Adieu, Metaluna Store…

À l’époque où je me suis lancé dans la merveilleuse aventure du fanzinat, je n’étais passé qu’une seule fois à Movies 2000. Rigolez-pas, pour un gars aussi casanier que ma pomme, Paris, c’est l’aventure d’une vie. J’étais tout excité à l’idée de découvrir enfin ce haut lieu de mon imaginaire cinéphile ; un poil intimidé aussi, surtout que « le » Bruno était à son poste ce jour-là, bien calé derrière le comptoir. J’en étais reparti avec quelques bricoles, dont une photo de la merveilleuse Edwige qui orne toujours les murs de ma chambre. La suite appartient à l’histoire : je décidais peu après de me jeter corps et âme dans la grande avent…. Euh, dans la petite aventure des Chroniques, sans réaliser pleinement ce qui m’attendait. Et sans la moindre idée de comment diffuser ma prose au-delà des potes, de la famille et du bassin grenoblo-grenoblois. J’optais pour un service de presse qui n’en était pas vraiment un, parce qu’on va pas se mentir, j’ai un sens du commerce et de la com’ à peu près au même niveau que mon compte en banque : entre parquet et moquette. Ça tenait plus du remerciement que du placement de produit dans les règles de l’art. Dans le tas, il y avait Mauvais Genre, Mad Movies, Artus et Le Chat qui Fume, dans l’espoir un  peu naïf de recevoir des DVD gratos, mais bon, c’est une autre histoire que je tairais pudiquement en attendant le Grand Soir. Norbert Moutier aussi, notre père à tous, qui eut l’élégance folle de m’envoyer un petit mot pour m’encourager. Et Movies 2000 qui devint rapidement avec Sin’Art mon meilleur point de vente..

Même si je n’ai quasiment jamais l’occasion d’aller sur Paris, à chaque fois je me débrouille pour passer à la Cinémathèque et à Movies 2000. Oui, bon, je sais, c’est devenu Metaluna Store depuis une paye, mais comme je l’évoquais plus haut, je monte plus que rarement à la capitale et…

— « On va finir par le savoir, que tu sors jamais de ta cambrousse…
— La vache, tu m’as fait une de ces peurs mamie !  Ça se fait pas de lire par dessus l’épaule des gens !
— On peut savoir qui est mort ?
— Ben, la boutique à un pote…
— On dit pas ‘ la boutique à un pote’, on dit ‘la boutique de Bruno’, déjà, et si j’ai bien compris, il est en train de voir si y’a pas moyen de repartir sur autre chose.
— (…) Mais comment tu sais ça, toi ?
— Tu crois quoi ? Que les vieux sont juste bons à taper le carton au club du troisième âge ? Ta mamie, elle est sur Fesse Bouc, mon cher petit…
— T’ES SUR FESSE BOUC ?!!
— Oui, et tu peux toujours courir pour que je te refile mon pseudo !
— (…)
— Pour en revenir à tes moutons, tu le trouves pas un poil déprimant, ton billet ?
— Ben, je m’excuse pour l’ambiance, mais des nouvelles comme ça, ça incite pas vraiment à la poilade.
— Oui, d’accord, ça fiche un coup d’Calgon, pas si je dis pas de bêtises, Bruno explique dans la foulée qu’il est en train de bosser sur ‘l’après’, non ?
— (…) Oui, mais…
— Oui mais quoi ? Ça sert à quoi de se morfondre ? On arrête la sinistrose, on regarde vers l’avenir, et on envoie des ondes positives  !
— (…) Ouais, t’as raison mamie. Avec la niaque qu’il a, le gars Bruno, il va rebondir. C’est sûr. Et je vais pouvoir reprendre mes petits achats par correspondance. Y’a un bouquin sur le polar hongkongais et un p’tit Nikkatsu chez Criterion qui me font de l’œil depuis un bon moment, je lui ai parlé l’autre jour, et… Ben quoi ? Pourquoi tu secoues la tête comme ça ?
— Pour un gars qui n’avait pas le sens du commerce en 2012, tu as vachement progressé… Tu serais pas discrètement en train de me balancer ta liste au père noël ?
— Qui, moi ? »

Au final, ça sera un simple au revoir, Bruno. Et dans le sens primitif de la formule, hein ? Au plaisir de te revoir très vite sur un nouveau projet que je m’engage à soutenir.

Be seeing you

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