) Sans ça, ça ne sent pas bon ! (silence)

Et, heu… (silence) Non, mais je comprends, hein, j’étais avec vous au resto !
(RB) Bocadillo !!!

Cet enregistrement est sponsorisé, sans qu’il le sache, par El Bocadillo qui nous a bien… Qui nous a bien. (rires) Du coup, les perspectives d’avenir.
(BC) On n’en a pas…

Non, mais comment vous vous projetez ?
(RB) On compte sur la com’. On compte sur l’article que tu vas faire pour nous propulser (rires)… 3

Ah, ben avec les six personnes qui me suivent, vous n’allez pas aller loin !
(RB) Ben, on compte sur ces six personnes pour nous inviter dans des festoches de ciné…

(À vois basse) : Faut pas les inviter… Après, ils restent chez vous et vous pouvez plus les déloger…
(BC) On coûte pas cher, même si je suppose que l’open-bar peut réserver certaines surprises !

Oui, c’est évident. On va appeler ça le « problème bourbon »…
(BC) Oui, il y a une dimension bourbon !

Non, mais quand j’évoquais les perspectives d’avenir,  c’était plutôt comment vous voyez l’évolution de ce que vous faites ?
(RB, hésitant : ) La seule dimension, c’est l’interaction image et son…

En fait, comment ça se passe, concrètement ? Vous êtes chacun derrière une bécane, ça j’ai vu… (rires)
(RB) À l’origine, c’était seulement le son. Chacun faisait son petit mix d’un quart d’heure, et on changeait.

Y’en a un qui allait boire des bières pendant que l’autre bossait ?
(RB, très sérieux : ) Non, non ! On était toujours tous les deux sur scène !

Je vois le genre. Maintenant, il y a des gens qui vous amènent directement les bières… Des filles, en plus !
(RB, sans relever : ) Donc, on change, en plus on est habillé pareil, chemise blanche et masque… C’est l’illusion… Et puis après, on fait rentrer la dimension vidéo là dedans. C’est moi qui m’y suis collé, et à l’avenir, il n’est pas exclu que Bonoben s’y plonge à son tour. Ce sera toujours interchangeable, et chacun apportera un peu d’eau… à ce grand moulin qu’est le Furious Soundtracks !
(BC) Ça fait phrase de fin…

Ouais, c’est vrai. Ça boucle bien. Bon, on va quand même se speeder, parce que si on veut prendre deux, trois clichés pour le reportage photo…
(RB) Mais, c’est bon ? T’as ce qu’il te faut en son ?

Ouais, c’est parfait. Et vous ?
(RB) Ouais, c’est cool ! Juste, pour revenir sur l’interaction image/son, peut-être faire des cassures, et proposer des spots TV d’époque, mais trouvés dans des films. Je pense à Érotissimo, entre autre. C’est de Gérard Pirès…

Ouais, c’est « le » accident de Gérard Pirès !
(RB) Très étonnant, Érotissimo, avec Jean Yanne, Annie Girardot, et toute la troupe de l’époque. Ça fourmille d’idées ce truc-là, c’est chouette. Et donc, ils tournent de fausses pubs que nous, on utilise. Ce ne sont pas des spots publicitaires, c’est du faux spot publicitaire dans un film. Encore une fois, on s’attache à puiser uniquement dans l’univers du ciné. Voilà, essayer un peu plus ce genre de choses, parce que là, on a vu que ça marchait plutôt bien : les gens s’arrêtent de danser, ils regardent, et nous on en profite pour faire une petite pause, boire un coup.

Oui, c’est bien. Ça pose une interaction intéressante avec le public, et on est toujours dans le principe du montage : ça permet de relancer la machine. Parfait, merci messieurs !
(RB) Super !

1 Le bienheureux programmateur de la compétition des Maudits Films a officié dans ce bastion de « l’Art & Essai » grenoblois, et a concocté de joyeuses playlist en lien avec l’univers cinématographique qui sont diffusée en musique d’attente avant les séances.
2 Pour la petite histoire, nous avons travaillé Benjamin et moi pour la même association de projection cinématographique au début des années 2000. Vous saurez tout !
3 Ah, les inconscients ! S’ils avaient su qu’il mettrait quasiment une année à sortir, l’article…

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